Par l’Agence Média Palestine, 6 février 2026
Selon une carte consultée par l’agence Reuters, les Émirats arabes unis ont élaboré un projet visant à « construire un complexe capable d’accueillir des milliers de Palestiniens déplacés dans une partie du sud de Gaza sous contrôle militaire israélien ».
Le plan montrerait où serait construit ce « Complexe de logements temporaires des Émirats arabes unis » près de la « ligne jaune » imposée dans le cadre du cessez-le-feu d’octobre pour délimiter les zones contrôlées par Israël. Une ligne jaune aux abords de laquelle des dizaines de Palestinien·nes, dont des enfants, ont été abattus par l’armée israélienne. Rafah où vivait plus de 250 000 Palestinien·nes avant le génocide est une ville aujourd’hui dévastée, quasi entièrement détruite et vidée de sa population par l’armée d’occupation. Malgré le dénuement total d’une grande partie de la population de l’enclave, la viabilité du projet émirati fait douter des acteurs diplomatiques qui se demandent si les Palestinien·nes accepteraient d’être logés dans une zone contrôlée par Israël.
En outre, si les Emirats semblent engagés dans ce projet, les autres pays donateurs se sont montrés réticents à engager des fonds dans le plan Trump, selon Reuters, car ils craignent que des désaccords sur le désarmement du Hamas ne ramènent Israël à relancer une offensive d’ampleur sur Gaza. Deux sources ayant une connaissance directe des travaux du Conseil trumpien auraient fait savoir que les pays « hésitaient à s’engager financièrement dans le plan de reconstruction dévoilé par Jared Kushner, tant que le Hamas n’aura pas désarmé ». Ainsi, « les pays veulent que les fonds soient utilisés pour la reconstruction des zones démilitarisées et non pour gaspiller l’argent dans une autre zone de guerre », aurait déclaré l’une des sources. De leur côté, les responsables américains, explique encore Reuters, espéraient que la construction de logements dans les zones contrôlées par Israël « pourrait donner un nouvel élan au désarmement du Hamas, encourageant les Gazaouis à quitter les zones contrôlées par le Hamas et privant ainsi le groupe islamiste d’une population civile ».
Par ailleurs, sept diplomates occidentaux ont déclaré à Reuters que le blocage des fonds était également dû à la demande de certains donateurs potentiels que les fonds soient gérés par les Nations Unies plutôt que par le « Conseil de la paix ». Une idée qui ne doit pas correspondre aux projets de Donald Trump dont le Conseil est, selon de très nombreux observateurs, une initiative visant justement à contourner voire affaiblir l’autorité des Nations Unies.
Dans un point hebdomadaire sur la situation à Gaza le 3 février, l’Agence Média Palestine décrivait la réouverture du point de passage de Rafah, prévu par la deuxième phase du plan Trump, comme extrêmement compliquée et marquée par une semaine sanglante où les attaques israéliennes sur l’enclave ont fait des dizaines de morts civils. Le 2 février, alors que la réouverture tant attendue du seul point de passage avec l’Égypte était censée alléger plus de 18 mois d’un siège militaire punitif sur Gaza, des retards considérables imposés par des restrictions israéliennes entravent la circulation promise dans les deux sens et mettent en péril la santé de malades ou de blessés palestinien·nes qui nécessitent des soins en urgence.



