Gaza, jour 689 : l’ONU déclare la famine, les massacres israéliens continuent

Après des mois d’alerte sur le manque de nourriture et de biens de première nécessité à Gaza, l’ONU a officiellement déclaré l’état de famine vendredi dernier. C’est la première fois que cet état est déclaré au Moyen-Orient. 500.000 personnes sont dans un état catastrophique d’après les Nations unies. L’organisation a attribué la responsabilité de cette famine directement à Israël. En parallèle, les massacres israéliens se poursuivent à Gaza. Une frappe sur l’hôpital Nasser dans le sud de l’enclave a fait 20 morts ce matin, dont cinq journalistes.

Par l’Agence Média Palestine, le 25 août 2025.

Le rapport de l’ONU publié ce vendredi 22 août est sans équivoque. 500.000 personnes sont en état de famine dans la bande de Gaza, soit près d’un quart de la population de l’enclave. Après des mois de blocus par le régime génocidaire israélien, la situation est dramatique : la famine est le niveau de détresse alimentaire le plus élevé atteignable d’après les standards internationaux. 

La famine est délibérément causée par le régime israélien 

Dans son rapport, l’ONU cible clairement Israël comme principal instigateur de cette famine. La déclaration des Nations Unies est loin d’être hasardeuse, et basée sur des critères précis, comme l’explique le président de Médecins du Monde Jean-François Corty, à Radio France : “Il faut que 30% des personnes soient malnutries, et notamment les enfants.” Autre condition, “des taux de mortalité importants, avec environ 2 pour 10.000 personnes qui doivent être recensées”. Pour finir, le constat doit être fait “qu’une personne sur cinq manque de nourriture”. 

Ces conditions sont régies par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), créé il y a 20 ans et dont les analyses font autorité. D’après le rapport de l’ONU, l’état de famine se cantonne pour le moment dans le nord de l’enclave palestinienne mais pourrait s’étendre progressivement vers Deir Al Balah dans le centre puis poursuivre sa route mortifère jusqu’à Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a déclaré : “Il s’agit d’une catastrophe d’origine humaine, d’une condamnation morale et d’un échec pour l’humanité.” Il explique : “La famine n’est pas une question de nourriture ; c’est l’effondrement délibéré des systèmes nécessaires à la vie humaine”. 

Le régime israélien a rapidement réagi à ce nouveau rapport de la plus grande organisation internationale, dénonçant le caractère antisémite du rapport de l’ONU, basé d’après l’Etat génocidaire sur des fausses données : “Israël n’a pas de politique de famine, les seuls à être délibérément affamés à Gaza sont les otages israéliens […] Il s’agit d’un rapport fabriqué sur mesure sur la base de données fausses et partiales émanant en partie du Hamas”, a déclaré le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu. 

Au-delà de ces déclarations erratiques du Premier ministre israélien, le chef de l’ONU a aussi rappelé à l’occasion de la publication de ce rapport les devoirs qui incombent à Israël  en tant que puissance occupante au regard du droit international, dont notamment “celui d’assurer l’approvisionnement en nourriture et en médicaments de la population”. 

Pourtant, à rebours de cette obligation juridique, Israël fait tout pour maintenir la population affamée dans l’enclave. Tantôt en tirant sur les foules de Palestiniens qui se pressent pour obtenir de l’aide dans les centres gérés par la Fondation humanitaire pour Gaza (GHF), devenus de véritables charniers (plus de 2000 personnes sont mortes à proximité de ces zones depuis leur mise en place il y a quelques mois), tantôt en persistant dans le blocage des milliers de camions d’aide humanitaire qui attendent au point de passage de Rafah.  

D’après le rapport de l’ONU, la famine (stade 5 sur l’échelle de l’IPC) pourrait toucher 640.000 personnes dès la fin du mois de septembre, “plus d’un million se trouveront en situation d’urgence (phase 4) et 396.000 en situation de crise (phase 3). 

