« Toute ma famille est soit morte, soit blessée » : un immeuble endommagé par les bombardements israéliens s’effondre à Gaza

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 16 au 22 septembre 2026

Par l’Agence Média Palestine, le 22 septembre 2026



Un immeuble de la ville de Gaza s’est effondré mercredi 16 septembre, causant la mort d’au moins 21 personnes et en blessant d’autres, avec des dizaines de personnes encore ensevelies sous les décombres.

« Toute ma famille est soit morte, soit blessée. »

« L’immeuble qui s’est effondré, composé de six étages avec quatre appartements résidentiels par étage, avait été directement pris pour cible pendant la guerre génocidaire, ce qui a affaibli son intégrité structurelle et a finalement provoqué son effondrement », a déclaré le Bureau des médias du gouvernement de Gaza, ajoutant qu’il tenait « l’occupation israélienne et la communauté internationale pour pleinement et directement responsables » de ce tragique événement.

Une centaine de personnes, dont la moitié d’enfants, vivaient dans cet immeuble délabré, faute de meilleure solution. En effet, alors que plus de 371 888 logements ont été détruits ou endommagés par les bombardements israéliens au cours des trois années écoulées, et que l’armée israélienne occupe plus de 60% de l’enclave, les Gazaoui-es n’ont que peu d’options pour s’abriter.

« Un ami de mon père lui a dit qu’il y avait un appartement inoccupé au troisième étage. Il était très endommagé, mais ma famille voulait quitter la tente et échapper à ces conditions de vie difficiles », raconte Hayat al-Ajlah, une survivante, sur Al Jazzera. Elle ajoute que nombreux membres de sa famille élargie se trouvaient dans l’immeuble lorsque la tragédie a frappé, car ils se préparaient pour une fête : un mariage familial prévu la semaine prochaine. « Nous ne nous attendions pas du tout à cette tragédie. Toute ma famille est soit morte, soit blessée. »

Cet effondrement intervient alors que des alertes ont été lancées concernant plus de 2 000 bâtiments endommagés dans toute la bande de Gaza qui risquent de s’effondrer, dont beaucoup abritent des Palestinien-nes déplacé-nes. Les équipes de secours ont mis en garde contre les dangers que représentent ces structures endommagées pour les résident-es, dangers aggravés par le manque d’équipements spécialisés nécessaires aux opérations de sauvetage.

Prévenir l’hiver et l’aggravation des conditions de vie

Les personnels de secours et équipes humanitaires alertent sur l’aggravation à prévoir de ces risques avec l’arrivée de l’hiver, les vents violents, pluies et inondations menaçant encore davantage les constructions fragilisées par la guerre génocidaire israélienne. 

À l’approche de la saison des pluies, les partenaires humanitaires encouragent les habitant-es à quitter volontairement les bâtiments endommagés et les zones inondables. Cependant, les restrictions imposées à l’entrée des fournitures humanitaires, notamment les tentes, les bâches et d’autres articles essentiels, continuent d’entraver les efforts d’intervention. L’hiver dernier, selon l’UNICEF, au moins 11 enfants de la bande de Gaza, dont des nourrissons, sont mort-es d’hypothermie.

Mais la météo n’est qu’un facteur agravant de conditions de vies impossibles sciemment imposées par Israël aux Palestinien-nes de la bande de Gaza assiégée. Les pénuries d’huile moteur, de pneus et de pièces détachées pour les véhicules, et notamment les ambulances, ont entraîné la suspension des services de transport du personnel, conduisant le ministère de la Santé et ses partenaires à annoncer qu’ils passeraient à des modalités de fonctionnement d’urgence à compter du 16 septembre, en donnant la priorité aux services vitaux et d’urgence tout en réduisant les activités de soins de santé de routine.

Le siège et les bombardements israéliens ont également engendré une crise des déchets catastrophique. La semaine dernière, le site de décharge temporaire d’Al Berka 2, à Deir al-Balah, a atteint environ 170 % de sa capacité, tandis que le site de décharge temporaire d’Al Shallal, à Nuseirat, a cessé ses activités après avoir atteint sa pleine capacité, faisant peser le risque d’une accumulation rapide de déchets solides dans le centre de Gaza, polluant les sols et les eaux et multipliant les vecteurs de maladies qui menacent les conditions de santé publique déjà fragiles.

Dans ces conditions, les maladies infectieuses se répandent rapidement. Dans son dernier rapport, l’OCHA alerte sur une explosion des cas d’impétigo, une infection cutanée bactérienne très contagieuse touchant principalement les jeunes enfants, avec un total de 45 190 cas signalés entre le 2 août et le 12 septembre. Un nouveau cas de paralysie flasque aiguë, un syndrome souvent lié à la polio, a été signalé, portant le total cumulé à 21 en 2026.

