Des colons israéliens en « safari » dans une prison pour voir des détenus Palestiniens humiliés

Des colons israéliens ont été invités par le commissaire d’une prison israélienne à en visiter les ailes les plus sécurisées et assister à l’humiliation de prisonniers palestiniens.

Par Jo Westphal pour l’Agence Média Palestine, le 24 février 2026



Le média israélien Shomrim a révélé dimanche 22 février une visite plus que dérangeante organisée dans la prison de Nizan à Ramla, mettant en scène l’humiliation de prisonniers palestiniens comme une forme de distraction vengeresse.

Dans ce que la journaliste de Shomrim décrit comme un “safari”, une vingtaine de colons israéliens d’extrême droite de la colonie illégale de Har Homa à Jérusalem ont visité cette prison, l’une des plus sécurisées de l’État.

Les visiteurs sont des fidèles et le rabbin de la synagogue de cette colonie. La visite est présentée comme l’une des activités proposées aux fidèles.

Ils y ont été invités par le commissaire en chef de la prison lui-même, Gonder Kobi Yaacobi, lui-même fidèle de la synagogue de Har Homa et proche du ministre d’extrême-droite Ben Gvir, dont il a été secrétaire à la défense.

Les visiteurs ont déambulé dans plusieurs ailes du centre de détention, avant de recevoir une leçon de Torah, enseignée par le rabbin de la synagogue de Har Homa et un déjeuner fourni par le service pénitentiaire. Ils ont pu poser des questions aux surveillants et ont décrit un accueil chaleureux du personnel, assurant avoir été « choyés ».

La dernière partie de la visite s’est déroulée dans l’aile la plus sécurisée de la prison, où sont incarcérés des prisonniers palestiniens accusés d’être membres de la Nukhba, unité de combattants d’élite du Hamas.

Ces derniers étaient exposés dans des postures dégradantes, contraints de s’allonger au sol et menottés. Selon l’article, les gardes ont déclaré qu’il s’agissait d’une pratique courante, les détenus étant placés ainsi à chaque opération du service pénitentiaire.

L’enfer sur terre

Il est cruellement ironique de noter que, parmi les violations faites aux droits des prisonniers palestiniens, le droit de visite de leurs avocat-es et de leurs proches est très régulièrement bafoué. Cette visite illégale de civils extérieurs à la prison vient souligner encore cette injustice.

Alors que près de 9 300 Palestinien-nes sont emprisonné-es dans les prisons israéliennes, dont 3 358 au titre de la détention administrative, de nombreuses organisations de défense des droits et libertés dénoncent des traitements inhumains à leur encontre.

Dans son dernier rapport intitulé “L’enfer sur terre”, l’organisation B’tselem décrit le système pénitentiaire israélien comme “un réseau de camps de torture” des prisonnier-es palestinien-nes.

Avec l’arrivée du mois sacré de jeûne du Ramadan, les informations faisant état d’abus et de torture n’ont fait qu’augmenter, la Commission des détenus et des ex-détenus a rapporté ce week-end dans un communiqué que les prisonniers ne sont pas seulement privés de la connaissance appropriée du temps, afin de commencer et de rompre leur jeûne, mais qu’ils n’étaient pas informés de l’arrivée du Ramadan en premier lieu.

Les prisonnier-es sont par ailleurs soumis à des privations systémiques de nourriture, privations aggravées pour celles et ceux souhaitant observer le jeûne, car la modification des horaires de distribution de nourriture leur est refusée.

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