Donald Trump a fait une escale aujourd’hui en Israël pour prononcer un discours soulignant encore son soutien profond à Netanyahu, avant de se rendre en Égypte pour participer un à un sommet sur « la fin de la guerre à Gaza .
Par l’Agence Média Palestine, le 13 octobre 2025

« La guerre est finie. C’est fini. D’accord ? Vous comprenez cela ? »
C’est en ces mots que Donald Trump résume son analyse de la situation ce matin, alors des journalistes le questionnent sur le silence de Netanyahu quant à une fin définitive des combats.
Le président américain tenait en début d’après-midi un discours à la Knesset, avant de se rendre en Égypte pour coprésider un sommet international dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, avec le président égyptien Abdel Fattah el-Sissi, qui devrait conduire à la finalisation de l’accord entre le Hamas et Israël visant à mettre fin à la guerre à Gaza. Ni Israël ni le Hamas ne participeront directement à l’événement.
Malgré l’aplomb du président états-unien, de nombreuses inconnues demeurent et peu de garanties s’opposent à une reprise de l’offensive israélienne, comme le soulignent beaucoup d’analystes palestinien-nes et internationales-aux.
« Reconnaissez la Palestine ! »
Alors que Donald Trump se faisait le 4eme président américain à tenir un discours devant le parlement israélien (la Knesset), la complaisance de son discrours a été brièvement interrompue par deux députés palestiniens d’Israël, Ofer Cassif et Ayman Odeh, qui ont aussitôt été expulsés par les forces de sécurité israéliennes, qui leur ont arraché leurs banderoles.
Avant d’être expulsé, Odeh a brandi un morceau de papier sur lequel on pouvait lire : « Reconnaissez la Palestine ! » Il a ensuite déclaré sur son compte sur X : « Ils m’ont expulsé de la séance plénière simplement parce que j’ai formulé la demande la plus simple, une demande sur laquelle toute la communauté internationale s’accorde : reconnaître l’État palestinien. Reconnaître cette simple réalité : il y a deux peuples ici, et aucun des deux ne va disparaître. »
« Nous ne sommes pas venus pour perturber, mais pour réclamer justice », déclare Cassif sur son propre comte. « La paix véritable qui sauvera les deux peuples de cette terre de la destruction ne viendra qu’avec la fin de l’occupation et de l’apartheid et la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. Refusez d’être des occupants ! Résistez au gouvernement du sang versé ! »
Le reconnaissance d’un État de Palestine, initialement prévue dans le plan comme objectif à long terme, a été fermement écartée par Netanyahu à de nombreuses reprises, sans commentaire de la part de Trump, qui s’est contenté de féliciter Israël de sa décision de « mettre fin à la guerre ».
La seconde phase de négociation a commencé
Après son discours, Donald Trump s’est rendu en Égypte où il rejoint des dizaines de dirigeants mondiaux dont le Premier ministre britannique Keir Starme dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge.
La présidence égyptienne a déclaré dans un communiqué que le sommet visera à « mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza, à renforcer les efforts pour parvenir à la paix et à la stabilité au Moyen-Orient, et à inaugurer une nouvelle ère de sécurité et de stabilité régionales », avant de qualifier cette réunion d’« historique ».
L’accord conclu la semaine passée, qui doit être discuté aujourd’hui, suspend les bombardements, retire quelque peu les forces israéliennes, ouvre les points de passage à davantage d’aide et prévoit l’échange de prisonniers, différents éléments mis en place dès vendredi et qui semblent globalement se dérouler comme prévu.
De nombreux détails concernant les phases ultérieures du plan de Trump, qui seront négociées après la réussite de la première phase, pourraient être plus difficiles à convenir, tels que la gouvernance de Gaza, l’étendue du retrait des troupes israéliennes et le désarmement du Hamas.
Trump a affirmé à son arrivée en Égypte que la seconde phase de négociation allait commencer. À Charm el-Cheikh, des journalistes ont demandé à Trump quand la deuxième phase des négociations allait commencer : « La deuxième phase a commencé et vous savez que les phases sont toutes un peu mélangées ».
Les prochaines phases du plan plan prévoient notamment une gouvernance externe de la bande de Gaza dont le comité pourrait être présidé par l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, largement discrédité dans la région en raison de son rôle dans l’invasion de l’Irak en 2003 et de son échec en tant qu’envoyé spécial du Quartet au Moyen-Orient de 2007 à 2015.
L’Autorité Palestinienne, pressentie pour composer une partie le gouvernement « technocrate » palestinien, s’est déclarée, elle, prête à travailler avec Tony Blair. Cependant, s’adressant aux journalistes à bord d’Air Force One alors qu’il se rendait en Israël lundi, Trump s’est demandé si Blair était suffisamment populaire pour siéger au conseil.
« J’ai toujours apprécié Tony, mais je veux m’assurer qu’il est un choix acceptable pour tout le monde », a déclaré Trump.
Quelles garanties ?
L’interruption de l’offensive génocidaire d’Israël sur la bande de Gaza est un répit salutaire, mais le cessez-le-feu actuel ne comporte aucune clause contraignante qui mette réellement fin à la guerre ni ouvre la voie à des engagement israéliens envers une réparation des crimes commis, et encore moins la fin de la colonisation et de l’apartheid, tous deux illégaux au regard du droit international.
Il est également important de souligner que si cet accord a pu voir le jour, c’est grâce à la pression soutenue exercée par les citoyens du monde entier sur leurs gouvernements au cours des deux dernières années. Cet accord est pourtant présenté par beaucoup comme une victoire pour Trump, et le désigne comme garant de celui-ci.
Laisser au président états-unien, dont le soutien à Israël n’est plus à démontrer, la seule responsabilité de garantir le respect de l’accord de cessez-le-feu, semble un pari plus que dangereux.
Plus que jamais alors, il importe aujourd’hui de laisser la parole au Palestinien-nes, d’affirmer leur droit à l’autodétermination et d’exiger de nos gouvernements des sanctions pour les crimes commis par Israël.



