Global Sumud Flotilla, les membres français de l’équipage expulsés aujourd’hui par Israël

Après plusieurs jours passés à la prison israélienne de Ketziot, 28 ressortissants français kidnappés par Israël dans les eaux internationales dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 octobre doivent être libérés dans l’après-midi et expulsés vers Athènes. 

Par l’Agence Média Palestine, le 6 octobre 2025.

Après plusieurs jours passés à la prison israélienne de Ketziot, 28 ressortissants français kidnappés par Israël dans les eaux internationales dans la nuit du jeudi 2 au vendredi 3 octobre doivent être libérés dans l’après-midi et expulsés vers Athènes. 

“Comment cela se fait-il que les ressortissants italiens et les ressortissants turc ont déjà été libérés ? Comment se fait-il que la France soit silencieuse ? Où sont les appels à libérer ? Où sont les sanctions ?” Manon Aubry, députée LFI, apostrophait hier encore le gouvernement quant au sort des ressortissants français enlevés par Israël dans les eaux internationales la semaine dernière. Alors qu’une majorité des membres de la Global Sumud Flotilla a déjà été libérée ces derniers jours, Israël a finalement annoncé la libération à venir de l’équipage français, après plusieurs jours gardés en captivité dans une prison israélienne à Ketziot. 

Mauvais traitements et humiliations 

Tout au long du weekend et depuis l’interception illégale des quelques 45 bateaux composant la Global Sumud Flotilla dans une opération militaire de la marine israélienne qui aura duré près de 36 heures au total, les témoignages de violences subies par les membres de la flottille humanitaire se sont succédés sur les réseaux sociaux et via les canaux de communication de cette expédition. 

D’abord, c’est le témoignage d’un journaliste turc participant de la flottille qui a raconté les violences subies par Greta Thunberg : “Ils ont traîné Greta par les cheveux, l’ont battue et l’ont forcée à embrasser le drapeau israélien, tout cela devant nous”. D’autres témoignages indiquent des privations de sommeil, des membres de la flottille dont les yeux ont été bandés de force. Les brimades quotidiennes s’enchaînent, sur fond d’humiliations et de sévices psychologiques ou physiques. 

Le ministre israélien Itamar Ben-Gvir s’est même rendu au port d’Ashdod, où les participants à l’expédition humanitaire de la Global Sumud Flotilla ont été rapatriés vendredi 3 octobre après leur kidnapping dans les eaux internationales. Ce dernier a pointé du doigt les activistes désormais prisonniers d’Israël, assis sur plusieurs rangées, les qualifiant de “terroristes”, de “soutiens de meurtriers”. Ils ont ensuite passé plusieurs jours dans la prison de Ketziot, connue comme un enfer carcéral. 

Les membres de la flottille sont pris en charge juridiquement par l’organisation Adalah, un centre juridique palestinien indépendant qui leur fournit une défense face à la machine israélienne. Une des conseillères juridiques, Lubna Tuma, a décrit leurs mauvais traitements et les vices dans la procédure : “Les interrogatoires ont commencé sans avocat, les militants ont été contraints de rester dans des positions douloureuses pendant des heures, privés d’eau, de nourriture et de soins médicaux, les femmes, en particulier celles qui portaient le hijab, ont été victimes de traitements encore plus sévères”.

L’inaction de la diplomatie française mise en cause 

Comme nous le racontions dans un précédent papier, la réaction de la diplomatie française dénote par sa faiblesse. Notre pays est un des seuls à n’avoir pas pris d’actions concrètes à l’encontre d’Israël suite à l’enfermement de plusieurs dizaines de ses ressortissants dans la prison de Ketziot. Si le consul français en Israël a finalement pu rencontrer les Français membres de la flottille emprisonnés, aucune sanction ou mise en garde n’a été prononcée à l’égard du régime israélien. 

A titre d’exemple, l’Espagne avait convoqué le chargé d’affaires israélien à Madrid jeudi 2 octobre, affirmant que “les ressortissants détenus ne devraient être inculpés d’aucun chef d’accusation”. Même chose pour la Belgique qui a convoqué l’ambassadrice d’Israël. En Colombie, le président Gustavo Petro a expulsé mercredi la délégation diplomatique israélienne.

En France, le ministère des Affaires étrangères s’est contenté de communiquer pour garantir la sécurité des ressortissants français, sans même faire pression pour leur libération. Pourtant, quatre élus français étaient présents dans cette Global Sumud Flotilla : Rima Hassan, Marie Mesmeur, François Piquemal et Emma Fourreau. Ces derniers ont d’ailleurs entamé une grève de la faim peu après leur incarcération dans les geôles israéliennes. Le chef de file de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé sur X : “Les nôtres restent donc en prison. Les députés sont ignorés par leurs assemblées. Souvenons-nous en tous. Les valeurs et les grands mots des donneurs de leçon qui nous gouvernent sont des postures hypocrites”. 

Une autre flottille est en route 

Si la mission de cette Global Sumud Flotilla, la plus grande initiative jamais entreprise pour faire tomber le blocus israélien à Gaza, touche à sa fin, une autre initiative, Thousand Madleens to Gaza, a vu s’élancer des côtes siciliennes une vingtaine de bateaux avec plus de soixante dix personnes à leur bord, il y a une dizaine de jours. Parmi les Français membres de cette seconde flottille, on trouve par exemple les députées LFI Alma Dufour et Farida Amrani. 


Les navires de cette expédition viennent d’ailleurs d’être rejoints par le Conscience, un énorme bateau avec plus d’une centaine de personnes à son bord, qui avait déjà été attaqué par Israël en mai 2025 lors d’une précédente tentative de briser le blocus. Cette fois-ci, il vient prêter main forte à la flottille Thousand Madleens, avec à son bord des médecins, journalistes et l’avocate américano-palestinienne Huwaida Arraf. Cette dernière a déclaré : “Chaque bateau que nous mettons à l’eau constitue un défi direct au blocus et une déclaration de solidarité”. Les navires se trouvent actuellement au nord de l’Egypte, et pourraient arriver à proximité du point d’interception de la précédente flottille dans quelques jours seulement.

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