Un Palestinien de vingt ans a été tué par des colons dimanche 23 novembre, à l’est de Ramallah. C’est le 21ème assassinat d’un palestinien de Cisjordanie par les colons depuis le 7 octobre 2023. Dans les territoires occupés, la violence coloniale atteint son paroxysme.
Par l’Agence Média Palestine, le 24 novembre 2025.

Il s’appelait Baraa Khairi Ali Maali. Âgé de seulement 20 ans, il est mort d’une balle dans le cœur, au milieu des tirs des colons et de l’armée israélienne. Son meurtre a eu lieu hier dans le village de Deir Jarrir, à l’est de Ramallah. Cet assassinat porte à 1077 le nombre de morts palestiniens victimes des attaques des colons et de l’armée israélienne depuis le 7 octobre 2023.
La violence et l’impunité coloniale
Le meurtre de ce jeune homme de 20 ans a été causé par des balles tirées conjointement par les forces d’occupations israélienne et les colons. D’après Fathi Hamdan, chef du conseil du village de Deir Jarrir où l’attaque a eu lieu, “des colons ont attaqué des maisons à la périphérie du village et une unité de l’armée israélienne a investi les lieux pour protéger les colons”. Touché en plein cœur, Maali est mort peu après son transfert à l’hôpital.
Ce nouvel assassinat porte à 21 le nombre de victimes des attaques de colons en Cisjordanie depuis octobre 2023. Et dans les vingt précédents cas, d’après l’ONG israélienne B’Tselem, les colons mis en cause n’ont jamais été condamnés. Pour cette dernière, cela explique l’impunité totale des colons qui sont presque encouragés à exercer la terreur sur la population palestinienne sous le joug de l’occupation : “L’armée israélienne applique une politique de tir de plus en plus permissive et imprudente en Cisjordanie, y compris le recours à des frappes aériennes dans des zones peuplées.”
Les autorités israélienne ont progressivement armé les colons, qui se retrouvent en capacité de nuire et avec un blanc-seing de facto pour violenter les populations palestiniennes en Cisjordanie. D’après l’ONG, “bien que des dizaines d’attaques de ce type se produisent chaque jour, et que beaucoup soient filmées et bien documentées, les autorités israéliennes chargées de l’application de la loi ouvrent rarement des enquêtes.”
Loin de constituer un cas isolé, ce nouveau meurtre illustre la poursuite de la radicalisation des colons israéliens en Cisjordanie, adoubés par les autorités israéliennes qui se joignent régulièrement à des opérations de terreur menées contre les Palestiniens.
Une nouvelle vague d’arrestations
Des arrestations ont eu lieu ce matin à travers toute la Cisjordanie, au lendemain du meurtre du jeune palestinien de 20 ans.
A Naplouse par exemple, un homme a été arrêté après un raid à son domicile, rapporte Wafa. Quatre jeunes hommes ont également été arrêtés à Tulkarem, dont un ancien détenu.
Dans une liste non exhaustive, d’autres opérations ont eu lieu à Kobar, Bethléem ou encore Tubas, débouchant sur plusieurs arrestations.
A chaque fois, ces raids sont accompagnés de perquisitions de logements, qui finissent parfois saccagés tout comme les commerces alentours. D’après Wafa, ils reflètent “la persistance des opérations militaires israéliennes dans toute la Cisjordanie, perturbant la vie quotidienne des habitants palestiniens et accentuant l’insécurité dans la région”.
Nouvelles restrictions israéliennes
En parallèle de ces raids israéliens, la circulation des Palestiniens sur leurs propres terres est de plus en plus difficile. En cause, la fermeture de nombreux axes routiers dans les territoires occupés. Cette pratique qui est monnaie courante est extrêmement problématique pour la population palestinienne qui dépend totalement du bon vouloir des Israéliens, sans possibilité réelle de pouvoir anticiper ses déplacements.
A Bethléem ce matin, des remblais de terre ont été dressés sur le chemin de Wadi Umm Salmouna, au sud de la ville, pour bloquer la circulation afin de procéder à des perquisitions dans les habitations.
En plus de ces restrictions totalement illégales qui empêchent la libre-circulation des Palestiniens sur leur territoire, des terres ont été saisies par les autorités israéliennes dans les villes d’Al Za-im et d’Al-Issawiya, à l’est de Jérusalem. Plus de 77km2 sont concernés, appartenant tous à des Palestiniens. Là encore, cette saisie s’inscrit dans une politique plus générale de confiscation des terres palestiniennes par l’occupant israélien.
D’après le dernier bilan du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), entre le 11 et le 17 novembre seulement, 29 attaques de colons ont été recensées en Cisjordanie.



