Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 30 septembre au 6 octobre 2026
Par l’Agence Média Palestine, le 6 octobre 2026

Cette semaine encore, et depuis maintenant 3 ans, Israël a poursuivi son génocide à Gaza, multipliant les attaques meurtrières et les restrictions arbitraires, confinant la population palestinienne dans un territoire toujours plus restreint et vulnérable.
Les funérailles de 105 corps retrouvés sous les décombres
Jeudi 1er octobre s’est tenu un enterrement géant, commémorant la vie et la mort de 105 Palestiniens et Palestiniennes, retrouvé-es sous les décombres d’immeubles résidentiels détruits dans le quartier d’Al-Yarmouk, à Gaza.
Des centaines de personnes, familles des victimes et habitant-es du quartier, ont récité des prières funéraires au-dessus des dépouilles enveloppées dans des drapeaux palestiniens, avant leur transfert au cimetière des martyrs, situé dans le quartier de Cheikh Radwan, au nord-ouest de la ville de Gaza, où elles ont été inhumées. La veille, les familles avaient organisé une cérémonie d’adieu pour les dépouilles sur le site même où elles avaient trouvé la mort, à Al-Yarmouk, allumant des bougies pour pleurer leurs proches.
Il s’agit là de la fin d’une opération de fouille, qui aura duré 20 jours, sous les décombres de 16 immeubles d’habitation du quartier d’Al-Taj, comprenant un total de 138 appartements, pris pour cible le 25 octobre 2023 par l’armée israélienne. On estime que 450 Palestinien-nes ont été tué-es lors de cette attaque, parmi lesquel-les des enfants et des personnes âgées. Parmi les dépouilles retrouvées, les secouristes dénombrent 37 enfants et 38 femmes. Ils et elles affirment que d’autres victimes restent probablement ensevelies sous les décombres.
On estime que plus de 8 000 corps sont encore prisonniers sous les décombres des bâtiments détruits dans toute la bande de Gaza, et les équipes de secours à Gaza dénoncent le manque cruel d’outils et d’engins lourds en raison du blocus israélien. Elles déclarent devoir procéder à une grande partie de leur travail manuellement, et exigent l’entrée urgente dans l’enclave de 10 pelles mécaniques, de 30 bulldozers et de 100 chargeuses lourdes pour déblayer les décombres et récupérer les dépouilles le plus rapidement possible.
Les restrictions arbitraires du siège illégal d’Israël
Outre ces engins nécessaires aux fouilles des bâtiments, à la consolidation et à la reconstruction, Israël bloque l’entrée dans l’enclave de fournitures essentielles et d’aide humanitaire, malgré ses obligations en regard de l’accord de « cessez-le-feu » officiellement en vigueur.
L’interdiction ou la restriction à l’entrée de nombreux articles, les classant comme des biens «à double usage» susceptibles d’être utilisés à des fins militaires, est un dispositif mis en place par Israël depuis 2007 et l’instauration de son blocus illégal sur l’enclave palestinienne. Parmi ces articles figurent des matériaux de construction, des pompes à eau et d’assainissement, du matériel électrique, des générateurs, du matériel médical, des fauteuils roulants, des béquilles et d’autres articles nécessaires à la vie civile de base.
« Un camion rempli de fournitures non prioritaires ou les bonnes fournitures arrivant trop tard ne sauvent pas de vies », a alerté samedi 3 octobre Reinhilde Van De Weerdt, représentante de l’OMS en Palestine, appelant les autorités israéliennes à « lever les restrictions sur les fournitures médicales », affirmant que les médicaments essentiels « ne devraient pas être considérés comme des biens à double usage, car il s’agit de normes mondialement reconnues concernant des articles médicaux dont tout le monde a besoin, partout, pour faire fonctionner un hôpital ou une clinique ».
Elle a ajouté qu’un envoi de prothèses et d’appareils fonctionnels avait été refusé à quatre reprises au cours des six derniers mois. « Chaque refus signifie un nouveau retard pour une personne qui a déjà perdu un membre et qui attend simplement de pouvoir remarcher », a-t-elle déclaré.
« Notre demande est simple et n’a pas changé : nous avons besoin d’une entrée sans entrave et prévisible de fournitures humanitaires et sanitaires à grande échelle à Gaza. Nous avons également besoin d’un modèle multi-points de passage afin que l’aide ne soit pas contrainte de s’écouler au compte-gouttes par un nombre limité de points de passage. »
3 ans de génocide
« En trois ans d’une guerre génocidaire, Israël a méthodiquement détruit les conditions de vie des Palestinien-nes à Gaza », alerte pour sa part Médecins sans frontières (MSF) dans un communiqué. L’organisation humanitaire dénonce « un cessez-le-feu en trompe-l’œil » qui n’a pas mis fin aux attaques israéliennes.
