29 organisations syndicales européennes, parmi lesquelles les plus grandes fédérations et confédérations syndicales, ont appelé l’Union européenne et les dirigeants européens à prendre des mesures urgentes, conformément au droit international, et à réagir face aux attaques israéliennes contre le Liban, aux violences commises par les colons avec le soutien de l’État en Cisjordanie, au génocide en cours à Gaza et à la réinstauration par Israël de la peine de mort, instrument d’apartheid, à l’encontre des Palestinien·nes.
À l’attention de :
Kaja Kallas, haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, vice-présidente de la Commission européenne,
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne,
Antonio Costa, président du Conseil européen,
Ministres européens des Affaires étrangères,
Premiers ministres européens,
Nous, les organisations syndicales européennes soussignées, appelons la Commission européenne et les dirigeants européens à adopter une position de principe en suspendant immédiatement l’accord d’association UE-Israël.
Israël a déjà franchi des lignes rouges fondamentales pour l’UE : extension des colonies dans la zone E1 pour bloquer la création d’un futur État palestinien, nettoyage ethnique, interdiction de l’UNRWA et attaques contre des installations financées par l’UE et les États membres, expulsion d’ONG internationales, maintien de l’impunité pour les abus des forces de sécurité et la violence des colons, torture de prisonniers, entrave à la liberté de religion, agressions contre des journalistes et refus d’accès à l’UE et aux dirigeants européens, entre autres.
Tout récemment, la Knesset israélienne a adopté une loi discriminatoire autorisant l’exécution de prisonniers politiques palestiniens. Israël est désormais le premier État à codifier une peine de mort qui s’applique en pratique à un groupe ethnique, tandis qu’un autre en est effectivement protégé.
Alors que l’UE et les pays européens s’opposent à la peine de mort en toutes circonstances, leur réaction s’est jusqu’à présent limitée à des déclarations d’inquiétude plutôt qu’à des actions concrètes. Nous n’aurions pas été témoins de cet acte terrible sans le silence de la communauté internationale et les années d’impunité dont bénéficie Israël.
Au cours des dernières semaines, Israël a tué plus de 2 400 personnes au Liban, dont au moins 124 enfants, tandis que plus de 1,1 million de personnes ont été contraintes de fuir leurs foyers. Loin des gros titres, Israël a tué au moins 673 personnes à Gaza depuis le cessez-le-feu, portant le nombre de morts dans ce territoire dévasté à 72 500 depuis octobre 2023.
L’UE et les pays européens doivent réagir aux attaques d’Israël contre le Liban, mais aussi à la violence des colons soutenue par l’État en Cisjordanie, au génocide en cours à Gaza et au rétablissement par Israël de la peine de mort d’apartheid contre les Palestiniens.
La Cour internationale de justice a déclaré illégale l’occupation par Israël des territoires palestiniens et a estimé qu’Israël violait la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale , y compris l’apartheid. Les dirigeants d’Israël sont recherchés par la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La CIJ a appelé tous les États à prendre des mesures immédiates pour mettre fin à leur complicité avec les crimes d’Israël.
Il est inexcusable que la plupart des gouvernements européens et l’UE n’aient toujours pas réagi à cet arrêt historique de la CIJ ni donné suite à sa conclusion provisoire de janvier 2024 selon laquelle Israël enfreint vraisemblablement la Convention sur le génocide.
Nous soutenons l’appel lancé par plus d’un million de citoyens européens en faveur de la suspension totale de l’accord d’association UE-Israël, conformément aux propres conclusions de l’UE concernant la violation par Israël de la clause relative aux droits de l’homme du traité.
Nous, les organisations syndicales européennes soussignées, vous exhortons à :
● Suspendre toute forme de coopération en matière de sécurité et de défense entre vos pays et Israël, en tant que mesure nécessaire pour respecter les obligations juridiques internationales et les engagements en matière de droits de l’homme,
● Imposer un embargo militaire complet à Israël, ce qui signifie l’interdiction de toute vente, achat ou transfert de composants militaires, de technologies et de biens à double usage,
● Suspendre immédiatement les accords d’association avec Israël, y compris l’accord d’association UE-Israël.
Syndicats signataires :
Réseau syndical européen pour la justice en Palestine,
ACV/CSC (Belgique),
Syndicat des travailleurs
d’Andalousie – SAT (Andalousie),
CCOO – Confederación Sindical de Comisiones Obreras (Espagne),
CGIL (Italie),
CGSP-ALR Bruxelles / ACOD-LRB Bruxelles (Belgique),
CGTP-IN (Portugal),
CFDT (France),
CNE/CSC (Belgique),
Confederation Intersindical Galega (Galice),
Confederación Intersindical (Espagne),
Conseil des syndicats de Craigavon (Irlande),
CWU (Irlande),
Conseil des syndicats de Dundee (Écosse, Royaume-Uni),
ELA (Pays basque),
Fagforbundet (Norvège),
Fellesforbundet Section 850, Syndicat des travailleurs du graphisme d’Oslo (Norvège),
FGTB-ABVV (Belgique),
FNEC FP-FO (France),
Fórsa (Irlande),
IAC – Intersindical Alternativa de Catalunya (Catalogne),
Intersindical Valenciana (Valence),
Irish Congress of Trade Unions (Irlande),
Irish National Teachers’ Organisation (Irlande),
La Centrale Générale-FGTB (Belgique),
LAB (Pays basque),
Groupe de travail NAWA FNV (Pays-Bas),
SIPTU (Irlande),
Union syndicale Solidaires (France),
Source : European Trade Union NETWORK For Justice In Palestine
Traduit par DM pour l’Agence Média Palestine.



