Les forces israéliennes mènent des raids contre des ONG palestiniennes et un hôpital en Cisjordanie occupée

Point hebdomadaire sur la situation en Cisjordanie occupée : semaine du 6 au 13 octobre 2026

Par l’Agence Média Palestine, le 13 octobre 2026



Depuis ce matin, mardi 13 octobre, les forces israéliennes mènent des raids dans les locaux de plusieurs ONGs palestiniennes de défense des droits humains à Ramallah et Al-Bireh.

Les forces israéliennes ont notamment perquisitionné les locaux de l’Union des comités de femmes palestiniennes et de l’Association Addameer pour le soutien aux prisonniers et les droits humains, dans la ville de Ramallah. Des snipers israéliens ont également été déployés autour des entrées du Complexe médical palestinien de la ville, a rapporté l’agence de presse officielle palestinienne Wafa. Cet hôpital est le plus grand établissement médical public de la Cisjordanie occupée.

Les forces d’occupation auraient également pris d’assaut le rond-point du Conseil législatif, dans le centre de Ramallah, tirant à balles réelles, des balles en métal recouvertes de caoutchouc et des grenades lacrymogènes toxiques, tout en prenant pour cible les journalistes présents dans la zone. Selon les médias locaux, Firas Lutfi, journaliste chez Sky News Arabia, aurait été blessé à la jambe par des éclats d’obus après avoir été directement touché par une grenade lacrymogène.

L’agence Wafa ajoute qu’une unité de l’armée israélienne, accompagnée de deux dépanneuses, est entrée dans la ville d’Al-Bireh, dans le quartier d’Al-Tireh et dans la localité de Sarda au nord de Ramallah, pour patrouiller dans les rues à bord de leurs véhicules.

Selon le ministère de la Santé, un enfant de 14 ans a été touché par une balle réelle à la cuisse, et des dizaines de citoyens ont souffert d’inhalation de gaz lacrymogène au cours de ces raids, qui sont toujours en cours. Un jeune homme a également été touché par une balle réelle et a été grièvement blessé.

Les colons israéliens s’organisent pour terroriser les agriculteur-ices palestinien-nes

Tout au long de cette semaine encore, la récolte des olives a été le théâtre d’agressions brutales et coordonnées des colons israéliens, souvent accompagnés voire soutenus par l’armée israélienne. La Commission palestinienne de résistance à la colonisation et au mur a recensé 19 attaques de colons rien que pour la journée de vendredi, 12 autres samedi, 18 supplémentaires dimanche et 14 encore hier, lundi 12 octobre. Les colons et les soldat-es ont détruit environ 50 000 arbres depuis le début de l’année.

Pour la Commission, ces attaques répétées ont pour but de créer « un climat de coercition visant à empêcher les Palestinien-nes de tirer profit de leurs terres et à les pousser à les abandonner ». Ces agressions se poursuivent en dépit d’initiatives telles que la « Campagne de la récolte des olives 2026 » lancée par le ministère de l’Agriculture, et le soutien des militant-es internationales-aux de la campagne Zaytoun 2026.

Parmi les attaques les plus violentes figure celle survenue mercredi 7 octobre dernier, à proximité du village de Burqa au nord-ouest de Naplouse. Les colons ont tué un homme de 44 ans, Ali Hassan Yasser al-Bazzari, et blessé 16 autres personnes. Les témoins rapportent que les colons et soldat-es israélien-nes ont ouvert le feu sur des cueilleurs d’olives dans des terres agricoles. La Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) ajoute que les forces israéliennes s’en sont également prises aux équipes d’ambulanciers qui tentaient de secourir les blessé-es, et ont brièvement détenu trois ambulanciers et un bénévole. Le ministère palestinien des Affaires étrangères a condamné ces attaques, les qualifiant de « crimes de guerre ».

Parmi les nombreux autres faits rapportés, des colons ont volé les olives d’un agriculteur avant de raser au bulldozer plus de 50 de ses oliviers à Qusra, tandis qu’à Birin, des colons de l’avant-poste d’Adorim, récemment établi, ont lâché un chien sur une femme de 79 ans qui récoltait à proximité. Elle a dû être hospitalisée. Des colons de la même colonie ont coupé l’électricité à une vingtaine de foyers à plusieurs reprises au cours de la semaine. À Deir Abu Mash’al, une récolte de solidarité organisée par la Commission de résistance à la colonisation et au mur a déclenché une attaque de colons dans la zone B, qui a fait huit blessés, dont un photojournaliste touché à la cuisse.

Ces agressions ne sont pas spontanées mais largement coordonnées et participent d’une politique globale d’intimidation, dénoncent les agriculteur-ices et leurs soutiens. Certaines de ces attaques sont organisées et planifiées sur des groupes Whatsapp, comme l’une d’elle planifiée hier matin sous le slogan « Arrêtez la récolte », où des colons se sont donné rendez-vous à proximité de la colonie illégale de Gush Etzion, au sud de Jérusalem, pour aller perturber le travail agricole des Palestinien-nes sur leurs propres terres.

Itamar Ben-Gvir supervise la démolition d’un immeuble résidentiel à Jérusalem-Est occupée

Parallèlement à ces attaques coordonnées, l’administration et les forces israéliennes procèdent à des évacuations et démolitions des maisons palestiniennes. Selon un rapport de l’OCHA publié le mois dernier, les autorités israéliennes ont démoli 86 constructions palestiniennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, rien qu’entre le 15 et le 21 septembre. Ces démolitions ont entraîné le déplacement de 147 Palestiniens, dont 73 enfants. 

13 de ces personnes déplacées se trouvaient à Jérusalem-Est occupée, où Israël a procédé à 427 démolitions entre janvier et fin septembre 2026. Mardi dernier, le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir en personne a supervisé l’une de ces démolitions, qui a elle-même laissé sans abris près de 70 personnes dont de nombreux enfants.

Les résident-es expulsé-es racontent avoir été réveillé-es vers 3 heures du matin, alors que des bulldozers étaient en train d’encercler le bâtiment. Des soldat-es ont alors fait irruption dans les appartements, enfonçant les portes sans frapper, et ont expulsé de force les habitant-es, qui n’ont pas pu récupérer leurs effets personnels.

Le ministre en campagne est arrivé sur les lieux, encadré par des policier-es lourdement armé-es, pendant que la démolition avait lieu. Il est monté dans un bulldozer et a filmé une vidéo depuis l’intérieur de celui-ci, avant de la publier sur son compte X accompagnée du message : « Les bulldozers du pouvoir ne s’arrêtent jamais, pas même un instant. C’est comme ça que ça marche. »

L’occupation puis l’annexion de Jérusalem-Est par Israël ne sont pas reconnues par le droit international. La quatrième Convention de Genève interdit à une puissance occupante d’apporter des modifications permanentes au territoire occupé, sauf si cela est nécessaire pour des raisons militaires ou humanitaires.




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