Les autorités israéliennes intensifient les exactions à l’encontre des détenues de la prison de Damon

La Société des Prisonnier·es palestinien·nes alerte sur les conditions de détentions, de plus en plus brutales, des femmes palestiniennes incarcérées dans la prison de Damon.

Par l’Agence Média Palestine, le 12 mai 2026



On suppose souvent que les conditions de détention de prisonnières palestiniennes, moins nombreuses que leur acolytes masculins, seraient moins brutales, quand la plupart des témoignages rapportant des faits de tortures et d’abus sont confiés par des hommes. C’est malheureusement une idée fausse, qu’un communiqué publié dimanche 10 mai par la Société des Prisonnier·es vient souligner.

Ce dernier alerte sur l’intensification des violences israéliennes au sein de la prison de Damon, où sont actuellement incarcérées 88 femmes dans des conditions plus qu’indignes.

Les détenues rapportent une grave surpopulation dans les cellules de la prison, certaines cellules accueillant désormais plus de dix détenues, obligeant nombre d’entre elles à dormir à même le sol.

La Société des Prisonnier·es ajoute que les politiques de privation de nourriture sont devenues l’une des formes d’abus les plus fréquemment signalées par les détenus, en particulier pendant les fêtes israéliennes. Elle note qu’une détenue a perdu environ 30 kilos, après plusieurs mois de détention.

Plusieurs détenues souffrent de maladies chroniques, dont deux femmes chez qui un cancer a été diagnostiqué et qui se voient refuser tout traitement médical alors que leur état de santé continue de se détériorer. Cinq de ces détenues, dont deux mineures, sont enceintes.

La plupart des prisonnières sont incarcérées soit pour des accusations de possible “incitation”, soit en détention administrative, sans inculpation ni procès, sur la base de ce que les autorités israéliennes qualifient de preuves secrètes.

Des raids violents

Outre ces traitements abusifs et dégradants, les prisonnières de Damon font état d’une augmentation de raids des unités de répression pénitentiaires israéliennes, donnant lieu à de violents passages à tabac, forçant les détenues à s’allonger sur le sol, les mains liées derrière le dos, et à des agressions par les gardiens de prison alors qu’elles se trouvaient dans cette position, causant des blessures et des contusions à plusieurs femmes.

Selon les témoignages de détenues à l’intérieur de la prison de Damon et d’autres récemment libérées, au moins dix de ces raids ont eu lieu au cours du mois dernier, les 28 février, 5 mars, 10 mars, 17 mars, 30 mars, 1er avril, 3 avril, 17 avril, 21 avril et 23 avril.

Les détenues rapportent être systématiquement soumises à des fouilles publiques à nu, en particulier lors des transferts vers la prison de Hasharon ou à leur arrivée à la prison de Damon, qualifiant ces fouilles de dégradantes et humiliantes.

Les autorités pénitentiaires ont également un recours abusif à l’isolement, avec au moins six femmes ayant été soumises à l’isolement, certaines pendant des périodes dépassant deux semaines. Lors de sa dernière incarcération, la militante et ancienne députée Khalida Jarrar y avait passé plus de cinq mois, dans une cellule d’un mètre et demi sur deux.

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