Par l’Agence Média Palestine, le 13 avril 2026
Une nouvelle flottille, baptisée “Global Sumud Flotilla”, a commencé à appareiller depuis le port de Barcelone les 12–13 avril 2026. Objectif : briser le blocus sur Gaza. Il y a une semaine, une vingtaine de bateaux français avaient quitté le port de Marseille pour rejoindre cette coalition humanitaire internationale.

L’annonce du départ a été marquée par des rassemblements militants et internationaux sur les quais. Plusieurs dizaines de bateaux sont mobilisés, avec un objectif pouvant atteindre 70 à 100 navires selon les phases de la mission. Toutefois, le départ effectif en mer a été retardé par les conditions météorologiques, certains navires restant à quai en attente d’une fenêtre favorable.
La flottille regroupe plus de 3 000 volontaires issu.es d’une centaine de pays, selon les organisateurs, rapporte le journal espagnol El Pais. Le 12 avril, des centaines de personnes se sont rendues au Vieux Port de Barcelone pour soutenir et dire au revoir aux 41 premiers bateaux, même si ceux-ci ne prendront la mer qu’en milieu de semaine prochaine, en fonction de la météo. En effet, bien que les préparatifs soient en cours depuis des mois, les organisateurs ont décidé de reporter le départ de quelques jours pour éviter que ne se reproduise le départ avorté de 2025 : les bateaux avaient dû rebrousser chemin en raison du mauvais temps. Cette fois-ci, rapporte encore El Pais, les embarcations feront étape dans un lieu tenu secret pour une escale technique : ravitaillement en carburant et en provisions supplémentaires, et attente de conditions de vent favorables. Le départ est donc prévu le 14 ou le 15 avril, si la météo le permet. Des participant.es se joindront à la flottille en chemin, notamment depuis l’Italie, la Grèce et la Turquie. Selon les organisateurs et organisatrices, il s’agirait de la plus grande flottille civile jamais organisée vers Gaza.
La mission a un double objectif. D’une part, acheminer de l’aide humanitaire (médicaments, nourriture, matériel éducatif) mais aussi emmener à Gaza du personnel médical et technique pour mettre en œuvre et soutenir des projets de reconstruction et de soutien sanitaire. Environ 1 000 médecins et infirmier.es feraient ainsi partie du voyage. Il s’agit d’autre part, et avant tout, de dénoncer et de défier le blocus maritime israélien sur Gaza, en attirant l’attention internationale sur la situation humanitaire dans l’enclave.
Cette nouvelle flottille s’inscrit dans la continuité des initiatives de la Freedom Flotilla Coalition, active depuis 2010. Des ONG internationales y participent, dont Greenpeace avec certains de ses navires, ainsi que d’autres organisations humanitaires et civiles (comme Open Arms) qui apportent un soutien logistique.
Depuis 2010, les flottilles sont presque systématiquement interceptées. En octobre 2025, Israël a mis fin à l’une d’elles en interceptant illégalement les membres de la flottille en eaux internationales. Les autorités israéliennes ont ensuite détenu des dizaines de personnes pendant plusieurs jours dans des conditions épouvantables, les privant de soins, de médicaments, de nourriture, avant de les expulser.
Les nouvelles et nouveaux participant.es sont informé.es des risques qu’ils et elles encourent et se sont entraîné.es à faire face à des situations d’arraisonnement et de détention. L’histoire des flottilles pour Gaza a été marquée par l’affaire du Mavi Marmara. En 2010, ce bateau qui tentait de rejoindre Gaza a été intercepté par Israël qui a ouvert le feu, tuant dix volontaires humanitaires. Cet épisode reste présent dans l’expédition en cours, note El Pais : « parmi les participants se trouve une délégation turque, dont plusieurs personnes sont liées aux victimes de cette mission. ». Depuis leur arrivée à Barcelone, ils et elles chantent chaque jour, d’une voix grave et avec un fort accent, un refrain que les membres des autres pays ne comprennent pas mais connaissent : « Kahrolsun İsrail, Filistin’e özgürlük », soit « À bas Israël, Palestine libre ».



