Les commémorations de la Nakba sont à la fois un hommage aux victimes et un appel à la justice, à l’autodétermination et au droit au retour.

Mustafa Al-Jazzar, un Palestinien déplacé âgé de 83 ans qui a fui sa ville natale lors de la Nakba de 1948, est assis avec sa famille et ses petits-enfants dans un camp de déplacés à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. [Hasseb Al Wazeer/Reuters].
Par l’équipe d’Al Jazeera, l’AP et Reuters, le 15 mai 2026.
Des millions de Palestinien·nes commémorent le 78e anniversaire de la Nakba – mot arabe signifiant « catastrophe » – terme qui désigne l’expulsion massive et la fuite de quelque 750 000 Palestinien·nes de leurs foyers pendant la guerre de 1948 qui a entouré la création d’Israël.
L’anniversaire de vendredi est la troisième commémoration de la Nakba depuis le début de la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza, et intervient alors que plus de deux millions de personnes dans l’enclave assiégée restent déplacées et confinées dans une fraction de leur territoire.
Plus de six mois après le cessez-le-feu d’octobre, la population de Gaza est entassée sur moins de la moitié de la bande de 40 km (25 miles) le long de la côte méditerranéenne, encerclée par une zone contrôlée par Israël qui englobe le reste du territoire.
La Nakba fait référence à la dépossession et au déplacement systématiques des Palestinien·nes entre 1947 et 1949, lorsque des groupes paramilitaires sionistes ont pris le contrôle de villes et de villages dans ce qui est devenu l’État d’Israël.
Les historien·nes estiment qu’environ 750 000 Palestinien·nes – soit environ un tiers de la population de l’époque – ont été chassé·es de leurs foyers, et que plus de 400 villages et quartiers urbains ont été dépeuplés ou détruits pour faire place à de nouveaux·elles immigrant·es juif·ves.
Des centaines de milliers de ces personnes expulsées et leurs descendant·es vivent aujourd’hui dans des camps de réfugié·es en Cisjordanie occupée, à Gaza et dans toute la région, notamment en Jordanie, au Liban et en Syrie. Beaucoup conservent encore les clés, les titres de propriété et les documents relatifs à leurs maisons situées dans ce qui est aujourd’hui Israël, les transmettant de génération en génération comme symboles de leur déplacement et d’un retour futur.
Les réfugiés palestinien·nes continuent de revendiquer le droit de retourner dans les villes et les villages dont eux-mêmes ou leurs proches ont été chassés.
Ce « droit au retour », inscrit dans la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies, reste l’une des principales questions en suspens dans les négociations entre Israël et les Palestinien·nes, qui sont au point mort depuis longtemps.
Pour de nombreux Palestinien·nes, la guerre qui se poursuit à Gaza et les nouveaux déplacements de population à travers l’enclave renforcent leur conviction que la Nakba n’est pas un événement historique ponctuel, mais un processus continu de dépossession.
À l’occasion du 78e anniversaire, les militant·es et les survivant·es affirment que leur commémoration est à la fois un acte de mémoire et une réaffirmation de leur revendication de justice, de retour et d’autodétermination.

Des Palestinien·nes brandissent un drapeau géant et des clés symbolisant les maisons qu’ils ont été contraints d’abandonner, lors d’un rassemblement organisé à Ramallah, en Cisjordanie occupée par Israël, pour marquer le 78e anniversaire de la Nakba. [Mohammed Torokman/Reuters].

Des jeunes Palestiniens jouent au football devant une fresque commémorant cet anniversaire, dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie occupée par Israël. [Hazem Bader/AFP].

Chaque année, le 15 mai, les Palestinien·nes du monde entier commémorent la Nakba, ou « catastrophe », en référence au nettoyage ethnique de la Palestine. [Alaa Badarneh/EPA].

Les forces militaires sionistes ont chassé au moins 750 000 Palestinien·nes de leurs foyers et de leurs terres, et se sont emparées de 78 % de la Palestine historique. Les 22 % restants ont été divisés en ce qui constitue aujourd’hui la Cisjordanie occupée et la bande de Gaza assiégée. [Majdi Mohammed/AP Photo].

Entre 1947 et 1949, les forces militaires sionistes ont attaqué les principales villes palestiniennes et détruit quelque 530 villages. Environ 15 000 Palestinien·nes ont été tué·es lors d’une série d’atrocités de grande ampleur, dont des dizaines de massacres. [Majdi Mohammad/AP Photo].

On dénombre environ six millions de réfugié·es palestinien·nes enregistrés, vivant dans au moins 58 camps répartis à travers la Palestine et les pays voisins. [Alaa Badarneh/EPA].

Des manifestant·es brandissent un grand drapeau palestinien lors d’un rassemblement à Ramallah, en Cisjordanie. [Majdi Mohammed/AP Photo].

Des Palestinien·nes participent à des spectacles traditionnels, des représentations artistiques et des danses folkloriques lors d’un événement marquant le 78e anniversaire de la Nakba à Bethléem, en Cisjordanie. [Mamoun Wazwaz/Anadolu/Getty Images]

Des Palestinien·nes déplacé·es trouvent refuge dans un campement de tentes à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Plus de 70 % des habitant·es de Gaza sont des réfugié·es, dont environ 1,5 million vivent dans huit camps surpeuplés répartis sur l’ensemble du territoire. [Hasseb Al Wazeer/Reuters].
Source : Al Jazeera.
Traduit par DM pour l’Agence Média Palestine.



