Gaza, jour 878 : Israël poursuit son génocide dans le silence médiatique

L’armée israélienne a tué au moins 10 Palestinien·nes cette semaine dans la bande de Gaza, au mépris des accords de cessez-le-feu.

Par l’Agence Média Palestine, le 3 mars 2026



Alors que tous les regards sont tournés vers l’escalade régionale déclenchée par les attaques israélo-étasuniennes en Iran et au Liban, les Palestinien·nes de la bande de Gaza continuent d’endurer des conditions de vie catastrophiques et des attaques répétées de l’armée israélienne.

La fermeture de Rafah comme “punition collective”

Dès les premières heures de l’attaque contre l’Iran, Israël a annoncé une nouvelle fermeture du point de passage de Rafah reliant la Palestine à l’Egypte, engendrant une panique parmi les gazaoui·es et une nouvelle flambée des prix.

La coordination israélienne des activités gouvernementales dans les territoires (Cogat) a affirmé que la fermeture des points de passage à Gaza n’aurait aucune incidence sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, mais cette fermeture “jusqu’à nouvel ordre” fait ressurgir le spectre de la famine et craindre une aggravation de conditions déjà catastrophiques.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) avertit aujourd’hui, mardi 3 mars, que la rotation du personnel des Nations unies a été reportée, entraînant la suspension des évacuations médicales et le retour des résidents déplacés, malgré les efforts déployés pour maintenir l’approvisionnement. Le Bureau souligne que le maintien du blocus total menace de mettre un terme à ces opérations.

L’OCHA ajoute que la consommation de carburant est rationnée en raison de la diminution des stocks, affectant le fonctionnement des boulangeries, des hôpitaux et des usines de dessalement, et obligeant à suspendre les services de collecte des déchets. Le communiqué ajoute que certaines zones de Gaza ne reçoivent que deux litres d’eau potable par jour, alors que les prix des produits de base augmentent.

Ismail al-Thawabta, directeur du Bureau des médias du gouvernement dans la bande de Gaza, a dénoncé la fermeture du passage, affirmant qu’elle aggraverait la crise humanitaire en privant des milliers de blessé·es et de malades de l’accès aux soins médicaux, mettant ainsi directement en danger la vie des civils.

“La fermeture continue du passage de Rafah et les graves conséquences humanitaires qui en résultent constituent une responsabilité juridique, politique et morale pour les autorités d’occupation et exigent que celles-ci rendent des comptes dans le cadre des mécanismes internationaux établis”, a-t-il déclaré avant de qualifier cette décision israélienne de “punition collective” renforçant encore davantage le siège imposé à plus de deux millions de civils. La punition collective est interdite par le droit international humanitaire, en particulier la quatrième Convention de Genève.

Les attaques israéliennes se poursuivent

Un Palestinien a été tué ce matin, rapporte l’agence de presse Wafa, qui affirme que l’homma a été délibérément pris pour cible par l’armée israélienne dans la région d’Al-Satar Al-Sharqi, au nord de Khan Younis. L’identité de cet homme reste inconnue.

Ce meurtre porte à 630 le nombre de Palestinien·nes assassiné·es par Israël depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu”, 72 082 au total depuis le début de la campagne génocidaire israélienne le 7 octobre 2023.

La journée la plus meurtrière cette semaine a été celle de vendredi 27 février, avec au moins 9 Palestinien·nes assassiné·es en 24 heures. 

Ce jour-là à l’aube, au moins six Palestinien·nes ont été tu·és dans deux attaques disctinctes de drones israéliens, visant deux postes de police dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de la bande de Gaza, et dans la région d’al-Mawasi, à Khan Younis, dans le sud.

Le porte-parole du Hamas, Hazem Qassem, a commenté l’attaque en indiquant qu’elle reflète “le mépris flagrant de l’occupation pour les efforts des médiateurs et son mépris total pour le Conseil de paix et son rôle”, ajoutant qu’Israël poursuit sa guerre d’extermination contre le peuple palestinien sans relâche malgré les accords : “les discussions des États garants sur l’arrêt de la guerre n’ont aucune substance réelle sur le terrain”.

Ces attaques visant les forces de police de Gaza témoignent en outre, selon le journaliste d’Al Jazeera Tareq Abu Azzoum, journaliste à Al Jazeera, d’une volonté d’empêcher toute forme de vie normale à Gaza : “Israël a clairement indiqué qu’il ne serait pas responsable de la reconstruction de ce qui reste de la vie à Gaza. C’est pourquoi nous pouvons voir que toute tentative de rétablissement des services antérieurs, y compris la police… sera contrecarrée.”

Plus tard dans la journée de vendredi, différentes attaques israéliennes ont coûté la vie à 3 autres Palestinien·nes, à Beit Lahia, à Khan Younis et dans la région d’Al-Atatra.

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