Les violences israéliennes se perpétuent en Cisjordanie, colons et soldat-es infligeant une escalade incessante de violence aux Palestinien·nes. Cette accélération de la violence et des meurtres israéliens semble viser particulièrement de très jeunes hommes.
Par l’Agence Média Palestine, le 17 novembre 2025

Les attaques incessantes des colons israéliens
Des colons israéliens ont attaqué ce matin, lundi 17 novembre, la communauté bédouine d’al-Tabna, près de Khan al-Ahmar, à l’est de Jérusalem occupée.
L’Agence de presse palestinienne Wafa a rapporté que les colons ont jeté des pierres sur les maisons et les biens des habitant·es, utilisé des haut-parleurs pendant la nuit et conduit des véhicules tout-terrain près des maisons de la communauté dans le but de harceler et, à terme, de déplacer les habitant·es de cette communauté.
Les communautés bédouines ont été victimes de nombreuses attaques menées par des colons israéliens au cours des dernières semaines, sans que l’armée n’empêchent ces violences de se produire, voire avec son soutien dans de nombreux cas.
Parmi les dernières victimes figure un garçon palestinien de 13 ans, Aysam Jihad Labib Naser, mort mardi après avoir inhalé des gaz lacrymogènes tirés par les forces de sécurité israéliennes alors que des colons attaquaient des habitant·es en pleine récolte des olives, à Beita, près de Naplouse, dans le nord du territoire occupé.
Dimanche, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a tenté de distancier son gouvernement de la vague de violence des colons qui déferle sur la Cisjordanie occupée, insistant sur le fait que ces attaques « ne représentent pas la grande communauté des colons qui respectent la loi et sont loyaux envers l’État », selon le Jerusalem Post.
Les attaques des colons israéliens font pourtant partie intégrante d’un continuum de violences infligées aux Palestinien·nes, et le gouvernement israélien comme la société civile en sont largement complices. Ils continuent de pousser vers l’annexion officielle du territoire palestinien de la Cisjordanie occupée, en violation du droit international, renforçant encore le système d’apartheid et de spoliation auquel les Palestinien·nes sont confronté·es quotidiennement.
Les raids meurtriers de l’armée israélienne
Les forces israéliennes poursuivent et intensifient encore leurs raids à travers la Cisjordanie. Elles ont pris d’assaut ce matin l’est de Naplouse, ont fait une descente dans plusieurs maisons du camp de Balata et ont arrêté trois citoyens, Muhammad Hamdallah Hashash, Ahmed Salah Sabah et Iyad Kayed Hashash, rapporte le Centre d’information palestinien.
Dans la nuit de samedi à dimanche, un jeune palestinien de 19 ans, Hassan Ahmed Jamil Moussa, a été assassiné par les soldat·es israéliens lors d’un raid nocturne dans le camp de réfugié·es d’Askar, également à l’est de Naplouse. Il a été arrêté par les forces israéliennes et lorsqu’il a été remis aux services d’ambulance palestiniens, « il était déjà mort », explique Majed Abu Kishk, le chef du comité des services d’Askar.
Un autre adolescent, Jadallah Jihad Juma’a Jadallah, âgé de 15 ans, a été tué par balle par les forces israéliennes dans le camp d’al-Far’a, dans la journée d’hier. Les ambulancier·es n’ont pas pu l’atteindre et son décès a été confirmé par la suite. Son corps a ensuite été récupéré par les forces israéliennes.
Le Croissant-Rouge palestinien a par ailleurs déclaré que ses équipes avaint soigné deux personnes blessées lors de ce même raid israélien sur le camp d’al-Far’a : un garçon de 16 ans, atteint de blessures par éclats d’obus au flanc, et un autre de 18 ans, blessé aux jambes par des éclats d’obus. Une troisième blessé a également été signalé, mais les forces israéliennes ont empêché les secours d’intervenir et l’ont arrêté.
Jeudi dernier, ce sont deux adolescents, Bilal Bahaa Ali Baaran (15 ans) et Mohammad Mahmoud Abou Ayache (15 ans) qui ont été tués par les balles de l’occupation, près de Beit Omar, au nord de Hébron.
« Obtenir son diplôme dans la Cisjordanie occupée est un acte de résistance »
Cette accélération de la violence et des meurtres israéliens semble viser particulièrement les très jeunes. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) rapporte que quatre Palestinien·nes, dont trois enfants ont été assassiné·es entre le 4 et le 10 novembre en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.
Depuis janvier, les forces israéliennes ont tué 45 enfants palestinien·nes, soit près d’un quart de tous les Palestinien·es tués dans le territoire cette année. Face à cette violence dirigée envers la jeunesse palestinienne, le simple fait d’étudier devient un symbole de résilience comme un refus des adolescent·es de se voir dérober leur enfance.
Dans une vidéo devenue virale, une jeune femme présente la cérémonie de diplôme de sa cousine, en Cisjordanie, comme un « acte de résistance ». Elle revient dans la vidéo sur les obstacles rencontrés dans le parcours des étudiant·es, perturbés par des raids militaires sur les universités, des meurtres, les entraves à la circulation.
Alors que le ministère de l’Éducation vient d’annoncer des résultats exceptionnels aux examens passés dans des conditions impossible à Gaza, il rappelle la nécessité de rétablir d’urgence un enseignement solide en tant que droit humain universel garanti par le droit international, de réduire les pertes cumulées en matière d’apprentissage et de concevoir des programmes de rattrapage pour compenser les lacunes éducatives causées par deux années de guerre.



