Les « pièges mortels » de la GHF sont officiellement fermés

L’organisation « humanitaire » ferme ses portes après des mois de mort et de chaos pour les Palestinien-nes de Gaza.

Par l’Agence Média Palestine, le 25 novembre 2025



Alors que ses centres avaient fermé lors de la signature de l’accord Trump en octobre et de la reprise de la distribution de l’aide alimentaire à travers l’enclave palestiniennes par plusieurs ONGs, la très controversée Gaza Humanitarian Foundation (GHF) annonçait hier, lundi 24 novembre, la fin de sa « mission ».

« Cette mission avait pour but de montrer que l’aide humanitaire peut être distribuée de manière efficace, sûre et transparente, même dans les zones de conflit les plus difficiles », a déclaré John Acree, directeur exécutif de la GHF. « Avec le soutien du Centre de coordination civilo-militaire (CMCC) et de la communauté internationale au sens large, nous avons réussi à établir une nouvelle norme pour les opérations d’aide à Gaza. »

Financée par des fonds privés, la GHF a pris le contrôle de la distribution de l’aide dans l’enclave fin mai, après près de trois mois de blocus total sur les fournitures humanitaires et commerciales imposé par Israël. Une famine généralisée sévissait en conséquence à Gaza.

De nombreuses ONG et des distributeurs d’aide expérimentés avaient aussitôt exprimé leur inquiétude, tant au sujet du modèle de distribution du GHF que de son manque total d’expérience en la matière. Elles dénonçaient qu’Israël impose cette organisation au financement opaque, plutôt que d’autoriser les réseaux de distribution pré-existants à reprendre leur travail, y compris les Agences de l’ONU.

L’argument principal d’Israël consistait à affirmer que le Hamas détournait l’aide alimentaire qui entrait à Gaza, sans pouvoir fournir de preuves de telles affirmations. De nombreuses sources ont par ailleurs documenté que les pillages de l’aide alimentaire étaient en partie orchestrés par des gangs armés par Israël.

« Nouvelle norme » ou « piège mortel »

Le modèle GHF consistait en une restriction drastique du déplacement des denrées acheminées par les camions : plutôt que d’amener l’aide là où elle était nécessaire, la GHF a installé quatre points de distributions, dont un seul dans le Nord de Gaza, contraignant les Palestinien-nes à marcher pendant parfois des jours pour venir chercher de quoi se nourrir.

Le nombre restreint de ces points de distributions et le manque d’informations quant à leur fonctionnement ont engendré des scènes de chaos parmi les foules qui s’y rendaient ou patientaient à proximité. Enfin, celles et ceux qui arrivaient à recevoir l’aide ont rapidement dénoncé qu’elle était insuffisante et inappropriée.

Outre ces dysfonctionnements systémiques, de nombreux meurtres ont eu lieu aux abords des sites de la GHF, décrits par l’ONU comme des « pièges mortels ». Selon des lanceurs d’alerte tels qu’Anthony Aguilar, d’autres témoins et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux, de nombreux Palestinien-nes auraient été délibérément abattus par des soldats israéliens ou des agents de sécurité américains engagés par GHF, après avoir suivi les ordres directs de leurs supérieurs.

2 600 Palestinien-nes ont été assassiné-es alors qu’ils et elles cherchaient de l’aide auprès de la GHF, et au moins 19 182 autres ont été blessé-es. En août, un groupe d’experts mandaté par l’ONU a affirmé que l’aide fournie par le GHF était « exploitée à des fins militaires et géopolitiques secrètes ».

La GHF nie que des personnes aient été tuées sur ses sites et affirme que les chiffres de l’ONU sont « faux et trompeurs », affirmant qu’elle n’a tiré que des coups de semonce sur les personnes qui cherchaient à obtenir de l’aide.

Tommy Pigott, porte-parole du département d’État américain, a écrit sur X : « Le modèle du GHF, dans lequel le Hamas ne pouvait plus piller et tirer profit du vol de l’aide, a joué un rôle énorme pour amener le Hamas à la table des négociations et parvenir à un cessez-le-feu. Nous les remercions pour tout ce qu’ils ont apporté aux Gazaouis. »

Un porte-parole du Hamas a déclaré que la GHF devait être tenue responsable des dommages causés aux Palestinien-nes, et appelé « toutes les organisations internationales de défense des droits humains à veiller à ce qu’elle ne puisse échapper à ses responsabilités après avoir causé la mort et blessé des milliers de Gazaouis et couvert la politique de famine pratiquée par le gouvernement [israélien]. »

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Retour en haut