« Libérez Thiago et Saïf » : les deux militants de la flottille pour Gaza toujours détenus par Israël malgré les appels à leur libération

Par l’Agence Média Palestine, le 7 mai 2026

La détention illégale par Israël des militants Thiago Ávila (brésilien) et Saïf Abu Keshek (espagnol-palestinien), arrêtés après l’interception de la flottille humanitaire (Global Sumud Flotilla) à destination de Gaza, continue de susciter de vives inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains et plusieurs gouvernements étrangers dont l’Espagne et le Brésil. L’Organisation des Nations Unies (ONU) a également appelé à leur libération immédiate. 

Les deux hommes, détenus en Israël depuis le 30 avril, ont vu leur détention prolongée jusqu’au 10 mai par un tribunal israélien d’Ashkelon, alors qu’aucune accusation formelle n’a encore été rendue publique à leur encontre. Ils avaient été enlevés par l’armée israélienne en pleine mer avec des centaines d’autres militants, en eaux internationales, au large des côtes grecques. Mais contrairement aux autres, ils sont les deux seuls à avoir été emmenés de force en Israël.

Selon l’organisation de défense des droits humains Adalah, les autorités coloniales israéliennes invoqueraient des « preuves secrètes » et des soupçons liés à une prétendue assistance à une organisation ennemie, le Hamas. Les avocats des deux militants dénoncent une procédure opaque et contraire au droit international, rappelant que les activistes ont été capturés en eaux internationales lors d’une mission humanitaire destinée à briser le blocus illégal de Gaza.

Décès de la mère de Thiago Ávila pendant sa détention

L’émotion autour de l’affaire s’est intensifiée après l’annonce du décès le 5 mai de Teresa Regina de Ávila e Silva, 63 ans, mère du militant brésilien Thiago Ávila alors que celui-ci se trouvait toujours en détention, isolé du monde et privé de contacts extérieurs. On ignore à cette heure s’il a été informé du décès de sa mère.

Des messages de soutien ont afflué au Brésil, en Espagne et dans plusieurs réseaux internationaux de solidarité avec la Palestine. Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a également condamné le maintien en détention du militant et réclamé sa libération immédiate. 

Mauvais traitements et torture psychologique

Les témoignages transmis par les avocats des deux détenus décrivent des conditions de détention particulièrement dures. Thiago Ávila et Saif Abu Keshek sont maintenus à l’isolement dans la prison de Shikma, à Ashkelon, sous une lumière permanente allumée 24 heures sur 24. Ils ont également les yeux bandés lors de leurs déplacements, y compris pendant les examens médicaux.

Adalah affirme que les militants ont rapporté des violences physiques, des menaces de mort, des privations de sommeil ainsi qu’une pression psychologique constante durant les interrogatoires. Les avocats dénoncent notamment des tentatives répétées de lier leur mission humanitaire au Hamas afin de justifier les prétextes sécuritaires avancés par les autorités coloniales israéliennes. 

Selon l’organisation Euro-Med Monitor, Thiago Ávila aurait perdu connaissance à deux reprises après son arrestation. L’ONG évoque des violations graves des droits fondamentaux et demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante. 

Une grève de la faim pour dénoncer leur détention

En signe de protestation, les deux militants ont entamé une grève de la faim dès leur arrestation. D’après leurs avocats, ils ne consommeraient plus que de l’eau depuis plusieurs jours. Leur état de santé suscite désormais de fortes préoccupations parmi les organisations humanitaires et les soutiens de la flottille. Pendant ce temps, les organisateurs de la flottille poursuivent leurs appels à la libération immédiate des deux hommes et dénoncent une criminalisation croissante des actions humanitaires liées à Gaza.

Devant la cour d’appel de Beersheba, le cas de Saïf Abu Keshek, d’origine palestinienne, a été examiné en premier le 6 mai. Il est entré dans la salle d’audience les pieds entravés, vêtu d’une tenue de prisonnier de couleur marron, entouré de deux gardiens. Le cas de Thiago Ávila a ensuite été examiné, également en sa présence.

La flottille comptait au départ une cinquantaine de bateaux avec des centaines de militants humanitaires à leur bord, avec pour objectif de briser le blocus israélien inhumain du territoire palestinien dévasté, où l’accès de l’aide humanitaire reste fortement restreint par Israël, en violation totale de l’accord de cessez-le-feu.

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