image_pdfimage_print

Ali Abunimah, The Electronic Intifada, 23 octobre 2019

Près de 80 % des Démocrates qui sont au courant du mouvement de boycott d’Israël disent qu’il est légitime, selon un nouveau sondage. (Nedal Eshtayah / APA images)

Les Américains rejettent massivement les lois conçues pour pénaliser ceux qui soutiennent BDS – le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions pour les droits des Palestiniens – selon un nouveau sondage.

Plus de 70 % des auteurs des réponses s’opposent aux lois qui ciblent le militantisme pro-BDS comme une infraction au droit constitutionnel à la liberté d’expression.

Cette opposition s’élève à 80 % chez les Démocrates, mais est encore remarquablement élevée parmi les Républicains, à 62 %.

Encouragés par Israël et ses lobbys, 27 Etats américains ont adopté des lois anti-BDS.

Des mesures similaires en attente au Congrès se retrouvent face à une forte opposition de la part de groupes de défense des libertés civiques.

Le sondage de l’université du Maryland sur les Questions Critiques a demandé en septembre à un échantillon représentatif de plus de 3.000 Américains quelle était leur position sur les questions concernant le Moyen Orient.

La moitié environ de ceux qui ont répondu avaient entendu parler de BDS.

Parmi eux, 26 % soutiennent BDS. Un autre groupe de 26 % ni ne le soutiennent, ni ne s’y opposent.

Cependant, 47 % – un peu moins de la moitié – disent qu’ils s’opposent à BDS.

A la suite de récentes tendances, il y a une forte polarisation liée aux partis : simplement 8 % des Républicains soutiennent BDS face aux 48 % des Démocrates.

Simplement 15 % des Démocrates s’opposent à BDS, d’après le sondage.

Confirmant que le message du boycott touche la base progressiste du parti, 77 % des Démocrates qui ont entendu parler du mouvement sont d’accord pour dire que BDS « est un moyen légitime et pacifique de s’opposer à l’occupation israélienne des territoires palestiniens ».

19 % seulement des Démocrates ont été d’accord avec la déclaration – typique des prétentions israéliennes – qui dit que BDS est une « organisation anti-israélienne qui essaie d’affaiblir Israël et de saper sa légitimité » et que certains de ses supporters sont antisémites.

Les positions sont inversées chez les Républicains, avec simplement 13 % d’accord pour dire que BDS est légitime et 85 % le voyant comme « anti-israélien ».

Ce sondage confirme de très anciennes tendances selon lesquelles le soutien aux droits des Palestiniens gagne de la force à la base du Parti Démocrate.

C’est ce qui se passe dans la campagne en cours pour les primaires.

La sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar – à qui le sondage donne entre un et deux pour cent – a été confrontée à des critiques acerbes de la part de progressistes pour avoir appelé Israël « un flambeau de la démocratie » au cours du débat télévisé de la semaine dernière.

Une louange aussi inconditionnelle d’Israël était, jusqu’à ces dernières années, le tarif normal pour les politiciens ambitieux de l’un et l’autre principaux partis.

Mais les principaux Démocrates mettent le cap dans l’autre direction.

La sénatrice Elizabeth Warren a dit pour la première fois cette semaine que réduire l’aide à Israël serait « à l’ordre du jour » si Israël ne cessait pas de construire des colonies sur la terre palestinienne occupée – ce qui est un crime de guerre.

Pendant des années, Warren a rechigné à prendre quelque engagement que ce soit pour tenir Israël pour responsable.

Pete Buttigieg, le maire de South Bend, Indiana, n’est pas allé aussi loin.

Répondant à une question au cours du week-end à l’université de Chicago, il a dit : « Je pense que l’aide est un levier pour conduire Israël dans la bonne direction. »

Mais il a laissé entendre que, en tant que président, il réduirait simplement l’aide si Israël maintenait sa décision d’annexer officiellement les colonies.

Jusqu’à cette semaine, le sénateur du Vermont, Bernie Sanders, a été le seul candidat important à l’investiture démocrate à déclarer clairement qu’il supprimerait l’aide militaire à Israël.

L’ancien sénateur Mike Gravel, qui s’est retiré de la course en août, s’était engagé à mettre fin à l’aide militaire à Israël.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada