Les points de passage sont fermés depuis samedi, alors que la population déplacée et épuisée par la guerre reste dépendante de l’aide humanitaire.
Par l’équipe de Al jazeera, AFP et Reuters, le 3 mars 2026

Les membres du Conseil de sécurité votent sur un projet de résolution sur Gaza. image : ONU / photographe : Manuel Elias
Les membres du Conseil de sécurité votent sur un projet de résolution sur Gaza.
Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé Israël à rouvrir les points de passage de Gaza, fermés par Israël depuis que ses forces ont lancé une guerre contre l’Iran aux côtés des États-Unis.
« Il est impératif que tous les points de passage soient rouverts… le plus tôt possible », a déclaré mardi Stéphane Dujarric, porte-parole de Guterres. « Ces derniers jours, nos partenaires ont été contraints de rationner le carburant et de prioriser les opérations vitales, bien qu’à capacité réduite, car nos stocks locaux s’épuisent. »
Dujarric a indiqué qu’il existait encore quelques réserves à Gaza, mais que « lorsque les portes sont fermées, nous faisons évidemment durer ce que nous avons le plus longtemps possible. »
Le passage de Rafah, qui relie Gaza à l’Égypte et constitue la seule sortie pour les Palestinien.nes de Gaza vers le monde extérieur ne passant pas par Israël, avait rouvert pour la circulation des personnes le 2 février, permettant à un nombre limité de personnes de partir pour la première fois depuis des mois, et à quelques-unes de retourner dans l’enclave dévastée pour retrouver leur famille.
Des milliers de Palestinien.nes ont besoin de soins médicaux urgents en dehors de Gaza, mais n’ont pas encore été autorisé·es à partir.
Israël a fermé à nouveau le passage samedi, lors du lancement de ses attaques contre l’Iran, invoquant des « ajustements sécuritaires ». Ce point de passage est considéré comme vital pour l’acheminement de l’aide humanitaire et l’évacuation des patient·es en état critique.
Les autorités israéliennes ont annoncé tard lundi qu’elles réouvriraient le passage de Karem Abou Salem, connu sous le nom de Kerem Shalom côté israélien, afin de permettre « l’entrée progressive de l’aide humanitaire » sur le territoire. Ce passage, également fermé depuis samedi, est situé à l’intersection de la frontière de la bande de Gaza avec les frontières israélienne et égyptienne.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU s’est montré optimiste mardi. « Les points de passage vont rouvrir, ce qui tombe à point nommé pour nous, et nous devons faire entrer l’aide aussi vite que possible », a déclaré Samer Abdel Jaber, directeur régional du PAM pour le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Europe de l’Est, devant des journalistes.
Gaza dépend entièrement du carburant acheminé par camions depuis Israël et l’Égypte, et le manque d’approvisionnement menace davantage le fonctionnement des hôpitaux ainsi que les services d’eau et d’assainissement.
Depuis le début de la guerre génocidaire d’Israël contre Gaza en octobre 2023, les restrictions israéliennes aux frontières ont épuisé les stocks de médicaments, de matériaux de reconstruction, de nourriture et d’eau dans la bande, aggravant des conditions déjà précaires après des années de blocus israélien.
Une enquête de l’ONU publiée en septembre a conclu à l’existence d’une intention génocidaire dans la guerre d’Israël contre Gaza, un moment historique après près de deux ans de conflit. En 2023, l’Afrique du Sud a déposé une plainte auprès de la Cour internationale de justice de La Haye contre Israël, l’accusant d’une conduite à Gaza équivalant à un génocide. Cette affaire est toujours en cours.
La tension monte en Cisjordanie
Dans le même temps, les forces israéliennes ont maintenu mardi pour le quatrième jour consécutif la fermeture de la mosquée Al-Aqsa dans Jérusalem-Est occupée.
La Gouvernance palestinienne de Jérusalem a rapporté que l’armée avait empêché les fidèles d’entrer dans la mosquée, invoquant un état d’urgence.
L’esplanade, troisième lieu saint de l’islam, avait été bouclée samedi matin, quelques heures après le début de l’offensive militaire israélo-américaine contre l’Iran.
Pour le deuxième jour consécutif, les forces israéliennes ont fait irruption dans le camp de réfugié·es d’Askar, à l’est de la ville de Naplouse en Cisjordanie occupée, en bloquant ses entrées et en fouillant plusieurs habitations.
Le mois dernier, le gouvernement israélien a approuvé un plan visant à s’approprier de vastes zones de Cisjordanie comme « propriété de l’État » si les Palestinien.nes ne peuvent pas en prouver la propriété, suscitant une indignation régionale et des accusations d’annexion de facto.
Plus de 80 États membres de l’ONU ont condamné cette décision et appelé Israël à la revenir dessus, estimant qu’elle était contraire aux obligations d’Israël en vertu du droit international.
Traduction pour l’Agence média Palestine : L.D
Source : Al Jazeera



