Dans l’ombre des attaques israélo-étasuniennes, Israël intensifie ses raids en Cisjordanie

Alors que tous les regards sont tournés vers l’escalade régionale déclenchée par les attaques israélo-étasuniennes en Iran et au Liban, l’armée israélienne mène depuis 7 jours des raids de plus en plus intenses en Cisjordanie occupée.

Par l’Agence Média Palestine, le 6 mars 2026


“Les raids [israéliens] ne se limitent plus aux incursions habituelles”, rapporte l’agence de presse palestinienne Wafa, “mais comprennent de plus en plus souvent la fermeture totale des entrées des villages et des villes à l’aide de monticules de terre et de portes en fer, ainsi que des restrictions sévères de circulation qui aggravent le fardeau humanitaire et économique des habitant-es et empêchent des milliers d’étudiant-es et de travailleur-ses de se rendre dans leurs écoles, leurs universités et leurs lieux de travail.”

Accès fermés

Dans le gouvernorat de Qalqilya, depuis samedi, les troupes israéliennes ont fermé environ 12 portes agricoles, utilisées d’ordinaire quotidiennement par plus de 100 agriculteurs pour accéder à leurs terres agricoles situées derrière le mur de séparation.

Les agriculteur-ices de cette région étaient déjà confrontés à des restrictions en raison des heures d’ouverture limitées des portes et de l’interdiction d’apporter certains équipements agricoles. Cette nouvelle atteinte à leur liberté de passage pourrait être fatale pour leur production.

Ces terres sont plantées d’une variété de cultures, notamment des agrumes, des avocats, des amandes, des légumes de plein champ et du thym, qui nécessitent tous des soins et un entretien quotidiens, et la fermeture continue des portes risque d’entraîner des pertes agricoles importantes.

Dans chaque région de la Cisjordanie occupée, l’armée israélienne procède à des fermetures similaires, empêchant la circulation des habitant-es.

Ce matin, vendredi 6 mars, les forces israéliennes ont bouclé l’entrée principale du village d’al-Tireh, au sud-ouest de la ville occupée de Ramallah, et mené un raid à grande échelle dans le village. Les médias locaux rapportent que les soldat-es israélien-nes ont saccagé de nombreuses maisons, interrogé les occupant-es et bloqué l’entrée avec des monticules de terre.

Dans le même temps, les forces d’occupation ont fermé la porte métallique à l’entrée est de la ville d’Anata, à l’est de Jérusalem, empêchant les Palestinien-nes d’entrer et de sortir de la ville.

L’armée israélienne a également transformé de nombreuses maisons de Palestinien-nes en avant-postes militaires en les prenant d’assaut, en forçant les habitant-es à les évacuer et en les utilisant comme positions pour les troupes et les tireurs d’élite pendant des heures, voire parfois des jours.

Cela a été particulièrement le cas dans le village de Faqqu’a, à l’est de Jénine, où les forces israéliennes ont transformé neuf maisons en avant-postes militaires, dans le cadre d’une opération qui va au-delà des raids brefs et reflète un déploiement militaire prolongé à l’intérieur des villes.

Les mesures militaires israéliennes vont de pair avec les attaques continues des colons israéliens à travers la Cisjordanie visant à terroriser les Palestinien-nes et à les chasser de leurs terres afin de s’en emparer et d’y construire des colonies illégales qui séparent les communautés palestiniennes.

Arrestations massives

Les forces israéliennes procèdent également à de vastes campagnes de détention, comme cela a été le cas mercredi dans des villages à l’ouest de Ramallah, arrêtant 13 Palestinien-nes après avoir saccagé leurs maisons. Le nombre de détenu-es au cours des six derniers jours est passé à plus de 100.

L’Agence Wafa rapporte 11 arrestations pour cette seule matinée de vendredi 6 mars, lors de raids distincts à Hébron, à Dura, à Naplouse et Jéricho, ainsi que dans le camp de réfugié-es d’al-Fawwar, dans la ville de Bani Na’im, dans le camp de réfugié-es de Dheisha et dans le village de Husan, à l’ouest de Bethléem.

Ces raids sont menés, presque quotidiennement, sans mandat de perquisition, quand et où l’armée le souhaite, conformément à ses pouvoirs étendus et arbitraires et sous prétexte de chercher des Palestinien-nes « recherché-es », déclenchant des affrontements avec les habitant-es.

Selon les derniers chiffres de l’Addameer, l’Association palestinienne de soutien aux prisonniers et aux droits de l’homme, il y a actuellement 9 300 prisonniers politiques palestiniens dans les prisons et les centres de détention israéliens, dont 350 enfants et 56 femmes.

Ce nombre comprend environ 3 358 Palestinien-nes placés en « détention administrative », ce qui permet de les détenir sans inculpation ni procès pour des périodes renouvelables allant de trois à six mois, sur la base de preuves non divulguées que même l’avocat du ou de la détenu-e n’est pas autorisé à consulter.

Par ailleurs, les équipes médicales ont signalé que cinq Palestinien-nes ont été blessés par des tirs à balles réelles mercredi dans la ville de Jénine, dont un gravement, lors d’affrontements qui ont éclaté dans le cadre des incursions israéliennes en cours. Ces événements coïncident avec la poursuite du bulldozage colonial des terres et les attaques systématiques des colons israéliens dans plusieurs régions.

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