Gaza, jour 948 : Israël avance sa nouvelle “ligne orange”, illégale, invisible et meurtrière

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza, où Israël a procédé à des meurtres quotidiens, tout en avançant arbitrairement les limites de sa zone de contrôle militaire.

Par l’Agence Média Palestine, le 12 mai 2026



En fin de semaine dernière, un document officiel divulgué par le Times of Israel révélait, sans grande surprise, que l’auto-proclamé Conseil de la paix n’avait pas l’intention d’exiger d’Israël qu’il respecte ses engagements en matière de cessez-le-feu si le Hamas refusait d’accepter son cadre de désarmement.

Plus fragile que jamais, l’accord entré en vigueur en octobre 2025 continue d’être quotidiennement bafoué par Israël, qui a poursuivi cette semaine encore ses frappes militaires, ses restrictions à l’entrée d’aide humanitaire et l’extension continue de son contrôle territoire de Gaza.

La nouvelle “ligne orange”, invisible et meurtrière

Alors que les soldat·es israélien·ne étendent depuis des mois leur zone militarisée à l’intérieur de Gaza en déplaçant les blocs de bétons et talus démarquant la “ligne jaune”, les autorités israéliennes ont implémenté ces denrières semaines une nouvelle frontière arbitraire et illégale à Gaza : la “ligne orange”, une zone tampon située le long de la “ligne jaune”

Selon les accords initiaux de Charm El-Cheikh entrés en vigueur le 11 octobre 2025, Israël devait initialement se retirer sur 53 % de Gaza, avant de se replier davantage avec l’entrée de la force internationale de stabilisation. Cette nouvelle ligne orange porte ce chiffre à près de 65 %, entraînant l’effondrement des services de base et l’aggravation de conditions sanitaires déjà catastrophiques. 

« On nous a dit qu’au-delà de cette ligne, les équipes humanitaires doivent coordonner leurs déplacements à l’avance. Cela concerne les zones où le risque de combats est accru et où la probabilité de croiser des forces israéliennes est plus élevée », explique Stéphane Dujarric, porte-parole des Nations unies (ONU).

Cette avancée a provoqué de nouvelles vagues de déplacements, en particulier à Khan Younis, à l’est de la ville de Gaza et dans certaines parties du nord de Gaza, les familles se déplaçant plus à l’ouest pour échapper aux tirs. Elle s’est également accompagnée de frappes aériennes, de tirs d’artillerie et de tirs réels qui ont tué et blessé des Palestinien·nes, souvent sous prétexte qu’ils ou elles s’approchaient ou franchissaient la ligne d’origine.

Outre l’absence totale de cadre légal à l’implémentation de cette nouvelle “ligne”, celle-ci se caractérise par une invisibilité presque totale pour les Palestinien·nes tenu·es de la respecter : dans des nombreuses zone, aucun marqueur ne la signale, et les Gazaoui·es rapportent de nombreux cas où des civils ont été assassiné·es pour avoir dépassé la “ligne” sans le savoir.

Jour après jour

Mardi 5 mai, quelques heures après la publication de notre dernier point hebdomadaire, l’armée israélienne a assassiné au moins deux personnes, dont un enfant, dans la ville de Gaza, dans une série de frappes aériennes visant l’ouest et le sud-est. De nombreuses autres personnes ont été blessées.

Mercredi 6 mai, une frappe israélienne a touché le véhicule du colonel de police Naseem al-Kalazani, près du quartier d’al-Mawasi à l’ouest de la ville de Khan Younis. Naseem al-Kalazani, qui dirigeait la brigade antidrogue à Khan Younis, a été tué dans cette frappe, et au moins 17 autres personnes ont été blessées.

Ce même jour, Israël a multiplié les frappes, tuant au moins trois Palestinien·nes près du quartier de Zeitoun, selon des responsables sanitaires de l’hôpital arabe al-Ahli de la bande de Gaza, portant le bilan de la journée à au moins quatre morts.

Trois autres Palestinien·nes ont été tué·es, et plusieurs autres blessé·es, le lendemain jeudi 7 mai, lors d’une frappe israélienne visant l’ouest de la ville de Gaza, près du rond-point de Haidar.

Vendredi 8 mai au soir, les forces israéliennes ont bombardé une maison dans le camp de réfugiés d’al-Shati, à Gaza, blessant au moins six Palestinien·nes, détruisant la maison et semant la panique parmi les civils. Le média The New Arab souligne que l’opération a eu lieu après qu’un ordre d’évacuation a été donné pour ce bâtiment et d’autres dans le quartier, un processus qui n’avait pas été observé depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu” il y a 7 mois.

Un autre Palestinien a été tué, et plusieurs autres blessé·es, samedi 9 mai au soir lors d’une frappe israélienne par drone visant un rassemblement de civils dans le camp de réfugiés d’al-Maghazi, dans le centre de la bande de Gaza.

Deux Palestinien·nes ont été tué·es et d’autres blessé·es dimanche10 mai au matin lors d’une frappe israélienne visant un véhicule civil dans le quartier d’Al-Amal à Khan Younis, où ont également été rapporté des tirs d’artillerie. 

Lundi 11 mai au soir, deux Palestiniens ont été assassinés par des tirs de l’armée israélienne. Le premier a été tué par des tirs de l’armée israélienne dans le quartier de Zeitoun, au sud-est de la ville de Gaza, et le second par des tirs de l’armée israélienne près du rond-point de Bani Suheila, à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza.

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