Les États-Unis lèvent discrètement les sanctions contre Francesca Albanese


Par l’
Agence Média Palestine, le 21 mai 2026

Les États-Unis viennent de lever en toute discrétion les sanctions imposées à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés. La décision, confirmée par le département du Trésor américain qui a supprimé son nom de la liste des personnes sanctionnées (SDN list), intervient après plusieurs mois de controverses diplomatiques et une décision judiciaire embarrassante pour l’administration Trump. 

Le 13 mai 2026, après un recours de l’intéressée et de sa famille aux États-Unis, un juge fédéral américain a en effet décidé de suspendre les sanctions à l’encontre de Mme. Albanese. Le magistrat a estimé que l’administration américaine a probablement violé le Premier Amendement de la Constitution en sanctionnant une personne essentiellement pour ses opinions politiques et ses déclarations publiques. Selon la décision judiciaire, Albanese « n’a fait que parler ». Le juge considère également que ses liens familiaux avec les États-Unis lui permettent de bénéficier de certaines protections constitutionnelles américaines. Cette décision représente un revers juridique important pour l’administration Trump.

Juriste italienne spécialisée en droit international et en droit des réfugiés, Francesca Albanese s’est imposée comme l’une des voix les plus importantes de la critique d’Israël à l’ONU depuis le début de son mandat. Ses rapports, notamment Anatomy of a Genocide en 2024, accusaient Israël de commettre un génocide à Gaza et appelaient à des sanctions internationales ainsi qu’à un embargo sur les armes. 

En juillet 2025, l’administration de Donald Trump a décidé d’imposer des sanctions inédites contre Mme. Albanese. Washington l’accusait alors de mener une « guerre juridique » contre Israël et les États-Unis, notamment après un rapport dans lequel elle dénonçait la complicité de grandes entreprises étatsuniennes avec Israël et appelait à ce que la Cour pénale internationale enquête sur de possibles crimes de guerre commis par Israël et les États-Unis grâce à ces complicités. Le secrétaire d’État Marco Rubio avait alors affirmé alors que « la campagne de guerre politique et économique contre les États-Unis et Israël ne sera plus tolérée ». 

Les sanctions imposées à Francesca Albanese incluaient l’interdiction d’entrée sur le territoire américain ; le gel de ses avoirs ; l’interdiction pour des entités américaines de faire affaire avec elle ; des restrictions bancaires et financières très lourdes. Les mesures ont eu des effets immédiats sur la vie de Francesca Albanese : elle ne pouvait plus utiliser ses cartes bancaires ni accéder normalement à ses comptes. Elle ne pouvait plus voyager librement aux États-Unis, y compris pour rejoindre sa famille à Washington ou se rendre au siège des Nations unies à New York. Son mari et sa fille, citoyens américains, ont participé à l’action judiciaire contestant les sanctions. Sur le plan professionnel, Georgetown University a mis fin à son statut de chercheuse affiliée fin 2025 afin de se conformer aux sanctions américaines. 

Francesca Albanese a dénoncé à plusieurs reprises des sanctions « obscènes » destinées, selon elle, à punir sa «  quête de la justice ». L’affaire a suscité de nombreuses réactions internationales. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a demandé à Washington d’annuler les sanctions. Des ONG comme Amnesty International ont parlé d’une « atteinte scandaleuse à la justice internationale ».

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