Gaza, jour 685 : L’invasion de la ville de Gaza par l’armée israélienne est imminente

L’armée israélienne a annoncé ce mercredi le début d’une nouvelle phase dans l’invasion de la ville de Gaza. Des divisions blindées et d’infanterie se préparent aux abords de la ville et sévissent déjà dans certains quartiers. Des mouvements militaires inquiétants alors que l’avenir de la nouvelle proposition de cessez-le-feu est entre les mains de Netanyahu, pour suspendre une guerre génocidaire qui a déjà fait plus de 62.000 morts palestiniens. 

Par l’Agence Média Palestine, le 21 août 2025.

“Nous allons entrer dans une nouvelle phase des combats, une opération progressive, précise et ciblée dans et autour de la ville de Gaza, qui sert actuellement de principal bastion militaire et administratif au Hamas. Certaines de ces zones sont des zones où nous n’avons jamais opéré auparavant.” Cette déclaration d’une source militaire du régime israélien à la presse internationale hier a lancé une nouvelle étape dans le plan d’invasion de la bande de Gaza par l’armée d’occupation. Au sol, “deux brigades d’infanterie et de blindés opèrent dans le secteur de Zeitoun” d’après Le Monde, en plus d’une brigade d’infanterie qui sévit dans le quartier de Jabaliya. 

Les troupes israéliennes s’apprêtent à entrer dans Gaza City

Deux semaines après l’approbation de la proposition de plan d’invasion et d’occupation de la bande de Gaza par le cabinet de sécurité israélien, le gouvernement israélien multiplie les annonces d’accélération de l’opération militaire pour envahir et occuper la ville de Gaza. Hier soir, Netanyahu vantait ses instructions à l’armée “de raccourcir les délais pour prendre les derniers bastions terroristes et vaincre le Hamas”. Comprendre ici mettre un coup d’accélérateur sur le plan d’invasion de la ville de Gaza, qui menace près d’un millions de réfugiés et habitants de la plus grande aire urbaine de l’enclave palestinienne. 

Un jour plus tôt, mardi 19 août, l’armée d’occupation israélienne annonçait la mobilisation de 60.000 réservistes dans le cadre de ses opérations militaires à Gaza. Des quartiers entiers de la ville sont déjà sous les bombardements constants de l’aviation israélienne. Les habitants sont désespérés face à l’ampleur des destructions sur leurs terres. Un d’eux a témoigné auprès d’Al Jazeera : “Tout est réduit en poussière. Il n’y a plus que des ruines, aucune forme de vie si nous voulons revenir. Il n’y a ni eau ni habitations, nous ne pouvons même pas vivre dans des tentes. L’armée israélienne continue de lâcher des missiles et des bombes sur nos têtes.” 

Les habitants de la ville, poussés à la fuite par ces attaques incessantes et la mise à disposition de tentes dans des localités plus au sud de la zone, sont nombreux à dénoncer la mort qui les attend quoi qu’ils fassent. S’ils bougent pour partir, ils sont ciblés par les tirs israéliens. S’ils restent, ils risquent de mourir sous les bombes. 

Pendant ce temps, les officiels israéliens continuent de terroriser la population, à mesure que les annonces bellicistes s’enchaînent : “Nous allons approfondir les dommages sur les infrastructures terroristes, dans les airs et au sol, et couper la dépendance de la population au Hamas. Nous n’attendons pas, nous avons commencé les opérations préliminaires et les premières étapes de l’attaque sur la ville de Gaza. Les forces israéliennes détiennent déjà les banlieues environnantes”, déclarait ce mercredi Effie Defrin, porte-parole de l’armée israélienne. Le même jour, 81 personnes sont mortes des frappes israéliennes dans la bande de Gaza.

Un plan d’invasion qui entache les négociations pour un cessez-le-feu 

Le développement des opérations militaires dans la ville de Gaza intervient en plein milieu des négociations en cours à Doha pour trouver un accord de cessez-le-feu. Les annonces va-t-en-guerre des responsables politiques israéliens contrastent pourtant avec les avancées mises en avant à la table des négociations. En effet, le Hamas a accepté plus tôt dans la semaine une proposition de cessez-le-feu initiée par les médiateurs internationaux sous l’égide de l’Egypte et du Qatar, et soutenue par les Etats-Unis. De son côté, Israël est pour le moment resté silencieux. 

