Cisjordanie au jour le jour : Israël ordonne la fermeture de la plus ancienne clinique de l’UNRWA

Israël poursuit ses attaques quotidiennes contre les Palestinien-nes de Cisjordanie et leurs institutions.

Par l’Agence Média Palestine, le 13 janvier 2026



Le gouvernorat de Jérusalem a alerté dimanche sur le fait que les autorités israéliennes envisagent d’approuver la construction de 9 000 logements sur les ruines de l’aéroport de Qalandiya, également connu sous le nom d’Atarot, ainsi qu’un autre projet à Sheikh Jarrah visant à déplacer 40 familles.

La colonie prévue par le plan Atarot serait construite dans une zone urbaine palestinienne densément peuplée. Elle s’étendrait de Ramallah et Kufr Aqab au nord jusqu’au camp de réfugiés de Qalandiya, Al-Ram, Beit Hanina et Bir Nabala. Suspendu en décembre 2025, ce plan est perçu par les analystes comme visant à rendre impossible l’existence d’un État palestinien contigu.

“La superficie actuelle de Jérusalem-Est, selon la définition israélienne, est de 71 km²”, explique l’analyste Suhail Khalilieh sur Al Jazeera. “Avec ces ajouts, le ‘Grand Jérusalem’ sous contrôle israélien atteindra 246 km², soit 4,5 % […] de la superficie de la Cisjordanie, dans le but d’empêcher toute possibilité d’établir une capitale palestinienne à Jérusalem-Est.”

“Une asphyxie systématique”

Parallèlement à ces projets de déplacements qui mèneraient à des déplacements forcés à grande échelle, Israël poursuit ses opérations quotidiennes d’intimidations, d’empêchements et de violences à l’encontre des Palestien-nes de Cisjordanie.

“Il y a une asphyxie systématique des droits des Palestinien-nes en Cisjordanie”, a déclaré le Haut-secrétaire aux droits de l’homme des Nations unies Volker Turk dans un communiqué publié mercredi. Il dénonce les restrictions de circulation aux points de contrôle et l’accès limité aux routes, aux ressources naturelles, aux terres et aux infrastructures sociales de base. “Il s’agit d’une forme particulièrement grave de discrimination raciale et de ségrégation qui ressemble au système d’apartheid que nous avons connu par le passé.”

Volker Turk a appelé Israël à “démanteler toutes les colonies de peuplement” en Cisjordanie occupée, affirmant que son “oppression et sa domination” des Palestinien-es s’apparente à un ”apartheid”. C’est la première fois qu’un-e responsable des droits de l’homme de l’ONU utilise ce terme pour qualifier les pratiques d’Israël.

Le rapport dénonce également le traitement par les autorités israéliennes “selon deux systèmes juridiques et politiques distincts” des colons israéliens et des Palestinien-nes, entraînant “une inégalité de traitement sur toute une série de questions cruciales”, avec “des confiscations de terres à grande échelle et la privation de l’accès aux ressources”.

Des attaques quotidiennes

Shaker Falah al-Jaabari, un homme de 58 ans, a succombé à ses blessures dimanche matin, le 11 janvier 2026, après avoir été abattu la nuit précédente dans l’est d’Hébron, selon le ministère palestinien de la Santé.

Ce meurtre est survenu alors que les forces israéliennes assiégeaient une maison dans la vieille ville de Naplouse dimanche, des unités en civil infiltrant les quartiers avant que des véhicules militaires ne prennent d’assaut la ville depuis plusieurs directions. Les services de secours ont indiqué n’avoir pas pu atteindre le blessé, car les autorités israéliennes ont saisi le corps après la fusillade, selon l’agence Wafa. 

Selon l’armée israélienne, ses forces ont ouvert le feu sur un véhicule qui fonçait vers des soldats dans le quartier de Haret al-Sheikh ; cependant, dans une déclaration ultérieure, l’armée a reconnu ne pas avoir trouvé, après un premier examen, de preuve que l’incident était une attaque intentionnelle. 

Le même jour, les forces israéliennes ont mené un raid lors d’un mariage palestinien à Jersualem-Est, tirant à balles réelles et lançant des grenades assourdissantes sur les participants.

Plusieurs hommes ont été arrêtés, dont le marié. Des images montrent des soldats à l’intérieur de la salle et des forces de sécurité lançant des grenades assourdissantes alors que les invité-es étaient contraint-es de sortir.

Hier dans la ville d’Ar-Ram, au nord de Jerusalem-Est occupée, les forces israéliennes ont tiré et blessé un Palestinien. Touché à la poitrine, il a été transporté d’urgence à l’hôpital pour y être soigné dans un état grave. L’homme se trouvait près du mur de séparation illégal construit par Israël lorsqu’il a été visé par les tirs. 

Avant qu’Israël ne lance sa guerre génocidaire contre Gaza en octobre 2023, au moins 390 000 Palestinien-nes travaillaient en Israël. Mais depuis, bon nombre de leurs permis de travail ont été « révoqués ». Certains sont contraints de risquer leur vie pour des emplois temporaires en franchissant illégalement le mur. Depuis octobre 2023, la Fédération générale des syndicats palestiniens a recensé au moins 42 travailleur-euses tué-es et 32 000 personnes détenues par les forces d’occupation.

La plus ancienne clinique de l’UNRWA menacée de fermeture

Selon un communiqué du gouvernorat de Jerusalem paru ce matin, Israël a ordonné la fermeture pour un mois d’un centre de santé de l’UNRWA : la clinique al-Zawiya, située à Bab al-Sahira dans la vieille-ville de Jerusalem occupée.

Le communiqué ajoute que les autorités israéliennes ont menacé la clinique de coupure d’eau et d’électricité si elle rouvrait après la fin de la période de fermeture. Cela risque d’avoir de graves répercussions sur le droit aux soins de santé et d’avoir un impact direct sur les besoins des habitants de Jérusalem, en particulier les groupes les plus vulnérables.

La clinique Zawiya est le plus ancien centre de santé de l’UNRWA, ouvert en 1949. Elle prend en charge 30 000 réfugié-es, fournissant des soins de santé primaires aux bébés jusqu’à l’âge de trois ans, ainsi qu’aux enfants et aux femmes enceintes. La clinique offre également des services de planning familial, des soins de santé mentale, le traitement de maladies chroniques telles que l’hypertension et le diabète, un service d’urgence et des soins dentaires. 

L’UNRWA fournit des services à plus de 110 000 réfugiés à Jérusalem. L’agence des Nations unies gère deux camps de réfugiés : le camp de Shuafat, à l’est de la ville, créé en 1965 et qui accueille environ 16 500 réfugiés enregistrés, et le camp de Qalandia, au nord de la ville, créé en 1949 et qui accueille environ 16 400 réfugiés enregistrés, selon les données du site web de l’UNRWA.

Israël mène depuis des années une campagne de marginalisation de cette agence des nations-unies, et a voté au cours des dernières années plusieurs lois visant à en interdire les services. Ces lois constituent une violation flagrante de la Charte des Nations unies, du droit international et des résolutions de légitimité internationale, notamment la résolution 302 de l’Assemblée générale, qui a créé l’UNRWA afin d’assurer la fourniture de services aux réfugiés palestiniens jusqu’à ce qu’une solution juste à leur situation soit trouvée.

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