En Cisjordanie, les colons et l’armée israélienne ont attaqué 2350 fois les Palestiniens au mois d’octobre

Le mois d’octobre 2025 a été le théâtre d’une augmentation conséquente des violences coloniales en Cisjordanie. Au cœur de ces violences, les attaques à répétition contre les agriculteurs en pleine saison des olives. 

Par l’Agence Média Palestine, le 6 novembre 2025.

Parmi les 2350 attaques contre des Palestinien-nes, 340 agressions contre les cueilleurs d’olives ont été recensées depuis l’ouverture de la récolte, au début du mois d’octobre, d’après le chef de la Commission de résistance au mur et aux colonies Mu’ayyad Shaban. Ces attaques, initiées par les colons israéliens ou même parfois directement par l’armée d’occupation, sont la raison principale de l’explosion des violences subies par les Palestinien·nes de Cisjordanie ces dernières semaines. 

Attaquer les oliviers, c’est attaquer le poumon économique de ce territoire 

Les préparatifs de la saison des olives ont lieu en septembre. La récolte, elle, est lancée chaque année au début du mois d’octobre, en fonction des conditions météorologiques.  En Cisjordanie, on l’appelle “Mawsim Al-Zeitoun”, littéralement la saison des olives. Dans les semaines qui précèdent l’ouverture de la récolte, les agriculteurs préparent leurs outils, en attendant les premières pluies qui adoucissent les sols.

Chaque année, plus de 100 000 familles dépendent de cette culture pour vivre. La récolte se poursuit généralement jusqu’à la fin du mois de novembre. Avant le début de l’invasion à Gaza en octobre 2023, la part des terres agricoles consacrée à la culture des olives s’élevait à près de la moitié de la surface agricole totale en Palestine, avec environ 10 millions d’oliviers plantés. 

Le débouché principal de la culture des olives est bien évidemment l’huile, à 90%. Le reste de la production se partage entre transformation en savon, en objets de bois grâce aux branches notamment, ou tout simplement en olives brutes, dégustées à table. 

L’olive, culture millénaire sur les terres palestiniennes, désigne à la fois un enjeu économique, mais aussi culturel et de résistance à l’occupation israélienne, qui tente d’effacer le peuple palestinien et son histoire. Connaître l’importance des olives pour la société palestinienne permet d’expliquer ces attaques à répétition d’Israël contre les Palestinien·nes qui la cultivent. 

1200 oliviers détruits depuis le début de la saison

D’après Mu’ayyad Shaban, 92 cas de restrictions de la circulation et d’intimidation de cueilleurs d’olives ont été recensés au mois d’octobre, ainsi que 59 cas d’agressions contre des agriculteurs. Il affirme que cette saison est la plus difficile saison de récolte des dernières décennies, avec des attaques encouragées par le système colonial israélien qui a notamment armé des milices coloniales évoluant sur les terres palestiniennes en Cisjordanie en semant la terreur, tout cela en toute impunité. 

Autre cas symptomatique de la politique coloniale israélienne en Cisjordanie : l’imposition de zones militaires sur des terres agricoles exploitées. Ces décrets arbitraires de l’armée israélienne permettent d’interdire l’accès des agriculteurs palestiniens à leurs terres pour des motifs mensongers de sécurité. Le recours à cette méthode a fortement augmenté d’après la Commission de résistance au mur et aux colonies. 
Depuis le début de la saison des olives, 125 attaques contre des terres oléicoles ont été menées. 170 opérations de découpes se sont déroulées, aboutissant à la destruction de 1200 oliviers. Le nombre d’attaques pendant la récolte augmente d’année en année. En 2022, 136 avaient été recensées. Cette année, 340 le sont déjà, avant même la fin de saison. 

540 Palestiniens de Cisjordanie emprisonnés en octobre 

En parallèle, les raids de l’armée israélienne continuent quotidiennement. Des opérations de démolition ont eu lieu ce matin à proximité de Jérusalem-Est. D’après des sources palestiniennes citées par Al Jazeera, les forces israéliennes ont attaqué la ville d’Al-Mughayyir à l’ouest de Ramallah. 


Des raids ont eu lieu à travers toute la Cisjordanie, à Sinjil, Beit Amin, Beit Rima ou encore au nord d’Hébron. Ces opérations militaires débouchent sur des arrestations, et des victimes palestiniennes. Un adolescent de 15 ans a été tué cette nuit durant un raid de l’armée sur la ville d’Al-Yamoun, à proximité de Jénine. Il s’appelait Murad Fawzi Abu Seifen et a été assassiné par un soldat qui lui a tiré dessus. 

Certains se font tuer, d’autres finissent emprisonnés. Au cours du seul mois d’octobre, 540 Palestinien-nes ont été arrêtés, dont huit femmes et 39 enfants. Actuellement, d’après les groupes de défense des droits des prisonniers palestiniens, ils sont actuellement 9250 en détention. Ce chiffre n’inclut pas ceux retenus dans les camps militaires. Parmi ces 9250 prisonniers, la majorité sont emprisonnés arbitrairement, sans aucune charge. Seuls 1242 ont été condamnés, dont 49 femmes et 350 enfants. 

Pendant que l’armée attaque des villes, détruit des maisons, emprisonne et tue des civils palestiniens, les colons continuent de s’emparer des terres palestiniennes. S’ils usent à l’envi de l’intimidation et des menaces, ils n’hésitent pas non plus à tout simplement installer des clôtures autour des terres qu’ils veulent s’approprier. C’était le cas encore ce matin à Khirbet Sarma, au nord de la vallée du Jourdain. Les colons se sont mis à clôturer des terrains pourtant enregistrés officiellement au nom de citoyens palestiniens. Ces terres qui servaient notamment pour nourrir le bétail couvrent une superficie de plus de 2000m2. Un procédé scandaleux et totalement illégal mais qui illustre pourtant une pratique systématique s’inscrivant dans le vol et la colonisation sans limite des terres palestiniennes.

En mars 2024 déjà, un rapport de l’ONG B’Tselem détaillait : “Depuis le 7 octobre, Israël a intensifié la pression qu’il exerce sur des dizaines de communautés pastorales palestiniennes dans le nord de la vallée du Jourdain, afin de forcer leurs habitants à quitter leurs maisons et leurs terres.”

Depuis, la même politique de colonisation sauvage se poursuit. En Cisjordanie aussi, Israël assassine régulièrement des Palestinien·nes. Les chiffres sont seulement réduits et moins médiatisés qu’à Gaza. 

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