Les bombardements meurtriers s’enchaînent 

Aux morts de la famine s’ajoutent les dizaines de victimes quotidiennes du pilonnage incessant de l’aviation israélienne. L’armée d’occupation bombarde sans relâche partout dans l’enclave palestinienne, et notamment dans la ville de Gaza, qui subit une opération d’invasion impitoyable depuis l’annonce du plan d’occupation de Netanyahu il y a deux semaines. 

La Défense civile palestinienne a annoncé hier que plus de 1000 bâtiments avaient été détruits, la plupart dans les quartiers de Sabra et Zeitoun, depuis le début de l’offensive sur la ville de Gaza le 6 août dernier. Au décompte funèbre journalier des morts de ces bombardements s’ajoutent des centaines de personnes toujours emprisonnés dans les décombres des immeubles, préfigurant d’un nombre réel de victimes encore plus important : “ L’incursion continue des forces israéliennes dans la ville de Gaza suscite de graves inquiétudes, à un moment où les équipes sur le terrain n’ont pas les moyens de faire face à l’intensité des attaques israéliennes en cours.” 

Les tanks israéliens ont défilé hier dans le quartier de Sabra, alors que l’opération militaire israélienne dans la ville de Gaza risque d’entraîner le déplacement forcé de près d’un million de Palestiniens vers le Sud. Cette zone prise d’assaut était le centre urbain le plus important de l’enclave palestinienne. La Défense civile palestinienne s’inquiète de plus en plus du sort de la ville de Gaza, qui pourrait subir un destin similaire à celui de Rafah, complètement démolie par les Israéliens plus tôt au cours de cette guerre génocidaire. Quatre habitants de la ville de Gaza dont un enfant sont morts hier dans un bombardement sur un immeuble résidentiel de la rue al-Jalaa, d’après Al-Jazeera. Dans la journée du 24 août, au moins 51 personnes sont mortes à Gaza d’après les chiffres officiels du ministère de la Santé de l’enclave. 

Cinq journalistes supplémentaires tués aujourd’hui

En marge de ces bombardements dans la ville de Gaza, l’aviation israélienne continue aussi ses attaques dans le sud de l’enclave. Des frappes ont eu lieu ce matin sur le complexe médical Nasser, la plus grande infrastructure de santé de la zone. Le bilan provisoire fait état de 20 morts, dont cinq journalistes. Des secouristes et membres de la Défense civile ont été visés aux côtés des journalistes dans la seconde frappe, alors qu’ils tentaient de venir en aide aux victimes de la première.

Ce quintuple meurtre de journalistes palestiniens intervient deux semaines après l’assassinat d’une équipe entière de journalistes d’Al-Jazeera qui travaillaient à proximité de l’hôpital d’Al-Shifa, dans le nord de la bande de Gaza. Cette fois-ci, on compte parmi les victimes une journaliste d’Al-Jazeera. Les autres travaillaient pour différentes agences de presse.

L’Association de la presse étrangère, qui représente les journalistes travaillant pour des médias internationaux depuis Israël et les territoires palestiniens occupés,  a réagi à cette nouvelle attaque il y a quelques heures : “Ce doit être un tournant décisif. Nous lançons un appel aux dirigeants internationaux : faites tout ce qui est en votre pouvoir pour protéger nos collègues. Nous ne pouvons pas y parvenir seuls.” 
Différentes organisations internationales avaient déjà appelé les responsables politiques du monde à agir après le meurtre des journalistes d’Al-Jazeera il y a deux semaines. Pour autant, de nombreux acteurs politiques occidentaux, à l’instar de l’Union européenne, préfèrent se contenter de quelques messages aux allures d’avertissement qui n’ont jamais empêché Israël de continuer ses massacres. Ces dernières 24 heures, au moins 58 personnes sont mortes d’après le ministère de la Santé gazaoui. Depuis le 7 octobre 2023, au moins 62744 Palestiniens sont morts dans la bande de Gaza, assassinés par Israël. 

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Retour en haut