En Cisjordanie, 19 nouvelles colonies approuvées par l’administration israélienne

L’administration israélienne a validé à la fin de la semaine dernière la création de 19 nouvelles colonies en Cisjordanie occupée. Cette décision marque une avancée majeure de la politique d’annexion menée par Israël dans les territoires palestiniens, alors que l’armée d’occupation continue ses exactions. Un enfant palestinien de 16 ans est mort samedi dans la soirée, victime de balles tirées par des soldats israéliens. 

Par l’Agence Média Palestine, le 15 décembre 2025.

Photo par Mosab Shawer, Activestills.

L’attaque a eu lieu samedi soir à l’ouest de Jénine. Des soldats israéliens ont pris d’assaut le village de Silat Al-Harithiya, donnant lieu à des affrontements avec les habitants. Des tireurs d’élite ont ouvert le feu sur les Palestiniens présents, dont Muhammad Iyad Muhammad Abahra, âgé de 16 ans. 

L’armée israélienne s’est justifiée en invoquant “un engin explosif” lancé en direction des soldats, qui ont alors riposté et “éliminé le terroriste”. 

Plusieurs blessés ce week-end

Abahra n’est pas la seule victime des raids israéliens qui ont eu lieu ce weekend. Au nord de Ramallah aussi, un enfant palestinien a été assassiné ce dimanche par l’armée israélienne, dans le camp de réfugiés de Jalazone. Ce dernier a été blessé lors d’affrontements avec des soldats de l’armée pendant un raid sur le camp mais ses jours ne sont pas en danger. 

En revanche, un autre palestinien est mort hier des suites de ses blessures. C’est près d’Hébron que Mohamed Wael al-Charouf a été abattu par les forces armées israéliennes. Les soldats lui ont tiré dessus et l’ont laissé se vider de son sang, empêchant l’accès des ambulances aux lieux de la fusillade. Il avait seulement 23 ans. Là encore, l’armée israélienne affirme avoir agi pour se défendre contre “un terroriste qui avait tenté de les poignarder dans la région d’Hébron”. 

Au moins 1045 Palestiniens ont été tués ces deux dernières années par des soldats israéliens ou plus rarement des mains des colons, dans une escalade des violences perpétrées à l’encontre des Palestiniens de Cisjordanie qui vivent dans la terreur quotidiennement, entre les raids réguliers de l’armée d’occupation et les attaques des colons. 

Présence militaire renforcée à Tulkarem

En parallèle de ces raids israéliens meurtriers, l’étau se resserre à Tulkarem sur les deux camps de réfugiés qu’abrite la ville, sous le coup d’une opération militaire qui dure depuis plus de 300 jours maintenant. Ce dimanche, la présence militaire israélienne s’est intensifiée avec l’arrivée de nouveaux véhicules militaires appuyés par des unités d’infanterie. 

L’accès des citoyens aux deux camps de Tulkarem et Nour Shams est toujours interdit. D’après une correspondante de l’agence de presse palestinienne Wafa, “les soldats de l’occupation ont entravé la circulation des véhicules qu’ils ont arrêtés, procédant à des fouilles minutieuses, tout en contrôlant les conducteurs, soumis à des interrogatoires sur place et retenus pendant un certain temps, sans qu’aucune arrestation supplémentaire ne soit signalée.”

Un nouvel ordre militaire de démolition a été émis hier par les soldats israéliens. Il vise d’ailleurs 25 maisons récemment construites dans le camp de réfugiés de Nour Shams, “intensifiant ainsi la pression sur les communautés palestiniennes de Cisjordanie occupée” d’après Middle East Eye. 

Pour Abdullah Kamil, gouverneur de Tulkarem, ces démolitions sont le reflet de “la poursuite de l’arrogance israélienne et des crimes de l’occupation contre notre peuple”. Il a appelé la communauté internationale à agir contre cet ordre militaire qui constitue selon lui “une violation flagrante du droit international, des normes et des conventions internationales, des lois relatives aux droits de l’homme et du droit international humanitaire”. 

En réalité, ces ordres militaires sont monnaie courante, utilisés pour démolir de manière arbitraire les habitations palestiniennes en Cisjordanie et renforcer la mainmise de l’occupation israélienne. Le président du Conseil national palestinien, Rawhi Fattouh, affirme d’ailleurs que ce nouvel ordre de démolition s’inscrit “au cœur d’une campagne continue de nettoyage ethnique et de déplacement forcé, visant la présence palestinienne et cherchant clairement à éradiquer les camps de réfugiés palestiniens, en tant que témoins vivants du crime persistant de l’exil.”

19 nouvelles colonies approuvées

L’Etat israélien mène une politique coloniale agressive depuis plusieurs mois, comme en témoigne l’approbation récente par le cabinet politique et sécuritaire israélien de l’installation de 19 colonies en Cisjordanie. Parmi elles, deux sont d’anciennes colonies qui avaient été évacuées en 2005 “dans le cadre du plan de désengagement de Gaza et du nord de la Cisjordanie”, explique Wafa. 

Le poids symbolique de cette décision est dramatique. La réaction du mouvement colonialiste Nahala, cité par Wafa, l’illustre d’ailleurs à merveille : “une décision historique”, qui constitue “un message clair selon lequel toute la terre d’Israël nous appartient ». 

Pour appuyer cette volonté d’Israël d’intensifier sa politique d’annexion des territoires palestiniens, le ministre des finances israélien Bezalel Smotrich a annoncé un projet d’allocation de 2,7 milliards de shekels dans le budget de 2026, qui serviront à financer la création de 17 nouvelles colonies dans les cinq prochaines années. 

Un nouveau projet de colonies à Jérusalem 

En parallèle de ces annonces, le gouvernorat de Jérusalem a alerté sur un nouveau plan colonial israélien. D’après Wafa, il s’agit pour les autorités d’occupation “d’établir une vaste colonie sur les terres de l’aéroport international de Jérusalem, au nord de Jérusalem occupée”. 

9000 unités coloniales pourraient voir le jour d’après le plan, “au cœur d’un espace urbain palestinien densément peuplé, notamment à Kafr Aqab, Qalandiya, Al-Ram, Beit Hanina et Bir Nabala, ce qui constitue une menace directe pour l’espace urbain palestinien intégré au nord de Jérusalem et aggrave la politique de séparation et d’isolement imposée à la ville et à ses environs”, explique le gouvernorat de Jérusalem relayé par Wafa. 

Si le projet est pour le moment limité par la présence de terres contaminées sur les lieux d’installation, un plan de financement avec le transfert de seize millions de shekels vers le ministère de la protection de l’environnement a été soumis à la commission des finances de la Knesset par Smotrich ce mois-ci, pour remédier à ce problème et ainsi poursuivre ce nouveau projet colonial. 

Une séance aura lieu à la Knesset ce mercredi 17 décembre à l’initiative de la “commission régionale de planification et de construction israélienne”, pour discuter de la mise en place de ce plan néfaste pour l’unité territoriale du peuple palestinien en Cisjordanie.

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