Après avoir longtemps nié les chiffres, l’armée israélienne reconnaît le bilan du ministère de la santé de Gaza.
Par l’Agence Média Palestine, le 30 janvier 2026
Mis à jour le 2 février 2026

“L’armée israélienne accepte le bilan du ministère de la Santé de Gaza faisant état de plus de 71 000 Palestinien·nes tué·es pendant la guerre.”
C’est ce qu’annonce le journal israélien Haaretz, qui révèle qu’après deux ans à minimiser voire nier les chiffres du génocide à Gaza, l’armée israélienne valide donc les données du ministère de la santé de Gaza.
Cette reconnaissance par Israël est aussi un aveu, celui d’avoir voulu minimiser l’ampleur de ses dégâts pour continuer de justifier sa campagne militaire génocidaire. Une propagande mensongère qui a été reprise par de nombreuses personnalités, y compris en France, pour délégitimer l’expression de soutien au peuple palestinien.
Jusqu’ici, le gouvernement israélien refusait officiellement d’accepter les chiffres avancés, les qualifiant même de “trompeurs et peu fiables” au motif qu’ils étaient produits par le Hamas.
En écho depuis deux ans, les médias occidentaux reprennent ces chiffres mais en les accompagnant systématiquement de la mention “selon le ministère de la santé du Hamas”, comme pour l’assortir de suspicion, relativisant l’ampleur des massacres commis par Israël.
Le bilan produit par le ministère de la santé de Gaza est pourtant largement considéré comme fiable par la communauté internationale, voire en dessous de la réalité. Cette liste détaillée des victimes comprend le nom complet (y compris ceux du père et du grand-père) et le numéro de carte d’identité du ou de la défunt·e.
Cette liste ne prend pas en compte les corps non-identifiés. Elle ne prend pas en compte les personnes disparues, qu’on estime au nombre de 9 500, enfouies sous les décombres des bombardements.
Ce chiffre ne prend pas non plus en compte les victimes indirectes, mortes de faim, de maladie, de froid. Pour certains analystes, le bilan du génocide perpétré par Israël à Gaza pourrait atteindre les 200 000 morts.
Si la reconnaissance du chiffre de 71 000 victimes par l’armée israélienne marque donc un tournant, elle est loin d’être une surprise. Depuis le début de la campagne génocidaire israélienne, différentes sources ont rapporté que les chiffres du Hamas sont utilisés par les services de renseignements.
Tout en reconnaissant leur exactitude, l’armée israélienne a déclaré qu’elle cherchait à distinguer les morts civils et militaires dans l’enclave, sans donner d’estimation précise à ce sujet. Un chiffre pourtant avait été avancé avant l’entrée en vigueur du plan Trump en octobre dernier, celui de 22 000 combattant·es tué·es par l’armée israélienne. Ce chiffre revendiqué par l’armée elle-même laisse conclure à une majorité de victimes civiles.



