Depuis octobre 2023, plus de 1000 Palestiniens ont été tués par des soldats et des colons israéliens en Cisjordanie

Les meurtres de Palestiniens se poursuivent en Cisjordanie. Au nord d’Hébron, Ahmed Rabhi Al-Atrash a été tué d’une balle dans la tête par un colon. Autre victime de l’occupation israélienne, un adolescent de 17 ans, Jameel Hanani, est mort des suites de ses blessures. Il avait été pris pour cible par les balles de l’armée israélienne. 

Par l’Agence Média Palestine, le 3 novembre 2025.

Ahmed Rabhi Al-Atrash avait 35 ans. Il a été tué par un colon israélien, au nord d’Hébron, ce dimanche 2 novembre. Ce dernier lui a tiré dans la tête. 

“Ils l’ont laissé gisant au sol […] jusqu’à ce que mort s’ensuive”

Au lieu de lui venir en aide, les forces d’occupation israéliennes ont volontairement bloqué les équipes médicales du Croissant rouge palestinien qui tentaient de le secourir, d’après l’agence de presse palestinienne Wafa : “Les forces d’occupation ont empêché les équipes du Croissant-Rouge présentes dans la région de Ras al-Joura, près de la route de contournement, d’atteindre le martyr et l’ont laissé gisant au sol, dans son sang, jusqu’à ce que mort s’ensuive”. Après avoir identifié le cadavre auprès de la famille, les militaires israéliens ont emmené le corps dans un lieu inconnu. 

Jameel Hanani aussi est mort simplement parce qu’il était un Palestinien vivant sous l’occupation israélienne en Cisjordanie. Hier, lors d’un raid israélien sur la ville de Beit Furik, à l’est de Naplouse, une balle l’a frappé en pleine poitrine. Malgré les soins des secouristes sur place et son transfert à l’hôpital gouvernemental de Rafidia, ses blessures étaient trop graves. Il est décédé quelques heures plus tard, à seulement 17 ans. 

“Une politique agressive soutenue par le gouvernement d’extrême-droite”

Pour Rawhi Fattouh, président du Conseil national palestinien, ces deux meurtres commis dimanche “s’inscrivent dans le cadre d’une politique agressive systématique menée par le gouvernement d’extrême droite, par le biais de bandes armées de colons qui se sont transformées en milice officielle et qui pratiquent quotidiennement le meurtre de notre peuple”. 

Pour ce faire, tous les moyens sont mis en œuvre : destruction de biens, vol des terres et du bétail, assassinats impunis. Tout est organisé pour forcer les Palestiniens à quitter leurs terres. 

Depuis octobre 2023, plus de 1000 Palestiniens ont été tués par les soldats et les colons israéliens. Ces dernières semaines, l’escalade de la violence coloniale est sans précédent. D’après l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), le mois d’octobre 2025 est en passe de devenir le plus violent depuis que l’organisation a commencé le recensement des violences coloniales en Cisjordanie, en 2013. 

Les raids israéliens sont monnaie courante, et donnent lieu à l’arrestation de dizaines de citoyens palestiniens. C’était le cas cette nuit et ce matin encore : les forces israéliennes ont arrêté au moins six citoyens à travers la Cisjordanie dans des attaques au nord de Tulkarem, et dans des villages à proximité de Qalqilya et de Ramallah. Deux hommes et deux femmes palestinien-nes ont également été arrêtés aux alentours de Naplouse. Pendant ce temps, un citoyen palestinien a été blessé par une grenade lacrymogène dans la ville d’Idhna, près d’Hébron. 

Détruire les terres agricoles pour favoriser la colonisation 

Ce lundi aussi, deux bâtiments agricoles ont été détruits au sud de Bethléem, dans le village de Wadi Rahal. Ce village est situé en zone C. Il est donc sous contrôle total d’Israël, dans le cadre de sa politique d’annexion illégale de la Cisjordanie. L’Etat colonial tente de développer les colonies dans cette zone de manière à se l’approprier de facto, au mépris du droit international. Le village de Wadi Rahal est symptomatique de cette politique de colonisation agressive, qui a “entraîné la saisie de vastes étendues de ses terres et la démolition d’installations agricoles et de services, afin d’étendre la colonie « Efrat » établie sur les terres au sud de Bethléem” d’après Wafa

À l’est de la ville de Jérusalem, les réseaux d’eau ont été détruits par les colons dans la localité de Mikhmas. Ici encore, des agressions initiées par les colons ont lieu régulièrement depuis plusieurs mois. Il y a une semaine, une violente attaque de colons armés a provoqué l’incendie de plusieurs maisons. 

Les oliviers au cœur des destructions coloniales 

Après plusieurs semaines de récoltes d’olives entravées par les colons et l’armée israélienne, la situation est gravissime. Aujourd’hui encore, les autorités israéliennes ont émis un avis de destruction des arbres des terres de plusieurs villages à l’ouest de Ramallah. En deux ans, plus de 48.000 arbres dont 37.000 oliviers ont été détruits, d’après la Commission de résistance au mur et aux colonies. Des destructions similaires ont eu lieu à Khirbet Masoud, au sud de Jénine, où “les forces d’occupation ont attaqué les maisons et les terres des citoyens et ont brisé des oliviers à Khirbet Masoud, en plus de lâcher leur bétail sur les terres du village et entre les maisons des citoyens”, rapporte Wafa

Hier, des agriculteurs ont été agressés directement par des soldats dans la ville de Nahalin pendant la récolte des olives, à l’ouest de Bethléem. Les oliviers ont été détruits par l’armée israélienne, ainsi que les outils de récolte. Ces attaques s’inscrivent dans la politique de terreur menée à l’encontre des agriculteurs palestiniens, qui subissent des assauts répétés des colons et de l’armée depuis le début de ce mois de récolte. En Cisjordanie, l’industrie de l’huile d’olive permet à plus de 100.000 familles de subsister, d’après le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

Ces attaques pendant les récoltes expliquent d’ailleurs la hausse drastique des violences à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie pendant ce mois d’octobre 2025. D’après l’UNRWA, “ la majorité des attaques ont visé la saison de récolte des olives, durant laquelle les agriculteurs palestiniens ont été agressés, empêchés d’accéder à leurs terres, et privés de leurs moyens de subsistance. Ces attaques s’accompagnent d’une multiplication des violences armées et d’incendies délibérés de propriétés palestiniennes.”

Depuis 2010, plus de 100.000 oliviers ont été arrachés ou brûlés par les colons et l’armée israélienne, entraînant des pertes économiques équivalentes à plusieurs millions de dollars pour les agriculteurs palestiniens. 

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