Israël a encore intensifié ses bombardements cette semaine, rappelant les heures les plus sombres du génocide en cours depuis 976 jours dans l’enclave palestinienne.

Par l’Agence Média Palestine, le 9 juin 2026.
Les forces israéliennes ont tué au moins 119 Palestinien-nes dans la bande de Gaza au mois de mai, soit le bilan mensuel le plus élevé enregistré cette année, a rapporté le ministère palestinien de la Santé. Cette hausse du nombre de victimes intervient alors qu’Israël intensifie ses bombardements sur l’enclave, près de huit mois après l’entrée en vigueur d’un “cessez-le-feu” jamais réellement implanté.
Outre ces meurtres, l’armée israélienne poursuit son invasion progressive des territoires en avançant les marqueurs de sa “ligne jaune”, détruisant bâtiments et habitations sur son passage. Israël continue également de faire planer le spectre de la famine sur la population, en maintenant son siège illégal de l’enclave et en fermant à sa guise les rares points de passage.
Multiplication des attaques meurtrières à Gaza
“Nous assistons à des frappes nocturnes, à des attaques de drones, à la fermeture persistante des points de passage pour les personnes souhaitant quitter Gaza pour une évacuation médicale ou pour recevoir de l’aide humanitaire”, rapporte le journaliste gazaoui Hani Mahmoud. “Il suffit de passer quelques heures ici… pour constater facilement les incidents répétés qui entraînent des blessés, des morts, des déplacements forcés et un climat omniprésent de peur et de panique.”
Le nombre de victimes palestiniennes des massacres commis par Israëlcontinue d’augmenter, faisant craindre un retour aux heures les plus violentes du génocide. Plusieurs attaques causant des dizaines de morts ont eu lieu cette semaine, semant la panique et le désespoir chez les habitant-es.
Dans la nuit du 3 au 4 juin, une attaque aérienne israélienne a tué au moins 9 personnes dans l’ouest et le sud de la ville de Gaza, dans une série de frappes qui ont visé au moins quatre immeubles d’habitation, alors que les habitant-es dormaient.
Cinq membres de la famille Lubbad, un père, une mère et leurs trois enfants, ont été tué-es lorsque leur appartement a été touché. Une seule enfant, Hala Lubbad, a survécu, souffrant de blessures légères. Les équipes de secours décrivent des scènes “difficiles et horribles” alors qu’elles recherchaient des survivant-es et récupéraient les victimes sous les décombres, indiquant qu’un incendie s’est déclaré à l’intérieur d’un des appartements à la suite de l’attaque.
Le lendemain, vendredi 5 juin au matin, une jeune femme de 18 ans a été assassinée dans sa tente à Khan Younis par une frappe aérienne israélienne. Elle s’appelait Bushra al-Barahmeh. 15 autres habitant-es du camp ont été blessé-es au cours de cette attaque.
D’un mariage à des funérailles
Dans un communiqué, le Centre de Gaza pour les droits de l’homme (PCHR) constate une augmentation continue du nombre de victimes dans toute la bande de Gaza au cours des cinq premiers mois de 2026. L’organisation a indiqué avoir recensé la mort de 534 Palestinien-nes entre le 1er janvier et le 5 juin 2026, soit une moyenne de près de sept décès toutes les 48 heures. Le centre a également recensé 1 782 blessé-es au cours de la même période, soit environ 11 Palestinien-nes blessé-es chaque jour.
“Derrière chaque chiffre se cache une histoire humaine douloureuse”, ajoute le PCHR, soulignant que chaque victime laisse derrière elle des proches et des communautés en deuil, tandis que les survivant-es sont souvent confronté-es à des souffrances physiques et psychologiques à long terme.
Samedi 6 juin, une frappe sur une maison familiale à Khan Younis a tué Muhannad Farwana, 26 ans, le jour même où il devait se marier. “ Toute la famille était prête à fêter son mariage. À la place, nous assistons aujourd’hui à ses funérailles ”, a déclaré le cousin de l’homme à l’AFP.
