Des colons israéliens du mouvement Nachala franchissent à nouveau la frontière de Gaza

En marge d’un événement destiné à promouvoir la colonisation de Gaza et le rejet du plan Trump, des militant-es israéliens d’extrême-droite ont pénétré dans la bande de Gaza.

Par l’Agence Média Palestine, le 9 février 2026



Un groupe de colons israéliens a pénétré dans la bande de Gaza jeudi dernier, en marge d’un rassemblement  de centaines de personnes réclamant la création de colonies dans l’enclave palestinienne.

Ce n’est pas la première fois qu’un tel événement a lieu : une incursion similaire s’est produite en décembre dernier. 

Rapidement intercepté-es par l’armée israélienne, escorté-es et reconduits de l’autre côté de la frontière, ces militant-es d’extrême-droite se félicitent néanmoins de créer ainsi des précédents, normalisant leur présence à la frontière et prévoyant la création d’avant-postes.

“Se reconnecter à la bande de Gaza”

Ce jeudi 5 février, près de 1 500 militant-es de droite participaient à un événement intitulé “Se reconnecter à la bande de Gaza”, près du kibboutz Mefalsim, du côté israélien de la frontière avec Gaza.

Organisé par le mouvement Nachala, l’action a été annoncée sur les réseaux sociaux comme opération de plantation d’arbres le long de la frontière, action symbolique de leur volonté de s’implanter dans la bande de Gaza.

Ces derniers mois, le groupe a présenté des plans visant à établir des colonies à Gaza, déclarant en décembre que plus de 1 000 familles étaient “prêtes à s’y installer”, appelant à “ne pas céder aux diktats de Trump, non à une Gaza internationale, oui à une Gaza juive !”

Les organisateur-ices ont déclaré sur les réseaux sociaux que “la police a tenté de nous empêcher d’atteindre la barrière, mais le grand public était déterminé et a réussi à l’atteindre pour implantation. Certains ont même réussi à grimper sur la barrière.” Des images partagées en ligne montraient des Israéliens, y compris des enfants, marchant vers Gaza.

L’armée israélienne a confirmé que certain-es individu-es avaient réussi à pénétrer dans la bande de Gaza, avant d’être arrêté-es et reconduit-es de l’autre côté. “S’approcher du périmètre de la barrière et y pénétrer est dangereux et perturbe l’activité des forces de sécurité dans le secteur”, a commenté l’armée.

Créer un précédent

Plusieurs ministres et législateur-ices, dont des membres du Likoud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont assisté à l’événement et ont exprimé leur soutien. Parmi les personnalités officielles qui ont apporté leur soutien au rassemblement figuraient May Golan, ministre de l’Égalité sociale et de l’Autonomisation des femmes, Shlomo Karhi, ministre des Communications, et les législateurs Osher Shkalim, Amit Halevi et Tally Gottlieb.

Daniella Weiss, figure de proue du mouvement Nachala, appelle depuis le début de la campagne génocidaire israélienne à Gaza à rectifier ce qu’elle considère comme l’ “injustice historique” du désengagement israélien de 2005, lorsque les colons israéliens ont été contraints de quitter l’enclave palestinienne.

Il promeut le slogan « Un État pour un peuple » et cherche à étendre les colonies juives à travers ce qu’il décrit comme l’Israël historique. Le groupe a levé des fonds en Israël et aux États-Unis et a participé à la création de dizaines d’avant-postes de colonies en Cisjordanie, dont beaucoup ont depuis été légalisés rétroactivement par le gouvernement actuel.

Les militant-es du groupe agissent sur le terrain selon une stratégie d’épuisement,  créant des précédents et poussant petit à petit leurs avants-postes, légitimant à postériori leurs actions. Si les militant-es ayant franchi la frontière jeudi ont été reconduit-es, la procession a néanmoins reçu l’autorisation de passer la nuit le long de la frontière.

Selon le plan exposé par Nachala, quelque 300 000 logements seraient construits à Gaza, dont la grande majorité dans deux zones résidentielles principales situées au nord et au sud de la bande. Il prévoit que la bande de Gaza soit peuplée d’environ 1,2 million d’Israélien·nes, bénéficiant d’espaces verts, de transports, de zones industrielles, d’hôtels, d’une université et même d’un port. “Le droit du peuple israélien sur la bande de Gaza est le même que sur Jérusalem, Hébron et Tel-Aviv”, stipule le plan.

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