La Commission indépendante de l’ONU accuse Israël de poursuivre son génocide à Gaza tout en commettant des crimes contre l’humanité, dont ceux d’extermination, de torture et de viols en Cisjordanie occupée.
Par l’Agence Média Palestine, le 27 octobre 2026

Israël s’est rendu coupable de crimes contre l’humanité, et notamment de celui d’« extermination », en Cisjordanie occupée, déclare une commission d’enquête missionnée par l’ONU.
Alors que cette semaine est marquée par une nouvelle escalade de violences commises à l’encontre des Palestinien-nes de Cisjordanie, la Commission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le territoire palestinien occupé a déclaré hier, lundi 26 octobre que le gouvernement israélien et ses forces armées étaient également responsables d’autres crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis sur le territoire palestinien, notamment des actes de torture, des viols et d’autres formes de violences sexuelles.
Génocide et crimes contre l’humanité
La Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et Israël est mandaté par l’ONU depuis mai 2021 pour enquêter « sur toutes les violations présumées du droit international humanitaire et sur toutes les violations et tous les abus présumés du droit international des droits de l’homme » dans ce territoire, avec une attention particulière sur « les causes profondes sous-jacentes des tensions récurrentes, de l’instabilité et de la prolongation du conflit, y compris la discrimination et la répression systématiques fondées sur l’identité nationale, ethnique, raciale ou religieuse ».
Son ancienne présidente Navi Pillay, désignée depuis par le prix Nobel pour la Paix, avait publié au sein de la Commission un rapport accusant Israël de « génocide » à Gaza et condamnant l’inaction internationale. Dans ce nouveau rapport, les enquêteur-ices affirment que les autorités et forces de sécurités israéliennes « continuent de mener un génocide à Gaza » et dénoncent une « détérioration drastique » en Cisjordanie occupée.
La Commission souligne une nette augmentation des assassinats de Palestinien-nes par des frappes militaires israéliennes (6 Palestinien-nes tué-es par des frappes aériennes israéliennes en Cisjordanie entre 2008 et octobre 2023, puis 254 en moins de trois ans). Elle pointe aussi la torture, les violences liées à la santé reproductive, le viol et d’autres formes de violences sexuelles pratiquée de manière systémique par Israël à l’encontre des Palestinien-nes dans le but de déplacer, d’asservir et de déstabiliser. Elle insiste sur les graves préjudices physiques et psychologiques à des enfants en Cisjordanie, comme à Gaza, commettant ainsi des persécutions fondées sur l’âge à l’encontre d’enfants palestinien-nes.
Le rapport pointe également la passivité voir l’encouragement par les autorités et forces de sécurité israéliennes face aux violence perpétrées par les habitant-es des colonies illégales de Cisjordanie à l’encontre des Palestinien-nes. Selon les enquêteur-icess, les autorités israéliennes ne font pas que tolérer les violences des colons : elles tendent au contraire à les intégrer aux opérations militaires dans une attaque coordonnée contre les Palestinien-nes.
Causes profondes
« Les opérations militaires israéliennes, associées à la violence persistante des colons, s’inscrivent dans le cadre d’une attaque généralisée et systématique contre la population civile en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023. En conséquence, la Commission conclut que les autorités et les forces israéliennes se sont rendues coupables de crimes contre l’humanité, notamment d’extermination, de torture, de viol et d’autres formes de violence sexuelle en Cisjordanie, ainsi que de persécution fondée sur des motifs discriminatoires croisés, dont la nationalité, la race et l’origine ethnique constituent les principaux éléments », peut-on lire en conclusion du rapport.
Pour les auteur-ices du rapport, l’escalade militaire en Cisjordanie est constitutive d’une volonté israélienne de chasser les Palestinien-nes de leurs terre afin de s’en emparer. Depuis janvier 2025, les opérations militaires israéliennes ont provoqué le plus important déplacement de Palestiniens en Cisjordanie depuis la guerre de 1967. En août 2026, 34 176 personnes demeuraient déplacées, selon la commission.
Le rapport souligne que cette volonté expansionniste et coloniale s’inscrit dans une histoire longue et rappelle qu’Israël s’est efforcé, depuis la guerre de 1947-1948, d’étendre son territoire et de déplacer les Palestinien-nes par la violence.
« La volonté de s’emparer d’un maximum de terres tout en réduisant au minimum la population palestinienne en termes de taille, d’autonomie et de viabilité découle des politiques colonisatrices d’Israël et trouve ses racines dans des pratiques et des schémas d’action historiques, ce qui se traduit par un recours excessif et discriminatoire à la force meurtrière, provoquant le déplacement, les blessures et la mort de Palestinien-nes depuis des générations », a déclaré Srinivasan Muralidhar, président de la Commission. « Tenter d’assimiler la création d’un État palestinien à une menace pour l’existence d’Israël revient à bloquer toute tentative viable de concrétiser le droit des Palestiniens à l’autodétermination. »
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