Gaza, jour 790 : cinq personnes brûlées vives dans le camp d’Al-Mawasi

Point sur la situation à Gaza, où Israël poursuit sa guerre génocidaire au mépris de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur en octobre dernier.

Par l’Agence Média Palestine, le 5 décembre 2025



L’armée israélienne poursuit chaque jour ses attaques contre la population de Gaza. Selon les autorités de Gaza, Israël a violé le cessez-le-feu au moins 591 fois depuis son entrée en vigueur le 10 octobre, tuant au moins 360 Palestinien-nes et en blessant 922 autres.

Hier, au moins six Palestinien-nes ont été assassiné-es par l’armée israélienne. Selon des sources médicales, des soldats ont ouvert le feu sur des habitations palestiniennes dans le quartier d’Al-Tuffah, tuant une femme et blessant un nombre indéterminé d’autres personnes.

Par ailleurs, l’armée israélienne a déclaré dans un communiqué que ses forces avaient tué un Palestinien dans le sud de la bande de Gaza pour avoir prétendument franchi la « ligne jaune » délimité par la trêve et « constitué une menace immédiate » pour ses troupes, sans expliciter la dite menace ni fournir de preuves.

« Où sont les médiateurs ? Où sont ceux qui ont cherché à obtenir un cessez-le-feu ? Il n’y a rien, nous ne voyons pas de cessez-le-feu », déplore Jihad Samir al-Arja, habitant de Gaza, à l’agence Reuters. « Chaque semaine, il y a des frappes, des assassinats, des bombardements et des attaques contre des bâtiments. Nous ne voyons aucun cessez-le-feu. »

Les forces israéliennes ont encore intensifié leurs opérations dans toute la bande de Gaza cette nuit. Un correspondant d‘Al Jazeera rapporte que des hélicoptères militaires ont tiré des salves d’artillerie lourde le long du secteur est, à l’intérieur de la « ligne jaune » à Khan Younis.

Les médias palestiniens rapportent que des avions de combat israéliens ont mené une série de frappes aériennes visant les quartiers est de la ville de Gaza, marquant une forte escalade dans la violence qui sévit actuellement dans l’enclave.

Nouveau massacre à Al-Mawasi


Dans la nuit de mercredi à jeudi, un tir de missile israélien a déclenché un incendie parmi les tentes abritant des personnes réfugiées dans le campement d’Al-Mawasi, brûlant vif-ves leurs habitant-es. Cinq personnes ont été tuées, dont deux enfants de 8 et 10 ans, et 32 autres personnes ont été blessées. Le personnel de l’hôpital koweitien, qui a accueilli les victimes, rapportent des brûlures très graves. 

Des témoins ont déclaré que la première frappe avait visé une tente dans la zone de déplacement d’Al-Mawasi, suivie d’explosions près de l’hôpital du Koweït, provoquant la panique parmi les familles qui s’étaient réfugiées à proximité.

La région d’Al-Mawasi, qui longe la côte au sud de l’enclave palestinienne, était auparavant une zone agricole peu peuplée. Désignée  » zone humanitaire  » par l’armée israélienne au début de sa campagne génocidaire, des milliers de Gazaoui-es s’y sont réfugié-es pour fuir les bombardements, établissant à la hâte un gigantesque campement où près de 600 000 Palestinien-nes résidaient en août dernier, malgré l’absence presque totale d’infrastructures.

Israël a ciblé à de nombreuses reprises cette zone, laissant les habitant-es sans ressources ni endroit sûr. La frappe et l’incendie survenus mercredi rappellent aux habitant-es traumatisé-es des massacres de civils où des familles entières avaient été brûlées vives.

Un chef de gang tué à Rafah


Le chef de gang Yasser Abu Shabab a été tué hier, dans des circonstances qui n’ont pas été établies. L’homme était à la tête du groupe armé  » Forces populaires  » basé à Rafah, dans la zone israélienne, accusé de piller l’aide humanitaire et de recevoir financements et protection de l’armée israélienne. Une note interne de l’ONU, rendue publique par le Washington Post,  désigne spécifiquement Abu Shabab comme « l’acteur principal et le plus influent derrière le pillage systématique et massif » à Gaza.

« Il a été le visage de la campagne de famine menée par Israël, tout en permettant à Israël de nier toute implication et d’externaliser le problème », rapportait Al Jazeera en octobre dernier. De nombreux analystes considèrent qu’Israël utilise ces milices pour donner « un visage palestinien » à son nettoyage ethnique.

Le premier ministre israélien avait en effet confirmé en juin dernier qu’Israël avait armé des groupes palestiniens anti-Hamas à Gaza, augmentant encore le chaos social de l’enclave palestinienne après deux ans de génocide. La présence du groupe dans la zone contrôlée par Israël, où l’entrée est interdite aux Palestinien-nes, appuyait les soupçons de collaboration.

« Les actes criminels perpétrés par le dénommé Yasser Abu Shabab et sa bande constituent une violation flagrante du consensus national et social », a déclaré hier le Hamas dans un communiqué publié sur Telegram. « Nous affirmons que l’occupation, qui n’a pas réussi à protéger ses propres agents, sera incapable de protéger ses laquais, et que le sort de tous ceux qui compromettent la sécurité de leur peuple et servent leur ennemi est de tomber dans les poubelles de l’histoire, perdant tout respect et toute position dans leur société. »

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