En photos : Une lettre d’amour à Gaza

Avant le génocide, la vie à Gaza était à la fois insupportablement difficile et insupportablement belle.

Par Mahmoud Nasser, le 10 mars 2026

Côte de Gaza. (Photo : Mahmoud Nasser)

Quand je repense au passé, je suis envahi par la nostalgie d’un spectacle que je crains de ne plus jamais revoir.

Les cerfs-volants sillonnent le ciel de Gaza. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Les deux années que j’ai passées à Gaza avant le matin du 7 octobre sont mon dernier souvenir de cette ville intacte.

Les gens s’assoient près d’un barbecue sur la plage pendant que le repas est préparé le long du littoral de Gaza, dans la soirée du 11 juillet 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Quand je pense à chez moi, mon esprit se pose sur ses côtes, car les vagues vous accueillent avec une sorte de liberté. 

Un homme tire un petit bateau de pêche sur le sable à la fin de la journée, le 11 mars 2023. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

L’air est salé, piquant. Chaque vague porte son propre son. Chaque son, son propre univers.

Des garçons courent dans les vagues et jouent ensemble le long du littoral de Gaza, le 16 août 2023. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

C’est le plus grand paradoxe de Gaza : se sentir comme la personne la plus libre du monde, dans la plus grande prison du monde. 

Deux enfants au port principal de Gaza, Al-Mina, le 11 juillet 2022. (Photo : Mahmoud Nasser)

Chaque instant semblait n’exister que pour vous.

Deux garçons sourient dans la rue Al-Shuhada, à Gaza, le 14 novembre 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Sur le papier, la vie à Gaza était insupportablement difficile. Mais elle était aussi insupportablement belle.

Les gens se rassemblent le long de la côte rocheuse de Gaza alors que la silhouette de la ville s’estompe dans le crépuscule, le 11 juillet 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Dans les rues, les gens étaient partout. Nous avons attendu le taxi qui devait nous emmener au nord du nord, pour arriver à Beit Hanoun, la mère de la magie.

Des écoliers rentrent chez eux dans une rue détrempée par la pluie, alors que la ville ralentit sous l’effet des conditions hivernales. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

En écrivant ici depuis le Canada, tout est à l’opposé : les rues sont remplies d’étrangers qui se croisent pour la dernière fois. Mais un soir froid, alors que j’étais assis sur mon balcon en train de fumer une cigarette, j’ai vu deux personnes courir et rire, et elles m’ont ramené dans les rues de Gaza.

Gaza par un matin pluvieux. (Photo : Mahmoud Nasser)

C’est drôle comme le rire transperce le froid et nous ramène chez nous. 

Une partie tranquille du littoral de Gaza où un cheval se promène sur le sable, le 7 mars 2023. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Je me souviens du vieil homme assis sur sa chaise en plastique à l’ombre pendant l’été.

Un homme se repose au coin d’une rue, une pause courante dans le rythme de la vie quotidienne à Gaza, le 8 juillet 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

 Le même homme réchauffé par le soleil d’hiver à midi.

Un homme est assis seul dans une rue calme, se reposant devant sa maison, le 17 février 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

 Le taxi qui pouvait vous emmener n’importe où à Gaza, mais qui vous donnait l’impression de pouvoir vous emmener n’importe où dans le monde.

​​Un enfant assis au bord d’une rue animée de Gaza observe la circulation et les piétons qui traversent le vieux Gaza, le 1er septembre 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

C’était alors, il y a deux millions de vies, deux millions de souvenirs. Le mien n’est qu’un parmi d’autres, et c’est tout ce qui me reste de toi. 

Deux garçons assis devant une boutique fermée, le 5 mars 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Je suis reconnaissant de l’avoir encore. J’espère revenir un jour en homme libre. Dans un pays libre, parmi les peuples les plus libres du monde.

Deux garçons jouent dans les eaux peu profondes le long du littoral de Gaza en fin d’après-midi, le 11 juillet 2022. (PHOTO : MAHMOUD NASSER)

Mahmoud Nasser est un photographe documentaire palestinien actuellement basé à Toronto, au Canada.

Traduction pour l’Agence Média Palestine : L.D

Source : Mondoweiss

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