Bilan hebdomadaire de la situation en Cisjordanie occupée (4-10 mars 2026)

Par l’Agence Média Palestine, le 10 mars 2026

À l’ombre de la guerre contre l’Iran, la situation des Palestinien.nes en Cisjordanie occupée se dégrade de jour en jour. L’armée israélienne a intensifié ses raids et les colons ont fait régner un climat de terreur tuant pas moins de six Palestiniens et en blessant des dizaines en une semaine, sous la protection des soldats. Des dizaines de Palestiniens ont en outre été arrêtés durant la semaine et tout le territoire est sous blocus total israélien depuis le 28 février, entravant la circulation des Palestiniens sur leur terre.

Six Palestiniens tués par des colons en moins d’une semaine

Des colons ont tiré et tué trois Palestiniens dans deux villages distincts de Cisjordanie occupée en moins de 24 heures durant le week-end du 7-8 mars. Suite à ces affrontements durant lesquels ces Palestiniens tentaient de défendre leurs terres, les soldats ont tiré du gaz lacrymogènes qui ont asphyxié et provoqué l’arrêt cardiaque d’un quatrième Palestinien, rapporte le Magazine +972

Quelques jours avant, le 2 mars, des colons ont abattu deux habitants du village de Qaryut, près de Naplouse. Profitant du détournement de l’attention internationale, les colons ont mené des raids dans des dizaines de villages, avec le soutien de l’armée d’occupation qui restreint les mouvements des Palestiniens en imposant un blocus total de la Cisjordanie depuis le début de la guerre contre l’Iran, fermant les points de contrôle et les portes sur l’ensemble du territoire pour les Palestiniens, tandis que les colons circulent librement.

Permis de port d’arme pour tous les Israéliens juifs de Jérusalem

Dans ce climat de terreur, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a annoncé le 9 mars que les habitants de tous les quartiers juifs de Jérusalem pourront obtenir un permis de port d’armes. Le quotidien israélien Haaretz a rapporté que 300 000 personnes à Jérusalem, réparties dans 41 quartiers différents, seront désormais éligibles à ce permis.

Une politique d’armement de la population juive, y compris des colons, enclenchée par ce ministre messianique fanatique fin 2023.

Les enfants privés d’école

Par manque d’argent, les écoles publiques de Cisjordanie ne fonctionnent plus que trois jours sur cinq, rapporte le magazine Géo dans un reportage : « À court de liquidités, l’Autorité palestinienne ne verse plus aux enseignants que 60% de leurs salaires et les écoles publiques ne sont désormais ouvertes que 60% du temps. » En cause : Depuis octobre 2023, Israël refuse de verser à l’Autorité palestinienne les taxes douanières qu’il perçoit en son nom.

La situation est tout aussi alarmante dans les écoles de l’Unrwa réputées de meilleur niveau. L’agence envisage elle aussi de réduire la semaine scolaire en raison de ses propres difficultés financières, dues à l’arrêt des financements étasuniens.

Les écoles palestiniennes sont en outre menacées de démolition ou sont tout bonnement fermées par les autorités israéliennes, comme c’est le cas pour six écoles de l’Unrwa à Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël.

Le 8 mars des femmes palestiniennes détenues

Les femmes palestiniennes subissent de plein fouet l’occupation israélienne. Actuellement, selon l’agence d’information Wafa, 72 femmes palestiniennes, majoritairement originaire de Cisjordanie occupée, sont détenues par Israël, la plupart à la prison de Damon, où elle subissent des traitements inhumains et dégradants, y compris des violences sexuelles. Parmi elles figurent trois mineures et 32 ​​mères avec 130 enfants, ajoute l’agence. 17 femmes sont placées en détention administrative, sans procès, pour une durée indéfinie et cinq purgent des peines de durées variables, la plus longue étant de 16 ans pour la prisonnière Shatila Ayad. En outre, l’agence compte 50 femmes actuellement détenues sans procès, dont seize pour « incitation » à la haine, liée à des partages ou des interactions sur les réseaux sociaux.

L’état de santé de plusieurs prisonnière est en outre préoccupant : une détenue serait blessée, dix-huit malades dont trois seraient atteintes d’un cancer.

Selon l’agence, la majorité des femmes détenues ont subi des violences physiques et psychologiques. En plus des privations de nourriture, d’hygiène et de soin, les détenues palestiniennes font face à un isolement total : interdiction des visites familiales et restrictions d’accès au Comité international de la Croix-Rouge. De nombreux témoignages font état de cas de harcèlement et d’agressions sexuelles, notamment de fouilles à nu et d’humiliations constantes. Un rapport des Nations Unies a confirmé des informations crédibles faisant état d’agressions sexuelles assimilables à des viols.

L’arrestation de femmes palestiniennes est utilisée par l’occupation comme outil de pression et de représailles collectives. Parmi les personnes arrêtées figurent des journalistes, des militantes, des étudiantes, ainsi que des épouses et des mères de prisonniers et de Palestiniens assassinés par l’occupation.

Le « Mouvement du Temple » appelle à célébrer la Pâque juive dans la mosquée d’Al Aqsa

Une campagne extrémiste israélienne appelle à pratiquer des rituels de sacrifice animal pour célébrer la pâque juive dans l’enceinte de la mosquée d’Al Aqsa, défiant le statu quo en vigueur dans ce lieu saint depuis 1967. Pendant ce temps, la mosquée Al-Aqsa reste interdite d’accès aux Palestiniens pour le onzième jour consécutif ce 10 mars, empêchant les fidèles d’y prier, y compris pour la prière surérogatoire traditionnelle de Taraweeh, une première depuis l’occupation de Jérusalem en 1967. Voir notre article ici

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