Un journaliste de 36 ans est hospitalisé depuis plus d’un mois dans un état critique, après avoir subi de mauvais traitements pendant sept mois dans les prisons israéliennes.
Par l’Agence Média Palestine, le 23 février 2026

Le journaliste Mujahid Bani Mufleh, 36 ans, originaire de Beta au sud de Naplouse, se trouve dans un état critique depuis un mois à l’hôpital d’Istashari à Ramallah, et son état se dégrade, alerte le Syndicat des journalistes palestinien-nes (PJS) dans un communiqué.
Père de trois enfants, Mujahid Bani Mufleh a été incarcéré pendant sept mois dans les prisons israéliennes au nom de la “détention administrative” pour des “motifs secrets”, soit sans charges ni procès. Comme beaucoup d’autres détenu-es, il y a été victime de traitements brutaux et de négligences médicales graves.
Selon sa famille, Mujahid a présenté de graves difficultés respiratoires immédiatement après sa libération, probablement en raison d’une dangereuse montée de tension artérielle. Il souffrait depuis longtemps de diabète de type 2 et avait été privé de médicaments et de soins essentiels pendant toute la durée de sa détention.
Des examens médicaux pratiqués à sa sortie ont révélé une hémorragie cérébrale nécessitant une intervention chirurgicale d’urgence, suite à des complications dues à des passages à tabac répétés et au refus de lui administrer ses médicaments pendant sa détention.
Dans un communiqué publié alors, la Société des prisonniers palestiniens (PPS) tient les autorités d’occupation israéliennes pour entièrement responsables de l’état critique du journaliste, invoquant la négligence médicale et la torture. Elle confirme qu’il a été libéré avec de graves traumatismes physiques et psychologiques, reflétant les pratiques abusives largement répandues dans les prisons israéliennes.
La PPS décrit l’état de Mujahid comme s’inscrivant dans le cadre d’une politique systématique d’exécution lente : “Ce qui s’est passé n’est pas un incident isolé, mais plutôt la continuation de la stratégie israélienne de négligence médicale et de torture.”
Le résultat d’une politique délibérée
Si l’opération de chirurgie cérébrale qu’il a subie le mois dernier a été un succès, Mujahid Bani Mufleh reste dans un état critique sous étroite surveillance médicale, et son état s’est encore dégradé, selon le PJS.
“Le Syndicat appelle les institutions internationales à ouvrir une enquête sur ce qu’a subi le journaliste Bani Mufleh”, déclare le communiqué du PJS, affirmant qu’il “informera tous les organismes internationaux concernés, au premier rang desquels la Fédération internationale des journalistes, afin de mener une action commune contre ce qu’il a qualifié de politique délibérée et systématique visant à tuer les journalistes palestinien-nes.”
La semaine dernière, le Comité pour la protection des journalistes ou CPJ (en anglais : Committee to Protect Journalists) a publié un nouveau rapport intitulé « Nous sommes revenus de l’enfer », dans lequel 59 journalistes palestinien-nes racontent la torture subie dans les prisons israéliennes. Tous-tes, sauf un, ont déclaré avoir subi des actes de torture, des mauvais traitements ou d’autres formes de violence en raison de leur travail.