De nouvelles attaques israéliennes meurtrières

Si ces conditions de vies dramatiques sont dangereuses pour les Palestinien-nes, le danger principal auquel il et elle restent confronté-es presque quotidiennement sont les attaques aériennes, terrestres et maritimes de l’armée israélienne. Cette semaine encore, les soldat-es israélien-nes ont assassiné et blessé 

Mardi 15 septembre en fin de journée, une « double-frappe » israélienne a causé la mort de deux Palestiniens : le secouriste Sharif Shadi Labad, et Mohammad Abdul Zinati, un écolier de 15 ans qui rentrait de l’école lors de la première frappe et a accouru pour venir en aide au blessé. Ces « doubles-frappes » ont été largement dénoncées comme une stratégie israélienne destinée à cibler, lors d’une seconde frappe sur un même site à quelques minutes d’intervalle, les secouristes, journalistes et civils précipité-es sur les lieux.

L’agence Wafa rapporte, mercredi 16 septembre, une série d’attaques israéliennes qui ont coûté la vie à deux Palestiniens, dans le quartier de Tuffah à Gaza, a assassiné un Palestinien et dans la zone d’al-Jawazat, à l’ouest de la ville de Gaza. Une autre frappe a visé l’entrée ouest de la ville d’Al-Zawaida, dans le centre de Gaza, blessant grièvement un Palestinien. Une autre encore a blessé plusieurs Palestiniens, dont des enfants, frappé-es dans leur d’Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Yunis.

Wafa rapporte également le meurtre par Israël, jeudi 17 septembre, de Muhammad Nasser al-Bayouk, tué lors d’une frappe de drone ciblant la zone d’al-Maslakh, au sud de Khan Younis. Un autre Palestinien a également été blessé par des tirs de l’armée israélienne au nord de la ville de Hamad, au nord-ouest de Khan Younis, tandis que l’artillerie israélienne reprenait ses bombardements sur les quartiers est de la ville de Gaza.

Vendredi 18 septembre, une frappe aérienne israélienne visant une moto a tué un Palestinien et en a blessé plusieurs autres, dont un enfant dont l’état est critique, selon les médias palestiniens. L’armée israélienne a également ouvert le feu dans les camps de réfugiés de Nuseirat et d’al-Bureij, situés au centre de la bande de Gaza. Ces attaques contre des tentes abritant des personnes déplacées ont fait plusieurs blessé-es.

Au moins quatre Palestinien-nes, dont un enfant, fils du responsable de la santé de Gaza, ont été tués samedi 19 septembre lors d’une vague d’attaques israéliennes menées dans toute la bande de Gaza, et notamment le quartier de Shujayea et sur le quartier du marché de Sheikh Radwan, dans la ville de Gaza, et à Jabalia, dans le nord de l’enclave.

Dimanche 20 septembre, une femme a été grièvement blessée par des tirs de soldat-es israéliens aux abords de Jabalia al-Balad. Une fillette a également été touchée à la cuisse à l’ouest du camp de réfugiés de Halawa, tandis qu’un garçon a été blessé par des tirs de drone israélien à l’est du camp de réfugiés d’Al-Bureij, dans le centre de Gaza. Des navires de la marine d’occupation israélienne ont également ouvert le feu sur des pêcheurs près du littoral, dans la région d’Al-Zahra, au centre de Gaza.

Au moins quatre Palestinien-nes ont été tués lors d’attaques israéliennes menées dans toute la bande de Gaza lundi 21 septembre, dont un garçon de 11 ans. Des responsables de l’hôpital Nasser, situé dans la ville de Khan Younis, au sud de la bande de Gaza, ont déclaré que le corps de l’enfant, Ismail al-Bardawil, avait été amené à l’hôpital après que des chars israéliens ont ouvert le feu sur des tentes abritant des personnes déplacées dans la zone d’al-Mawasi.

Une femme a été tuée lors d’une autre attaque israélienne près de Deir el-Balah, au centre de la bande de Gaza. Selon Al Jazeera, il s’agissait d’une mère de 31 ans, qui a été touchée à la tête par des tirs de chars israéliens dans le camp de réfugiés de Bureij. Des responsables de l’hôpital al-Shifa de la ville de Gaza ont déclaré qu’un autre homme, Mohsen Ahmed Bahjat, est décédé après avoir été touché à la tête par un tir de drone à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. Quelques heures plus tard, un Palestinien a été tué par un drone israélien dans le centre-ville de Khan Younis.

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