Israël poursuit son avancée militaire sur la bande de Gaza, occupant désormais plus de 65 % du territoire et confinant les Palestinien-nes dans un espace toujours plus restreint. « La “ligne jaune” ne peut pas être considérée comme un simple trait sur une carte », dénonce Amande Bazerolle, responsable des urgences de MSF à Gaza. « Elle est devenue un mécanisme d’encerclement et de nettoyage ethnique, qui coupe les populations des infrastructures, des soins de santé, de l’eau et des autres ressources essentielles dont elles ont besoin pour survivre. »
MSF indique avoir pris en charge, rien qu’en juin et en juillet et malgré le prétendu cessez-le-feu, plus de 1 200 cas de traumatismes liés aux violences à travers Gaza, « notamment des blessures causées par des explosions, des brûlures, des blessures par balle ou résultant d’agressions physiques. »
Le nombre de Palestinien-nes assassiné-es par Israël depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu a atteint aujourd’hui 1 462, selon le gouvernement de Gaza, pour un bilan total 74 245 Palestinien-nes assassiné-es à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
Jour après jour
L’armée israélienne a assassiné 8 Palestinien-nes mercredi 30 septembre, dans une série de frappes meurtrières sur l’ensemble de l’enclave assiégée. 6 d’entre elles et eux se déplaçaient dans un mini-bus civil lorsqu’une frappe israélienne les a tué-es, au sud-ouest de la ville de Gaza. La Société du Croissant-Rouge palestinien, signale que ses équipes avaient transporté 13 blessé-es, dont certain-es gravement, à l’hôpital al-Quds. L’agence de presse palestinienne Wafa rapporte qu’une attaque israélienne contre un immeuble résidentiel situé près de l’hôpital al-Shifa, dans la ville de Gaza, a fait au moins une victime. Enfin, le bureau des médias de Gaza a rapporté ce jour le meurtre par Israël du journaliste Muhammad Abdel Aziz al-Najjar, portant à 263 le nombre de professionnels de la presse assassiné-es par Israël depuis octobre 2023.
Jeudi 1er octobre, l’armée israélienne a mené une frappe de drone contre une tente abritant des Palestiniens déplacés au carrefour d’Al-Iqlimi, à Al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, et tué un homme, Tamer Al-Hamida, âgé de 42 ans. Plusieurs autres personnes ont été blessées. Un autre Palestinien a succombé des suites de blessures subies mardi lors d’une frappe israélienne par drone qui visait un rassemblement de Palestiniens dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de Gaza, selon le personnel médical du complexe médical Nasser.
L’agence Wafa rapporte deux meurtres, le lendemain vendredi 2 octobre, au cours de deux frappes de drone distinctes dans la ville de Gaza. La première aurait visé le toit d’un immeuble près du stade de la ville, tuant un homme identifié comme Ahmad Al-Ramlawi, et la seconde aurait visé un groupe de personnes dans une rue de la ville, tuant un homme qui n’a pas été identifié. Ces attaques ont également causé des blessés. Des sources locales rapportent également qu’une femme âgée et un jeune homme ont été blessés dans le quartier de Hamad City après que des véhicules militaires israéliens ont ouvert un feu nourri. Par ailleurs, une jeune fille, Sahar Al-Shawaf, a également été blessée par des tirs israéliens visant des tentes situées à l’est de Hamad City, au nord de Khan Younis. Enfin, les équipes de la défense civile ont déclaré avoir récupéré la dépouille de Tamer Al-Hamida, un Palestinien tué la nuit précédente par un drone israélien dans la région d’Al-Iqlimi, au sud de la bande de Gaza.
Une frappe aérienne israélienne sur un immeuble résidentiel dans l’ouest de la ville de Gaza a fait au moins cinq morts et plusieurs blessés graves samedi 3 octobre. La frappe a touché l’immeuble al-Asala, dans le quartier très densément peuplé de Remal, alors que les habitant-es dormaient aux premières heures du jour. Elle s’est produite sans avertissement préalable. L’attaque a transpercé l’appartement visé et ravagé les étages inférieurs, rapporte Al Jazeera, et déclenché des incendies qui ont fait rage pendant au moins une heure avant que les équipes de la défense civile palestinienne ne parviennent à les éteindre. 3 autres palestinien-nes dont une enfant ont été tué-es dans des frappes israéliennes, et au moins dix autres personnes blessées. L’agence Wafa rapporte que Suha Mohammed Nasser, âgée de six ans, a succombé à ses blessures après avoir été touchée par des tirs des forces israéliennes à l’intérieur de la tente où sa famille s’était réfugiée à Wadi al-Salqa, au sud de Deir al-Balah. Par ailleurs, un jeune Palestinien, Saqr al-Qaisi, a été tué lorsqu’un drone israélien a frappé un véhicule à proximité du quartier d’al-Hawouz, également à Deir al-Balah. Plus tard dans la journée, un homme a été assassiné, et plusieurs personnes blessées, par une frappe de drone israélien au nord de l’enclave palestinienne, à Beit Lahia.
L’agence Wafa rapporte une frappe israélienne meurtrière dimanche 4 octobre au nord-ouest de Khan Younis, qui a assassiné un homme palestinien et blessé gravement un autre.
Une personne a été tuée et d’autres ont été blessées, dont un dans un état critique, lundi 5 octobre lors d’une frappe menée par un drone de l’armée d’occupation israélienne dans la région d’Al-Mawasi, au sud-ouest de la ville de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza. Cinq Palestinien-nes, dont deux enfants, ont été blessé-es à la suite de tirs et de bombardements israéliens visant différentes zones de la bande de Gaza.
Ce matin, mardi 6 octobre, l’agence Wafa rapporte qu’un Palestinien a été tué lors d’une frappe menée par un drone de l’armée d’occupation près du parc municipal, dans le centre-ville de Gaza. Ces mêmes sources ajoutent qu’un groupe de civils a été blessé après qu’un vélo a été pris pour cible rue Al-Wahda, à l’ouest de la ville. Par ailleurs, deux civils ont été blessés par des tirs de l’armée israélienne : l’un dans le quartier d’Al-Karama, au nord-ouest de la ville de Gaza, et l’autre par des tirs provenant de véhicules militaires dans la zone dite « Well 19 », au sud d’Al-Mawasi à Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza.
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