Ce comportement délétère du régime de Netanyahu, qui continue en parallèle de bombarder l’enclave palestinienne avec force, a été condamné par le Hamas comme un signal clair de sa volonté de poursuivre sa “guerre brutale contre des civils innocents. Pour le groupe palestinien au pouvoir dans la bande de Gaza, “le mépris de Netanyahu pour la proposition des médiateurs et son refus d’y répondre prouvent qu’il est le véritable obstacle à tout accord, qu’il se moque du sort des prisonniers palestiniens et qu’il n’est pas sérieux quant à leur libération.”

Ce mépris caractérisé du chef d’Etat israélien pour les négociations en cours provoquent aussi la colère des citoyens israéliens. Ces derniers ont d’ailleurs manifesté massivement dimanche dernier, reprochant au numéro 1 du régime génocidaire de mettre en danger la vie des otages israéliens avec son plan d’invasion. Des proches de ces otages ont dénoncé “un couteau planté dans le cœur des familles et de la population israélienne”. 

Pour l’analyste politique d’Al Jazeera Marwan Bishara, les pays arabes doivent mettre la pression pour que les Etats-Unis poussent Israël a accepté le cessez-le-feu : “Il est clair que les Israéliens sont partagés : d’un côté, ils rappellent les réservistes, élaborent des plans et approuvent des projets visant à réoccuper directement la bande de Gaza et à transférer sa population du nord vers le sud en vue d’un nettoyage ethnique de Gaza. De l’autre, il y a bien sûr la pression interne et l’idée qu’Israël peut obtenir la libération des quelques otages encore vivants et s’engager dans une sorte d’accord à plus long terme”. 

La situation paraît critique, si l’on considère l’inaction totale des Etats-Unis même lorsqu’Israël ne s’aligne pas sur les décisions de la Maison blanche. Netanyahu, engagé dans une guerre génocidaire qu’il mène avec détermination contre le peuple palestinien, ne semble pas avoir les mains liés par une pression internationale quasi inexistante, preuve en est des derniers mouvements militaires de l’armée israélienne sur la bande de Gaza. 

La situation humanitaire dans l’enclave s’aggrave de jour en jour 

Deux Palestiniens sont morts de famine ce matin, trois hier. Le bilan de la famine organisée dans le cadre du génocide dans la bande de Gaza s’élève désormais à 271 morts. Le dernier rapport hebdomadaire publié hier par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) avertit sur “la situation de plus en plus dramatique dans la bande de Gaza, avec chaque jour des enfants et des adultes tués, blessés et déplacés. La famine et la malnutrition continuent également de s’aggraver.”

Le rapport de la semaine donne quelques chiffres sur l’aide délivrée par l’ONU et ses partenaires à Gaza entre le 3 et le 16 août dernier. En résumé, elle est plus importante qu’au mois de juillet mais reste largement inférieure aux quantités affrétées dans l’enclave avant le début du blocus, et insuffisante au regard des besoins de la population gazaouie. 

L’OCHA a aussi condamné l’instrumentalisation de l’aide humanitaire au profit du déplacement forcé des Palestiniens à l’intérieur de la bande de Gaza, en référence aux récentes annonces du gouvernement isralien sur la fourniture de tentes aux réfugiés palestiniens fuyant l’invasion et les bombardements de l’armée dans la ville de Gaza. L’administration israélienne avait en effet annoncé que cet acheminement de tentes aurait lieu en coopération avec les organisations humanitaires internationales. 

En plus de la situation de famine forcée dans l’enclave palestinienne, les organisations internationales alertent également sur le délitement total des infrastructures d’enseignement dans la bande de Gaza. D’après l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine et du Proche-Orient (UNRWA), presque 88% de tous les établissements scolaires ont été directement touchés par la guerre à Gaza depuis octobre 2023. L’organe des Nations unies a aussi alerté sur l’approche d’une troisième année sans enseignement pour les enfants qui survivent dans l’enclave. Depuis le 7 octobre 2023, 62192 personnes sont mortes dans la bande de Gaza, d’après le dernier bilan du ministère de la Santé de l’enclave, publié en fin de matinée. 

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