Quelques heures plus tard, un drone a frappé une tente abritant la famille Qaddoum, déplacée, près du bureau des passeports de la ville de Gaza, tuant huit personnes parmi lesquelles un jeune homme qui avait fêté la naissance de son premier enfant la veille.
Le 7 juin, les forces israéliennes ont tué au moins 13 Palestinien-nes à al-Mawasi, dans la ville de Gaza et à Deir el-Balah, dont cinq à un poste de police de la rue al-Rashid et quatre près de l’école al-Buraq dans la ville de Gaza. Dans chaque cas, l’armée a déclaré avoir pris pour cible des combattants, mais n’a fourni aucune preuve. Au moins six Palestinien-nes dont un enfant ont été tué-es hier, lundi 8 juin, par des attaques israéliennes.
Les pêcheurs pris pour cible
Ce matin, la marine israélienne a arrêté neuf pêcheurs au large des côtes de la ville de Gaza et de Deir al-Balah, dans un contexte de persécutions incessantes à l’encontre des pêcheurs et de restrictions les empêchant d’exercer leur métier.
Au cours du weekend, les forces navales israéliennes ont tué deux pêcheurs gazaouis, dont un adolescent, au large de Deir el-Balah, et en ont arrêté quatre autres.
Les Comités des pêcheurs de Gaza expliquent que ces faits se sont déroulés alors que les victimes exerçaient leur métier, et dénoncent les violations persistantes commises par Israël à leur encontre, telles que des arrestations, des tirs à balles réelles et la confiscation de bateaux et de matériel de pêche.
La pêche représente l’un des derniers secteurs pour l’autonomie alimentaire à Gaza, où les terres agricoles ont été détruites et où le siège israélien fait planer le spectre de la famine.
Dans son dernier rapport, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) rapporte un effondrement du système humanitaire. Israël maintenait fermé le point de passage de Zikim, au nord, depuis fin mai, canalisant ainsi l’ensemble des approvisionnements vers un seul point de passage saturé, celui de Karem Abu Salem. Parallèlement, les coupes budgétaires obligent les organisations humanitaires à réduire leurs livraisons de nourriture et d’eau. L’ONU estime que les prix à Gaza ont augmenté de 235 % par rapport à leur niveau d’avant octobre 2023.
Israël construit des avant-postes militaires durables le long de la ligne jaune
Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou se targuait la semaine dernière que son armée occuperait bientôt 70% de la bande de Gaza, les observateur-ices locales-aux confirment un avancement progressif de la “ligne jaune”, au grand mépris du retrait prescrit par l’accord ratifié en octobre dernier.
Al Jazeera signale que les forces israéliennes ont étendu leur contrôle cette semaine vers l’ouest et à travers la bande de Gaza ; construisant des monticules de terre le long de la ligne jaune et creusant le sol à al-Zaarba, dans le sud de Mawasi Rafah à Gaza, rasant des terres agricoles et des serres au sud de Khan Younis, installant des rangées de balises en béton jaune près d’Ard al-Limon et dans le quartier d’al-Bardawil à Rafah, et incendiant des terres agricoles en direction du couloir de Netzarim.
Des habitant-es signalent des ordres d’évacuation utilisés pour organiser des démolitions à travers la bande de Gaza. L’armée israélienne a démoli des immeubles résidentiels à l’est et au nord-est de Khan Younis presque toutes les nuits cette semaine, et dans toute la partie centrale de la bande de Gaza.
Une analyse de données satellite d’Al Jazeera révèle, en outre, que l’armée israélienne tend à construire des infrastructures militaires durables et à long terme sur les ruines des bâtiments détruits dans les zones qu’elle occupe, plutôt que des postes d’observation temporaires, prouvant son intention de conserver le contrôle de ces territoires.
L’investigation révèle 40 avant-postes militaires israéliens, reliés par un réseau de talus de terre, de tranchées et de routes militaires internes encerclant étroitement les centres de population palestiniens depuis plusieurs directions, ce qui démontre une stratégie délibérée d’encerclement.
Cette architecture étouffante restreint considérablement la capacité des civils à se déplacer librement et même à accéder à leurs terres, en particulier dans les zones jouxtant les lignes de déploiement israéliennes.



