Par l’Agence Média Palestine, le 26 mai 2026

Plus de 120 organisations, collectifs et élu•es appellent à se mobiliser le 30 mai 2026 pour demander la libération d’Ali, réfugié palestinien incarcéré en France depuis 2 ans au titre de la détention provisoire sur la base d’accusations israéliennes.
Issu d’une famille originaire de Jaffa, dans les territoires palestiniens colonisés en 1948, réfugiée dans le camp de Balata à Naplouse suite à la Nakba, Ali a subi la violence coloniale de plein fouet dès son enfance, comme il le raconte dans une lettre écrite depuis sa cellule.
Témoin à 14 ans du meurtre de son petit frère Muhammad, âgé de 7 ans, par un soldat israélien, Ali a été incarcéré pour la première fois par les autorités israéliennes à l’âge de 16 ans, lors d’un raid de l’armée d’occupation au domicile familial. Il est incarcéré pendant un an, sans inculpation ni procès, en détention administrative, avant d’être condamné à quatre ans de prison pour « jets de pierres », une accusation courante portée par Israël contre les enfants palestiniens, dont plus de 450 sont actuellement incarcérés dans ses prisons.
Par la suite, il sera emprisonné à trois reprises, sans jugement ni inculpation pour des périodes de 12, 14 et 9 mois. À chaque fois il a été remis en liberté sans qu’aucune accusation ne lui soit formulée. En 2014, Ali subit un nouvel exil : 66 ans après le départ forcé de sa famille lors de la Nakba de 1948, il est expulsé de son pays par l’État israélien.
Après avoir été accueilli en France avec le statut de réfugié, Ali y a reconstruit sa vie, fondé une famille et occupé différents emplois, et n’a fait l’objet d’aucune condamnation de la part de la justice française.
Le 28 mai 2024, il est arrêté à son domicile et emprisonné en détention provisoire, sur la base d’accusations israéliennes. Or, c’est précisément de cette autorité israélienne que le statut de réfugié en France était censé le protéger.
“Je me sens pris au piège entre exil et emprisonnement, entre des systèmes politiques et juridiques dans lesquels je ne peux faire entendre ma voix”, écrivait il y a quelques mois Ali depuis sa cellule.
Son titre de réfugié lui a été retiré au motif qu’il représenterait une menace pour la sécurité intérieure, alors même qu’il n’a pas été jugé et que le droit français garantit la présomption d’innocence à toute personne.
“Son incarcération est une illustration flagrante de la répression qui touche les réfugié·es palestinien·nes en Europe”, dénonce un communiqué signé par 120 organisations. “Comme lui, de nombreux Palestiniens sont aujourd’hui incarcérés en Italie, en Autriche ou encore en Allemagne pour des accusations émanant de l’État israélien, ou en répression de leur mobilisation contre le génocide en cours de leur peuple”.
Vendredi 22 mai dernier, au Tribunal de Paris, le juge a renouvelé la détention provisoire d’Ali de 6 mois, une décision dont ses avocats ont aussitôt annoncé faire appel. Une centaine de militant·es, élu·es et collectifs étaient venus apporter leur soutien, appelant à rester déterminés pour exiger la libération d’Ali et la fin de la criminalisation des réfugiés palestiniens.
Rassemblement le 30 mai 14h à Paris, place de la république



