Boycott de l’Eurovision 2026 : la plus basse participation en 23 ans

Par l’Agence Média Palestine, le 16 décembre 2025

Après l’annonce du retrait de l’Espagne, l’Irlande, la Slovénie et les Pays-Bas, rejoints quelques jours plus tard par l’Islande, du concours Eurovision 2026 en protestation contre l’autorisation faite à Israël d’y participer alors que ce pays perpètre un génocide à Gaza depuis plus de deux ans, d’autres annonces voient la popularité du concours baisser.

L’Espagne a annoncé de se retirer complètement de l’édition 2026 en ne diffusant pas non plus les émissions liées à l’événement sur ses chaînes nationales, ce qui constitue une première dans l’histoire récente du concours. 

Alors que l’Eurovision attire chaque année des millions de téléspectateurs à travers le monde, cette édition 2026 sera l’une des éditions les plus controversées, mettant en évidence une crise politique sans précédent au sein de l’Union européenne de radio-télévision (UER) organisatrice du concours.

Selon les organisateurs, seulement 35 pays sont aujourd’hui confirmés pour participer à Vienne, un chiffre historiquement bas pour l’Eurovision depuis plus de deux décennies, un signal fort aux organisateur-ices.

Mais outre les pays et diffuseurs ayant annoncé leur refus de participer, de nombreux artistes ont manifesté leur indignation quant à la participation israélienne à l’Eurovision.

Nemo, gagnant-e de la précédente édition, rend son trophée

« Vivez ce que vous prônez. Si les valeurs que nous célébrons sur scène ne sont pas vécues en dehors de la scène, alors même les plus belles chansons perdent tout leur sens », a déclaré Nemo, vainquereu-euse de l’édition précédente du concours, avant de rendre son trophée en signe de protestation. « L’Eurovision affirme défendre l’unité, l’inclusion et la dignité pour tous », affirme l’artiste, qui dénonce que la participation d’Israël alors que le pays mène une guerre génocidaire contre Gaza montre que ces idéaux sont en contradiction avec les décisions des organisateurs.

« Lorsque des pays entiers se retirent, il est clair que quelque chose ne va vraiment pas », conclut Nemo. « Il ne s’agit pas d’individus ou d’artistes. Il s’agit du fait que le concours a été utilisé à plusieurs reprises pour adoucir l’image d’un État accusé de graves exactions, alors que l’UER insiste sur le caractère apolitique de ce concours. »

Au portugal, où se déroule bientôt la 60e édition du Festival da Canção 2026, un concours qui désignera l’artiste participant à l’Eurovision, les artistes de 11 des 16 candidatures ont annoncé dans une lettre ouverte qu’ils et elles boycotteraient l’Eurovision si ils ou elles étaient amené-es à y représenter leur pays.

« Avec des mots et avec des chansons, nous agissons dans les limites des possibilités qui nous sont données. Nous ne sommes pas complices de la violation des droits humains », écrivent-ils dans un communiqué commun, dénonçant que « malgré l’exclusion de la Russie de l’édition 2022 de l’Eurovision pour des raisons politiques – l’invasion de l’Ukraine – (…), le même sort n’a pas été réservé à Israël, qui, selon l’ONU, commet des actes de génocide contre les Palestiniens à Gaza ».

Si la RTP, diffuseur public portuguais, a affirmé maintenir sa participation à l’Eurovision, elle pourrait être amenée à changer d’avis sous la pression populaire, alors qu’une pétition émise le 5 décembre et signée par plus de 26 000 personnes lui demande de “corriger l’erreur de son vote et rejoindre le bloc de pays, comme l’Espagne, qui refusent de blanchir la situation. Il est impératif de défendre la dignité des artistes nationaux, le respect du droit international et l’origine même du festival. Créé en 1956 pour promouvoir la paix et l’union entre les peuples dans l’après-guerre, l’Eurovision ne peut servir de tribune pour normaliser la guerre.”

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