Un appel unifié pour la justice et la liberté en Palestine

Appel des établissements d’enseignement supérieur palestiniens : « Ne restez pas silencieux face au génocide israélien en cours« .

Par les établissements d’enseignement supérieur palestiniens, le 29 novembre 2023

Nous, soussignés, établissements d’enseignement supérieur palestiniens de la Palestine occupée, nous unissons dans un appel à la justice, à l’humanité et à la fin de 75 ans de régime israélien d’oppression coloniale et d’apartheid. Nous sommes résolus à arrêter et à surmonter la brutalité implacable qui a profondément marqué notre patrie lors des bombardements israéliens en cours sur Gaza et des attaques militaires des colons contre notre peuple, nos maisons et nos institutions dans l’ensemble de la Palestine occupée.

Les bombardements aveugles d’Israël sur les 2,3 millions de civil-e-s palestinien-ne-s de la bande de Gaza occupée, assiégée par Israël depuis 16 ans, ainsi que l’interdiction d’entrée d’eau, de nourriture, de médicaments et de carburant, ont causé des souffrances incommensurables, des milliers de morts, dont un tiers d’enfants.

Le fait qu’Israël prenne délibérément pour cible des quartiers entiers, des hôpitaux, des écoles, des abris de l’ONU et des universités constitue une grave violation du droit international.

Au 25 octobre, selon l’OCHA, les bombardements israéliens ont touché 219 établissements scolaires, dont au moins 29 écoles de l’UNRWA.

En outre, en vertu du droit humanitaire international, les « biens civils » tels que les établissements d’enseignement ne peuvent être pris pour cible. L’université islamique de Gaza a été attaquée, tout comme l’université Al-Azhar et d’autres universités, par des frappes aériennes israéliennes.

Face à la poursuite et à l’escalade des violations de l’occupation en Cisjordanie, et par crainte des assauts des colons israéliens qui restreignent davantage les mouvements des Palestiniens et Palestiniennes, la plupart des universités palestiniennes sont passées à l’enseignement à distance à partir du 9 octobre. Les universités de la bande de Gaza, en revanche, sont totalement paralysées, en raison de l’absence d’électricité et de connexion Internet stable et de la priorité accordée par tous les membres du personnel et les étudiant-e-s à la survie.

L’effet cumulatif des bombardements a entraîné la mort massive et continue de personnes, dont beaucoup sont des étudiant-e-s, des professeur-e-s et des membres du personnel. Ils ont également provoqué des déplacements et des destructions, mettant en péril la possibilité même d’accès à l’éducation pour des générations d’enfants et d’étudiant-e-s gazaoui-e-s dans un avenir indéterminé.

Israël mène une guerre génocidaire contre notre peuple, comme le décrivent les principales organisations palestiniennes de défense des droits de l’homme, plus de 800 universitaires internationaux, le Center for Constitutional Rights basé aux États-Unis, les groupes de la société civile juive, les spécialistes des études sur l’Holocauste et les génocides et d’autres qui ont déjà mis en garde contre un génocide imminent contre la population palestinienne de Gaza.

Alors que l’armée israélienne commet plusieurs crimes contre les Palestinien-ne-s qui relèvent des « crimes de guerre« , du « génocide », de l' »apartheid« , pour n’en citer que quelques-uns, nous répétons qu’il est essentiel de placer ces mesures dans le cadre plus large de l’occupation de la Palestine et du blocus de Gaza. Les droits nationaux et politiques des Palestinien-ne-s sont bafoués, notamment le droit à l’existence, à la résistance, au retour et, surtout, le droit à l’autodétermination.

L’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) a explicitement affirmé le droit des Palestinien-ne-s à résister à l’occupation militaire israélienne, en harmonie avec le droit international. Ce droit a été affirmé dans le contexte du droit à l’autodétermination de tous les peuples soumis à un régime étranger et colonial. Parmi les résolutions des Nations Unies les plus pertinentes en la matière figurent la résolution 3314 (1974) et la résolution 37/43 (1982) de l’Assemblée générale des Nations Unies.

Nous tenons également les universités israéliennes pour responsables, car elles ont été indispensables au régime d’oppression coloniale et d’apartheid, complices de graves violations des droits de l’homme, notamment en développant des armes, des doctrines militaires et des justifications juridiques pour le ciblage massif et aveugle des Palestinien-ne-s.

À la lumière du dernier assaut sur Gaza, nous appelons les institutions académiques internationales à prendre immédiatement les mesures concrètes suivantes pour mettre fin à la guerre génocidaire et au colonialisme israélien.

  • Appeler à un cessez-le-feu humanitaire immédiat, garanti par les Nations Unies.
  • Demandent instamment l’entrée immédiate à Gaza de quantités suffisantes d’aide humanitaire vitale (notamment de l’eau, de la nourriture, du carburant et des médicaments), réparties équitablement sur l’ensemble du territoire de la bande de Gaza.
  • Exiger la protection des Nations Unies pour les 2,3 millions de civil-e-s palestinien-ne-s assiégé-e-s dans la bande de Gaza.
  • Adopter des positions claires rejetant toute épuration ethnique.
  • Soutenir le démantèlement du système colonial de colonisation et d’apartheid et parvenir à une paix juste, globale et durable.

Nous demandons instamment à la communauté universitaire internationale de s’acquitter de son devoir intellectuel et académique de rechercher la vérité et de demander des comptes aux auteurs de génocide. Les universités israéliennes, complices de violations des droits de l’homme, devraient faire l’objet d’un isolement international.

Dans l’unité et avec une détermination inébranlable, nous déclarons que la justice prévaudra. Nous ne serons pas réduit-e-s au silence ; nous résisterons, nous nous souviendrons et nous enregistrerons. Le monde doit reconnaître le sionisme pour ce qu’il est : un projet de colonisation génocidaire fondé sur une fausse mythologie et soutenu par une violence perpétuelle à l’encontre des autochtones palestiniens et palestiniennes.

Source: Birzeit University

Traduction ED pour l’Agence Média Palestine

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