Le leader « libéral » de l’opposition israélienne partage l’avis de Mike Huckabee selon lequel la Bible donne à Israël le droit de s’étendre de l’Égypte à l’Irak

Mike Huckabee a fait la une des journaux lorsqu’il a déclaré, dans une interview avec Tucker Carlson, qu’Israël avait le droit biblique de s’étendre de l’Irak à l’Égypte. Les partisans d’Israël ont tenté de rejeter cette idée comme étant absurde, mais le leader de l’opposition israélienne, Yair Lapid, affirme qu’il est d’accord.

Yair Lapid assiste à une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 15 mai 2022. Photo : Abir Sultan/Pool via Reuters/Photo d’archive

Par Jonathan Ofir, le 24 février 2026

Tout le monde parle de l’interview de Tucker Carlson avec l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee. Elle a été vue des millions de fois, et s’il y a un élément qui a retenu l’attention, c’est l’opinion de Huckabee selon laquelle Israël avait un droit biblique sur les terres situées entre l’Euphrate en Irak et le Nil en Égypte.

Carlson a été choqué et l’a pressé de questions à ce sujet :

« Qu’est-ce que cela signifie ? Israël a-t-il droit à cette terre ? Parce que vous faites référence à la Genèse, vous dites que c’est l’acte original. »

Huckabee a été clair : « Ce serait bien s’ils prenaient tout. »

Certains ont été choqués. Des hasbaristes israéliens comme Eylon Levy ont tenté d’apaiser les esprits, répondant sur X que « littéralement personne » ayant du pouvoir en Israël ne croit cela et que penser ainsi relève « d’un fantasme délirant issu de l’imagination antisémite ». Il a ajouté : « Arrêtez de répandre des conneries conspirationnistes sans intérêt. »

Même le journaliste de Haaretz Gideon Levy a estimé que Huckabee était un extrémiste qui ne représentait ni les États-Unis ni Israël, « il représente à peine ses fous », a-t-il écrit. « Huckabee s’exprime avec une audace que même Ben-Gvir et Kahane n’oseraient pas », tel était le titre de l’article de Levy : 

« Ce n’est pas pour rien que Carlson a déclaré : Cet homme ne représente pas mon pays ; il représente Israël. Ce n’est ni l’un ni l’autre, Carlson. Cet homme ne représente pas Israël ; il représente à peine ses fous. Mais il est tout à fait possible qu’il représente une Amérique en devenir, dont le secrétaire d’État Marco Rubio a récemment loué « l’héritage chrétien » de l’Occident lors d’un discours à Munich. »

Mais ensuite, le leader de l’opposition israélienne « libérale » Yair Lapid a prouvé que les Levy avaient tort.

Lors d’une conférence de presse lundi pour son parti Yesh Atid (« Il y a un avenir »), Lapid a répondu à une question d’un journaliste religieux de Kipa News :

« Bonjour monsieur. L’ambassadeur Huckabee a déclaré cette semaine, et nous connaissons l’influence de l’administration américaine sur le gouvernement ici, qu’il soutient le contrôle israélien de l’Euphrate au Nil, ce qui signifie [le contrôle] du Liban, de la Jordanie et de la Syrie. Êtes-vous d’accord avec cela ou pensez-vous qu’il faille y mettre un terme ? »

Lapid a répondu :

« Écoutez, je ne pense pas avoir de désaccord sur le plan biblique [concernant] les frontières d’origine d’Israël. La dernière fois que j’ai vérifié, l’Euphrate se trouvait en Irak. Je ne pense pas que les Américains aient éprouvé un grand soulagement lorsqu’ils sont entrés en Irak. Je soutiens tout ce qui permettra aux Juifs [d’avoir] un territoire vaste, étendu et fort, ainsi qu’un refuge sûr pour nous, pour nos enfants et pour les enfants de nos enfants. C’est ce que je soutiens. »

Lapid a été interpellé sur la taille :

« À quel point vaste ? »

« Autant que possible. »

« Jusqu’à l’Irak ? »

« La discussion porte sur la sécurité. Le fait que nous soyons sur la terre de nos ancêtres… La position de Yesh Atid est la suivante : le sionisme est fondé sur la Bible. Notre mandat sur la terre d’Israël est biblique. Les frontières bibliques d’Israël sont claires. Il y a également des considérations de sécurité, de politique et de temps. Nous avons été en exil pendant 2 000 ans… Vous ne voulez pas vraiment entendre tout ce discours, n’est-ce pas ?

Au moins, vous ne l’attendiez pas… La réponse est : il y a ici des considérations pratiques. Au-delà des considérations pratiques, je crois que notre titre de propriété sur la terre d’Israël est la Bible, donc les frontières sont les frontières bibliques. »

« Attendez, donc fondamentalement, la grande et vaste terre d’Israël ? »

« Fondamentalement, le grand et vaste Israël, autant que possible dans les limites de la sécurité israélienne et des considérations de politique israélienne ».

Voilà, vous savez tout. La Bible est notre titre de propriété. Comme l’a dit le premier Premier ministre israélien, David Ben Gourion. 

Lapid a énoncé son principe « un maximum de Juifs sur un maximum de terres avec un maximum de sécurité et un minimum de Palestinien.nes » il y a plus de dix ans. Aujourd’hui, il affirme que le « maximum de terres » n’est qu’une question d’urgence – de « considérations pratiques ».

Un leader de l’opposition israélienne « libéral » et « laïc » vient de nous dire que « le sionisme est fondé sur la Bible ».

Je pense que nous devons le croire. Nous devons cesser de parler de Netanyahu, Ben-Gvir, Smotrich et Huckabee. C’est le sionisme, imbécile.

Traduction pour l’Agence Média Palestine : L.D

source : Mondoweiss

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Retour en haut