Par l’Agence Média Palestine, le 7 avril 2026

Huit colons arrêtés : un acte symbolique au milieu de l’impunité
Dans le cadre d’une intensification sans précédent du harcèlement et de la violence, les attaques de colons israéliens contre des villages et communautés palestiniens continuent de se multiplier en Cisjordanie occupée, avec l’appui de l’armée coloniale.
Fait exceptionnel, face aux protestations internationales, le 5 avril, huit colons, âgés de 18 à 48 ans, ont été arrêtés après une attaque contre un village palestinien. Un fusil d’assaut M-16, utilisé par l’armée israélienne, a été saisi durant l’opération, selon la police. Cette affaire est en lien avec l’attaque du village de Qusra, dans le nord de la Cisjordanie, à la mi-mars, durant laquelle un habitant avait été tué et deux autres avaient été blessés.
Mais dans les faits, l’armée israélienne maintient une présence renforcée dans plusieurs zones de Cisjordanie occupée. Des opérations d’arrestations et incursions dans des villes et camps palestiniens se poursuivent dans la continuité des semaines précédentes. Ce 7 avril, les forces d’occupation israélienne ont arrêté 19 Palestiniens dans différentes zones. Selon l’agence palestinienne d’information Wafa, les forces d’occupation ont pris d’assaut la ville de Naplouse, la ville de Tulkarem, le camp de Qalandia au nord de al-Qods occupée, le camp au sud de Bethléem, la ville à l’ouest de Salfit et la ville de Beit Ummar au nord d’al-Khalil, pillé les maisons des Palestinien·nes, et les ont agressé·es avant d’en arrêter 19.
Parallèlement, des colons ont déraciné près de 400 oliviers à Ramallah, dans le centre de la Cisjordanie occupée, tandis que d’autres ont incendié une tente au nord d’al-Qods occupée.
La politique de colonisation se poursuit sans interruption : les autorités israéliennes continuent d’encadrer l’expansion, tout en annonçant vouloir limiter certaines violences de colons, pour calmer la pression internationale croissante. Sur le terrain, la situation reste marquée par l’extension des colonies, l’appropriation de terres palestiniennes et les restrictions d’accès pour les Palestinien·nes. Mi-mars, l’ONU alertait sur des déplacements forcés massifs liés à cette dynamique.
Pâques empêchée
La fête de Pâques s’est déroulée dans un climat très tendu, loin des célébrations traditionnelles. Les chrétien·nes palestinien·nes n’ont pas pu accéder librement aux lieux saints. À Jérusalem, certaines cérémonies ont été restreintes ou empêchées entraînant des tensions avec la police israélienne. À Bethléem, lieu central pour les chrétien·nes, la ville était quasi désertée de pèlerins étrangers, alors qu’elle en accueille habituellement des millions. Même des lieux majeurs comme la basilique de la Nativité étaient presque vides à quelques jours de Pâques, rapporte Le Parisien.
La guerre contre l’Iran a entraîné alertes, tirs de missiles et climat de peur quotidien. En Cisjordanie occupée, il n’y a souvent ni abris ni systèmes d’alerte efficaces, ce qui rend la population particulièrement vulnérable. Résultat : beaucoup de familles ont célébré Pâques chez elles, pour essayer de se mettre à l’abri des missiles de riposte iranienne.
Les lieux de culte non-juifs inaccessibles en terre sainte
Les autorités d’occupation israéliennes continuent de fermer la mosquée d’Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre pour le 39e jour consécutif, sous prétexte de « l’état d’urgence » et de la situation sécuritaire.
Champion des provocations, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a une nouvelle fois pénétré dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa le 6 avril soir depuis la porte des Maghrébins, sous la garde intensive des forces d’occupation. Une nouvelle incursion qu’ont condamnée l’Egypte, la Jordanie et la Turquie. Des groupes extrémistes juifs messianiques profitent de la période de la Pâques, qui a commencé le 2 avril et se poursuit jusqu’au 9 avril, pour inciter à l’assaut de la mosquée Al-Aqsa et appeler à des « sacrifices d’abattage », rapporte l’agence palestinienne.
Des Palestiniens de Cisjordanie manifestent et font grève contre la loi israélienne sur la peine de mort
Des centaines de personnes se sont rassemblées le 1er avril à Ramallah, à Naplouse et dans d’autres communes de Cisjordanie occupée pour manifester contre la loi sur la peine de mort pour les détenu.es palestinien.nes soutenue par le ministre israélien de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir. Les commerces et les institutions publiques palestiniennes, y compris les universités, ont fermé leurs portes dans toute la Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est, alors que la population descendait dans la rue pour protester contre la loi. Le parti Fatah du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait appelé à la grève générale la veille.



