L’armée israélienne maintient son siège meurtrier de l’enclave palestinienne, tout en procédant à des attaques presque quotidiennes.
Par l’Agence Média Palestine, le 24 février 2026

Depuis hier, lundi 23 février, une météo extrême s’abat à nouveau sur les campements précaires des Palestinien-nes de Gaza, endomageant leurs effets et les laissant sans protection contre le froid.
Selon des sources médicales, les pluies diluviennes ont inondé des centaines de tentes à travers l’enclave palestinienne, trempant vêtements et couvertures. Elles alertent sur le fait que 127 000 des 135 000 tentes sont désormais inhabitables, alors qu’aucun effort de reconstruction n’a pu être entrepris et que les déplacé·es continuent d’être privé·es des produits de première nécessité.
Malgré l’accord Trump entré en vigueur en octobre 2025, Israël continue d’imposer cette situation catastrophique en entravant l’entrée dans l’enclave d’abris temporaires et d’équipements nécessaires à la construction, de même que l’aide humanitaire et le matériel médical.
La campagne génocidaire menée par Israël à Gaza depuis plus de 28 mois a détruit entièrement ou partiellement 92 % des bâtiments résidentiels de la bande de Gaza, forçant la majorité des habitant·es à se réfugier dans des tentes qui n’offrent aucune protection contre la chaleur estivale ou le froid hivernal, ou à vivre dans des maisons délabrées et instables.
De nombreux décès ont été enregistrés depuis le début de l’hiver en raison de l’effondrement de maisons causé par les tempêtes hivernales, ainsi que des décès d’enfants et de personnes âgées dus à l’exposition au froid, alors que la pénurie de couvertures et de chauffage dépasse 70 % dans toute la bande de Gaza, et est encore plus critique dans les zones reculées.
La surpopulation des logements entraîne par ailleurs des risques sanitaires et incendiaires accrus. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a rapporté samedi que de nombreuses familles sont contraintes d’avoir recours à des feux ouverts pour cuisiner et chauffer des espaces confinés, et a recensé au moins 12 incendies dans des abris depuis novembre dernier.
Le siège israélien tue
Pour répondre à cette situation sanitaire dramatique, la Société du Croissant-Rouge palestinien (PRCS) a annoncé ce matin, mardi 24 février, le lancement d’une opération logistique majeure visant à transporter des fournitures médicales vitales depuis ses entrepôts centraux en Cisjordanie vers la bande de Gaza via le passage frontalier de Kerem Abu Salem.
L’organisation souligne que l’arrivée de cette aide est cruciale pour assurer la continuité des services de santé d’urgence fournis aux citoyen·nes dans le contexte difficile auquel est confronté le secteur de la santé.
Cette aide ne pourra néanmoins que représenter une fraction du nécessaire, en l’absence de solution pérenne et suite à l’interdiction au début de l’année de plus de 37 ONGs humanitaires.
Outre ses restrictions à l’entrée, le siège israélien empêche également l’évacuation médicale urgente de Palestinien-nes en ayant besoin, malgré les nombreux appels de la communauté internationale.
Un enfant palestinien est mort dimanche dernier, alors que sa famille disposait de tous les documents médicaux nécessaires pour obtenir un traitement à l’étranger. Malgré cela, l’autorisation israélienne se faisait attendre depuis plus de 14 mois.
“Israël a fermé les points de passage et tué mon fils”, a expliqué sa mère à Al Jazeera, ajoutant que son fils avait souffert pendant des mois d’une hypertrophie du foie et d’une forte fièvre avant son décès. Il s’appelait Nidal Abu Rabeea et avait deux ans et demi.
Selon Zaher al-Wahidi, porte-parole du ministère de la Santé de Gaza, 1 360 patient·es sont décédé-es alors qu’ils et elles attendaient de pouvoir se rendre à l’étranger pour y recevoir des soins médicaux depuis le 7 mai 2024, date à laquelle le passage de Rafah, seule porte d’accès de Gaza vers le monde extérieur, a été fermé par Israël. Sa réouverture partielle au début du mois n’a permis le passage qu’à une infime partie des patient·es nécessitant une évacuation.
Des attaques presque quotidiennes
Un Palestinien a été tué et plusieurs autres ont été blessé·es ce matin, mardi 24 février, lorsqu’un drone israélien a frappé un groupe de civils à Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza.
Ce meurtre porte à 615 le nombre de décès palestiniens depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu”, une paix de papier sans cesse bafouée par Israël, qui poursuit sans relâche ses attaques.
Lundi 23 février, trois Palestinien·nes ont été blessé·es par l’armée israélienne, qui a ouvert le feu sur un groupe qui se situait près du carrefour de Shuja’iyya, à l’est de Gaza. Plus tard dans la journée, des navires de la marine israélienne ont détruit un bateau de pêche appartenant à deux jeunes hommes, le ciblant de tirs nourris au large de Sheikh Ajlin, au sud-ouest de la ville de Gaza.
Dimanche 22 février, l’armée a lancé sept frappes aériennes distinctes, ciblant en particulier la ville de Rafah au sud de l’enclave, et l’est de la ville de Gaza. Des tirs d’artillerie ont également été signalés dans toute la bande de Gaza au cours de la journée. Les soldat·es israélien·nes ont tiré sur des civils au nord de l’enclave assiégée, tuant une Palestinienne de 27 ans à Beit Lahia. Elle s’appelait Basma Aram Banat.
Samedi 21 février, des frappes aériennes israéliennes ont frappé le camp de réfugié·es de Jabalia, au nord, et la région de Qizan Al-Najjar au sud de Khan Younis, assassinant deux Palestinien·nes.
Le même jour, l’agence de presse Wafa rapporte une frappe aérienne sur la ville de Bani Suheila, à l’est de Khan Younis tandis que la marine israélienne tirait des salves d’artillerie au large de Khan Younis. Les soldat·es ont également ouvert le feu sur des Palestinien·nes à l’extrémité de la rue Omar al-Mukhtar, à l’est de la ville de Gaza, blessant au moins trois personnes.
Un enfant palestinien a été blessé vendredi 20 février, par des tirs de soldat·es israélien·nes dans la ville de Jabalia al-Balad, au nord de la bande de Gaza. Des avions de combat israéliens ont également mené une frappe aérienne sur le quartier d’al-Tuffah, à l’est de la ville de Gaza, et des démolitions ont été rapportées à l’est du camp de réfugié·es d’al-Bureij, dans le centre de la bande de Gaza.
Mercredi 19 février, un jeune homme de 20 ans nommé Muhand Jamal al-Najjar a été assassiné par des tirs de l’armée israélienne près du rond-point de Bani Suheila, à l’est de Khan Younis.



