Flottille pour Gaza : Israël enlève, torture, maltraite et détient illégalement des militants pacifistes

Par l’Agence Média Palestine, le 4 mai 2026

En pleine mer, au large des côtes grecques, Israël a enlevé des centaines de militant.es humanitaires internationaux, pacifistes, présent.es à bord de la Flottille internationale Global Sumud le 30 avril. Nombre d’entre eux-elles affirment avoir été battu.es et maltraité.es, des dizaines ayant nécessité des soins hospitaliers

Des images publiées sur les réseaux sociaux par les organisateurs de la flottille attestent des sévices subis. Parmi les blessures dénoncées, il y a des côtes cassées, des nez fracturés et des traumatismes cervicaux, en plus de contusions et hématomes.

Les autorités grecques ont indiqué que 31 des quelque 175 militants avaient été conduits dans un hôpital de Crète, tandis que les autorités turques ont confirmé qu’une soixantaine d’entre eux avaient été transférés par avion à Istanbul le 1er mai au soir.

La flottille, composée de plus de 50 navires partis de ports français, espagnols et italiens, tentait à nouveau de briser le blocus naval israélien de la bande de Gaza, en vigueur depuis 2007, lorsqu’elle a été interceptée à environ 130 kilomètres à l’ouest de la Crète, par l’armée d’occupation israélienne. Les organisateurs de la flottille ont dénoncé un acte de « piraterie » et déclaré que leur matériel de navigation avait été détruit, les communications brouillées, les plaçant face à un « piège mortel calculé en mer ». Ils ont également expliqué que les forces israéliennes avaient arraisonné au moins 21 embarcations et transféré les détenus sur un navire israélien, le NAHSHON, où ils ont subi des violences physiques et verbales. Des militants ont décrit avoir été frappés à coups de poing et de pied, traînés au sol, et dans certains cas avoir essuyé des tirs à balles réelles et en caoutchouc. Certains ont déclaré avoir été détenus jusqu’à 40 heures sans eau ni nourriture. Co-présidente du groupe communiste au Conseil de Paris, Raphaëlle Primet, fait partie des kidnappé.es par Israël à bord de la flottille. À son arrivée en France, elle a dénoncé la violence de l’interception dans les colonnes du journal l’Humanité et demandé la libération de ses camarades encore détenus.

Le brésilien Thiago Avila et l’espagnol Saif Abu Keshek toujours détenus et maltraités en Israël

Seuls deux militants restent aujourd’hui toujours en détention après avoir été transférés illégalement en Israël : l’espagnol Saif Abu Keshek et le brésilien Thiago Avila, l’une des figures les plus célèbres du mouvement des flottilles qui a déjà tenté le voyage à plusieurs reprises. Le 3 mai, un tribunal de l’occupation israélienne a prolongé leur détention de deux jours. Les deux hommes sont apparus à l’audience avec des blessures visibles au visage. Le Brésil et l’Espagne ont dénoncé ces arrestations « illégales ». L’avocate Miriam Azem, membre de l’ONG de défense des droits humains Adallah, qui les représente, a déclaré que leur arrestation avait été d’une « extrême brutalité ». Les deux hommes ont été informés qu’ils seraient interrogés par les renseignements intérieurs israéliens pour soupçons d’« affiliation à une organisation terroriste ». Le ministère des affaires étrangères de l’Etat colonial accuse Saif Abu Keshek d’être l’« l’un des dirigeants » de la Conférence palestinienne pour les Palestiniens à l’étranger (PCPA), association caritative accusée par les Etats-Unis et Israël d’être affiliée au Hamas. Quant à Thiago Avila, Israël le détient au prétexte qu’il « travaille[rait] avec PCPA et est soupçonné d’activités illégales ». 

Le Brésil et l’Espagne ont dénoncé ces arrestations de leurs ressortissants. En apprenant la prolongation de la détention de Saif Abu Keshek, le gouvernement espagnol a exigé « sa libération immédiate », dans un message du ministère des Affaires étrangères envoyé à l’AFP. Le consul d’Espagne à Tel-Aviv a accompagné « l’Espagnol détenu illégalement » à l’audience, précise-t-il. Israël « n’a apporté aucun élément de preuve pour appuyer cette accusation », avait déclaré, le 2 mai, le chef de la diplomatie espagnol, José Manuel Albares, et même si c’était le cas, « il existe des voies judiciaires en démocratie, en Etat de droit », pour les relayer.

Les organisateurs de la flottille ont en outre indiqué que Saif Abukeshek, d’origine palestinienne, avait été torturé après avoir été séparé des autres détenus à bord d’un navire militaire israélien, lors de son enlèvement. Des témoins cités par les organisateurs ont déclaré avoir entendu ses cris pendant sa détention.

Quant à Thiago Avila, il a raconté aux avocats avoir été «traîné face contre terre et battu si violemment qu’il a perdu connaissance à deux reprises ». Il a ajouté que depuis son arrivée en Israël il avait été « maintenu à l’isolement, avec les yeux bandés », selon Miriam Azem. En signe de protestation, les deux hommes ont entamé une grève de la faim.

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