Interdire les armes israéliennes dites « offensives » à Eurosatory : « les armes défensives ça n’existe pas », dénonce BDS

Par l’Agence Média Palestine, le 4 juin 2026

Interdire les armes « offensives » mais autoriser les « armes défensives » israéliennes. Telle est la décision du gouvernement français pour le salon international de l’armement Eurosatory. Les ONG de défense des droits humains et la campagne BDS contestent le principe même de cette distinction et dénoncent la politique macroniste du « en même temps ».

Le gouvernement français a décidé d’interdire l’exposition des armes israéliennes qu’il qualifie d’« offensives » mais autorise les armes qualifiées de « défensives » lors du salon international de l’armement Eurosatory 2026 qui doit se tenir du 15 au 19 juin prochains au Parc des expositions Paris Nord Villepinte. Ainsi, une trentaine d’exposants israéliens de matériel militaire pourront tenir leur stand en région parisienne.

Plusieurs organisations de défense des droits humains et collectifs engagés contre les exportations d’armes vers Israël parmi lesquelles BDS et Stop arming Israël contestent la pertinence même de la distinction entre armes offensives et armes défensives. Après plusieurs mois de controverse autour de la présence israélienne dans les salons d’armement organisés en France, les autorités ont opté pour une position intermédiaire. 

Selon les informations communiquées par les organisateurs et relayées par plusieurs médias, les systèmes relevant notamment de la défense aérienne et antimissile demeurent autorisés, tandis que les armements destinés à des opérations offensives ne peuvent être présentés sur les stands. C’est la politique habituelle du « en même temps », dénoncent les ONG. « Le raisonnement prétendant distinguer les armes “offensives” de celles qui ne le seraient pas reste profondément spécieux », écrit Stop arming Israël dans un communiqué

Le général Charles Beaudoin, président du COGES, société organisatrice du salon, affirme que seront autorisés « uniquement les exposants israéliens qui présenteront des systèmes de défense antibalistique et antiaérienne ». Dans un communiqué, Stop arming Israël considère que l’interdiction des seules armes offensives ne répond pas à la question de fond qui est celle de la présence même des entreprises israéliennes au sein d’un des plus importants salons mondiaux du secteur : « C’est oublier qu’il s’agit là d’entreprises telles que Elbit Systems, Israel Aerospace Industries ou Rafael, qui fournissent l’essentiel du matériel utilisé par Israël dans ses opérations militaires meurtrières. Ces mêmes entreprises qui exportent leurs armes tout autour du monde, tout en bénéficiant de partenariats avec des nombreuses entreprises d’armement françaises. Limiter le matériel qu’elles pourront exposer ne les empêchera pas de profiter d’Eurosatory pour faire du business avec leurs nombreux clients et fournisseurs internationaux, et de profiter de cette publicité pour s’enrichir toujours plus. »

Dans un entretien publié par L’Humanité, Imen Habib, animatrice de la campagne BDS estime qu’il n’existe pas d’armes purement défensives : les équipements militaires doivent être appréhendés dans leur environnement opérationnel global plutôt qu’à travers leur seule fonction technique. « La France doit, en vertu de ses obligations internationales, tout mettre en oeuvre pour prévenir ces actes de génocide, et donc cesser d’alimenter l’économie et la logistique de la machine de guerre israélienne contre le peuple palestinien. Elle doit cesser tout commerce, transfert et livraison d’équipements militaires et composants à double-usage vers Israël », exige BDS dans un communiqué.

Cette critique repose sur l’idée qu’un système d’armement n’agit jamais isolément. Les radars, systèmes de surveillance, logiciels de commandement, dispositifs de ciblage ou batteries antimissiles participent à des architectures militaires intégrées. Leur contribution à une opération dépend de l’ensemble du dispositif dans lequel ils sont déployés. Dans cette mesure, de nombreux spécialistes soulignent que la frontière entre armes offensives et armes défensives demeure floue. Un même équipement peut en effet être employé dans des contextes différents. Des technologies de renseignement, de surveillance ou de commandement peuvent aussi bien servir à protéger un territoire qu’à préparer une opération militaire offensive.

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