Israël « inscrit sur la liste noire de l’ONU » pour des violences sexuelles commises dans des zones de conflit

L’ambassadeur auprès de l’ONU, Danny Danon, qualifie cette décision de « honte morale », tandis qu’Israël suspend ses relations avec le secrétaire général Antonio Guterres. 

Un soldat israélien supervise le transfert d’hommes palestiniens arrêtés lors d’un raid militaire à Jénine, à la frontière avec la Cisjordanie occupée, le 22 janvier 2025 (Gil Cohen-Magen/AFP). 

Par la rédaction de MEE, le 28 mai 2026. 

Israël a été inscrit sur la liste noire des Nations unies qui concerne les violences sexuelles dans les zones de conflit, a déclaré jeudi l’ambassadeur du pays auprès de l’ONU.

Danny Danon a qualifié cette décision de « politique » et de « déconnectée des faits et de la réalité ».

Cette mesure fait suite à de nombreux rapports d’organisations de défense des droits humains et de médias – dont Middle East Eye – documentant des allégations de viols et d’autres formes de violences sexuelles commises par les forces israéliennes à l’encontre de Palestinien·nes depuis octobre 2023. 

Selon le Jerusalem Post, qui a été le premier à rapporter cette inscription, l’Administration pénitentiaire israélienne (IPS) figurera sur la liste noire de 2026, tandis que d’autres organismes israéliens restent sous surveillance en vue d’une éventuelle future inscription.

En réponse, Israël a gelé ses relations avec le bureau du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, selon le Jerusalem Post.

« Le secrétaire général de l’ONU a inscrit Israël sur la même liste noire que le Hamas, Daech et les organisations terroristes les plus dépravées au monde », a déclaré Danon au média.

« C’est une honte morale et l’effondrement total du peu de crédibilité qui restait à l’ONU. » 

Cette liste noire fait partie de l’annexe du rapport annuel du secrétaire général de l’ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits (CRSV). 

Elle recense les parties soupçonnées de manière crédible d’avoir commis des viols ou d’autres formes de violences sexuelles de manière systématique pendant un conflit armé.

Le rapport annuel est en général publié en août, et les parties qui y figurent y restent généralement pendant au moins un an.

Au total, 63 acteurs étatiques et non-étatiques ont été inclus dans la liste de 2025, dont le Hamas.

Depuis octobre 2023, des soldats et des gardiens de prison israéliens font l’objet d’allégations concernant un large éventail d’abus commis à l’encontre de détenu·es palestinien·nes, notamment des viols, des actes de torture, la privation de nourriture et des traitements dégradants.

Violences sexuelles généralisées

Au moins 100 prisonnier·es seraient mort·es en détention dans ces conditions ; près de la moitié d’entre eux sont décédé·es en détention militaire et les autres dans des établissements gérés par l’IPS.

Des dizaines de témoignages de détenu·es libéré·es ont détaillé les mauvais traitements qu’ils auraient subis pendant leur détention en Israël. 

En décembre, deux Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes distinctes ont déclaré à MEE avoir été victimes d’agressions sexuelles violentes.

L’un des détenus a raconté avoir été traîné dans une pièce où, pendant près d’une heure, il a été roué de coups de pied, piétiné, insulté et violé avec un objet alors qu’il avait les yeux bandés.

L’autre a déclaré avoir été violé par des chiens militaires dressés.

L’année dernière, une enquête des Nations unies a accusé Israël d’utiliser la torture sexuelle et le viol comme « une méthode de guerre (…) pour déstabiliser, dominer, opprimer et détruire le peuple palestinien ».

L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem a décrit le système pénitentiaire israélien comme un « réseau de camps de torture » au sein duquel les prisonnier·es étaient soumis·es à « des violences sexuelles répétées », notamment « des violences sexuelles collectives et des agressions commises par un groupe de gardiens de prison ou de soldats ».

Source : Middle East Eye

Traduit par DM pour l’Agence Média Palestine

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