La Rapporteuse spéciale Francesca Albanese déclare que la torture « est devenue en pratique une politique d’État » en Israël.
Par Edna Mohamed et AFP, le 23 mars 2026

Francesca Albanese en 2025 image : Wikipedia
Une experte des Nations Unies affirme que le monde a accordé à Israël une licence pour torturer les Palestinien·nes, la vie dans le territoire palestinien occupé étant décrite comme « un continuum de souffrances physiques et mentales ».
Francesca Albanese, Rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, a déclaré lundi que « la torture est effectivement devenue une politique d’État » en Israël. « Israël s’est vu accorder en pratique une licence pour torturer les Palestinien·nes, parce que la plupart de vos gouvernements, de vos ministres, l’ont permis », a-t-elle déclaré lors de la présentation de son dernier rapport au Conseil des droits de l’homme de l’ONU.
« Ce qui opérait autrefois dans l’ombre est désormais pratiqué ouvertement : un régime d’humiliation organisée, de douleur et de dégradation, cautionné aux plus hauts niveaux politiques », a-t-elle indiqué dans son rapport intitulé « Torture et génocide ».
« La torture ne se limite pas aux cellules et aux salles d’interrogatoire », précise le rapport. « Par l’effet cumulatif des déplacements massifs, du siège, du refus d’aide et de nourriture, des violences militaires et de colons sans retenue, ainsi que de la surveillance et de la terreur omniprésentes, les territoires palestiniens occupés sont devenus un espace de punition collective, où la destruction des conditions de vie transforme la violence génocidaire en outil de torture collective, avec des conséquences physiques et mentales à long terme pour la population occupée », ajoute-t-il.
Albanese, critique virulente des actions israéliennes en Cisjordanie occupée et de la guerre génocidaire menée contre Gaza, a fait face à des réactions hostiles de la part d’Israël et des États-Unis, avec des appels croissants à sa destitution du poste de Rapporteuse spéciale.
Depuis le 7 octobre 2023, les attaques israéliennes sur Gaza ont tué au moins 72 263 personnes et en ont blessé 171 944 autres, selon le ministère de la Santé de Gaza.
En Cisjordanie occupée, depuis octobre 2023, les autorités israéliennes ont arrêté plus de 18 500 Palestinien·nes, dont au moins 1 500 enfants à la fin du mois de février, selon le rapport.
La mission d’Israël auprès de l’ONU a vivement critiqué le rapport d’Albanese, la qualifiant d’« agente du chaos ». « Albanese abuse de sa tribune onusienne pour se livrer à un antisémitisme virulent, notamment en propageant des récits constitutifs d’une distorsion et d’une trivialisation de l’Holocauste. Elle tient régulièrement des propos soutenant des organisations terroristes et diffuse des discours extrémistes dangereux visant à remettre en cause l’existence même de l’État d’Israël », a déclaré la mission dans un communiqué.
Albanese a appelé les États membres de l’ONU à « prévenir et punir » les actes de torture et de génocide, et à respecter le droit international. « Son recours croissant dans le cadre du génocide commis par Israël contre le peuple palestinien rend cette violation d’autant plus grave et indéfendable », a-t-elle déclaré selon un communiqué de presse de l’ONU. « Si la communauté internationale continue de tolérer de tels actes lorsqu’ils sont infligés aux Palestinien·nes, alors le droit lui-même sera vidé de tout sens. »
Traduction pour l’Agence Média Palestine : L.D
source : Al Jazeera



