Ce 5 mai, Saher Alghorra, photojournaliste palestinien et contributeur du New York Times, a été récompensé du prix Pulitzer 2026 de la photographie d’actualité pour son travail dans la bande de Gaza. Cette distinction représente l’une des plus prestigieuses dans le monde du journalisme.
Par l’Agence Média Palestine, le 7 mai 2026.

Le jury a salué une série « poignante et sensible », montrant la dévastation et la famine, conséquences de la guerre menée par Israël dans l’enclave palestinienne.

Né à Gaza, où il vit et travaille encore, Saher Alghorra fait partie de ces journalistes palestiniens qui n’ont jamais cessé de témoigner malgré les dangers. Ses images montrent des scènes telles que des files d’attente pour obtenir de la nourriture, des blessés transportés à l’hôpital, mais aussi des scènes de vie qui subsistent au milieu des ruines. A travers son objectif, il ne photographie pas seulement la destruction, mais aussi l’attachement des Gazaoui·es à la vie, et leur volonté de continuer d’exister malgré la guerre.
« À mesure que la souffrance s’intensifiait, le sens de mes photos a changé. Ce n’était plus une question d’art ou d’esthétique. C’est devenu une responsabilité morale et humaine.

« Severe Malnutrition”, photographie de Saher Alghorra réalisée pour The New York Times à Gaza, Palestine. Cette image a reçu le 1er prix dans la catégorie “Single Portrait” aux Istanbul Photo Awards 2026.
Dans un entretien conduit par Ahmed Ghanam pour le CICR, le photojournaliste revient sur ses débuts dans la photographie humanitaire, sur les peurs qui accompagnent son métier, mais aussi sur les scènes dont il a pu être témoin et qu’ils l’ont marqué de façon indélébile. C’est le cas d’une photo qu’il a pris d’un enfant, Ziad Saydam, tué dans le camp de Nuseirat, et qui continue de le hanter tant la scène a été brutal pour lui. Cette image ouvre sa série
« Sans Issue », récompensée en 2025 par le Visa d’or humanitaire du CICR. Ce titre renvoie au sentiment d’enferment vécu par les habitants de Gaza, « piégés et sans issue » selon ses propres mots.
La même année, il a également remporté le premier prix photo du Prix Bayeux-Calvados-Normandie des correspondant de guerre pour sa série « Trapped in Gaza: Between Fire and Famine ». A travers ces différentes distinctions, c’est autant son travail que l’importance du témoignage visuel depuis Gaza qui sont reconnus.



