Point sur la situation dans la bande de Gaza cette semaine, où Israël poursuit son génocide dans un silence médiatique savamment orchestré, assassinant des journalistes et expulsant les humanitaires internationaux.
Par l’Agence Média Palestine, le 10 mars 2026

Dès les premières attaques américano-israéliennes contre l’Iran le 28 février, les Palestinien-nes ont alerté sur l’impact que ce nouveau front pourrait avoir sur une population déjà victime d’une guerre génocidaire qui dure depuis plus de deux ans.
Avec l’intensification des opérations militaires dans toute la région, la situation à Gaza est de plus en plus complexe. Outre les mesures restrictives supplémentaires imposées par Israël et ses violations quotidiennes du cessez-le-feu, beaucoup craignent que Gaza ne soit reléguée au second plan, alors même que les plus de 2,1 millions de Palestinien-nes de l’enclave restent pris-es au piège, dans un contexte humanitaire et politique extrêmement fragile.
Silence médiatique
“La guerre avec l’Iran a donné à Israël une plus grande marge de manœuvre pour intensifier ses crimes à Gaza, tandis que la situation humanitaire s’est rapidement détériorée en raison des restrictions sévères imposées aux points de passage”, explique Ramy Abdu, directeur de l’Euro-Med Human Rights Monitor, sur Al Jazeera.
Tandis que l’attention médiatique mondiale est tournée vers l’Iran et le Liban, les meurtres, destructions et restrictions imposées par Israël aux Gazaoui-es cette semaine encore sont largement passés sous silence.
Mais le silence médiatique est également le résultat d’une politique israélienne d’élimination des canaux de témoignage, de l’assassinat des journalistes palestinien-nes au bannissement des acteurs humanitaires internationaux, témoins cruciaux du génocide en cours dans l’enclave.
Hier, lundi 9 mars 2026, la journaliste palestinienne Amal Hammad Al-Shamali, agée de 46 ans, a été tuée par les forces d’occupation israéliennes lors du bombardement de tentes de personnes déplacées dans la ville d’Al-Zawaida, dans le centre de la bande de Gaza.
“Avec le martyre d’Amal Al-Shamali, le nombre de journalistes palestiniens tués depuis le début de l’attaque israélienne contre la bande de Gaza en octobre 2023 s’élève à 260 martyrs parmi les membres de la communauté journalistique et les professionnels des médias”, déclare le Syndicat des journalistes palestinien-nes (PJS) dans un communiqué.
Le PSJ dénonce la volonté israélienne de “faire taire la voix de la vérité et d’empêcher la documentation des crimes et des violations commis contre le peuple palestinien”, avant d’ajouter que “le fait de prendre pour cible les journalistes ne parviendra pas à briser la volonté de la communauté journalistique palestinienne ni à la dissuader de remplir sa mission professionnelle et humanitaire qui consiste à transmettre la vérité et à documenter les crimes et les agressions dont est victime le peuple palestinien.”
648 Palestinien-nes assassiné-es par Israël pendant le “cessez-le-feu”
Le meurtre d’Amal Al-Shamali est survenu dans un contexte de violations presque quotidiennes par Israël du cessez-le-feu entré en vigueur de 10 octobre 2025. Selon le ministère de la Santé de Gaza, les attaques israéliennes depuis le début du “cessez-le-feu” ont fait au moins 648 mort-es et près de 18 000 blessé-es.
Selon des sources médicales, six Palestinien-nes, dont deux enfants, ont été assassiné-es et une dizaine d’autres blessé-es lors d’attaques israéliennes contre la ville de Gaza et le camp de réfugiés de Nuseirat, au cours de la nuit de dimanche soir à lundi matin, en faisant la nuit la plus meurtrière à Gaza depuis le début de la guerre en Iran.
L’agence de presse palestinienne Wafa rapporte qu’une personne tuée et deux corps retrouvés ont été admis dans les hôpitaux de Gaza au cours de la journée du dimanche 8 mars, ainsi que quatre blessé-es.
La veille, samedi 7 mars, un homme et sa fille ont été assassiné-es au petit matin lors d’une attaque israélienne par drone dans le centre de Khan Younis, au sud de Gaza. Plus tard dans cette même journée, lors d’une autre attaque à Khan Younis, une autre personne a été tuée et une jeune fille blessée, selon les correspondant-es
d’Al Jazeera sur place.
Des avions de combat israéliens ont également frappé plusieurs endroits à l’est du quartier de Tuffah, près de la ville de Gaza, tandis que la marine israélienne a tiré avec des mitrailleuses lourdes et des obus vers la côte de la ville de Gaza, a rapporté l’agence de presse palestinienne Wafa.
Vendredi 6 mars, un enfant palestinien de 13 ans a été tué par des tirs de l’armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza, près de Beit Lahia. Plus tôt dans la journée, un autre Palestinien avait été tué par des tirs de l’armée israélienne rue Salah al-Din, dans le quartier de Shujaiyya, à l’est de la ville de Gaza.
L’agence Wafa rapporte trois morts et un blessé admis dans les hôpitaux gazaouis au cours de la journée du jeudi 5 mars, et rapporte également le meurtre d’un Palestinien de 43 ans la veille, mercredi 4 mars, tué par des tirs israéliens dans la ville de Khan Younis.
“Actes systématiques de génocide”
Interrogé par Al Jazeera, le directeur d’Euro-Med Monitor avertit qu’Israël mène des “actes systématiques de génocide” à Gaza, exploitant chaque occasion pour aggraver les conditions de vie d’une population épuisée et confrontée à des conditions de vie extrêmement difficiles.
“Il est clair qu’Israël profite de l’attention mondiale portée sur la guerre avec l’Iran pour étendre ses politiques répressives à Gaza, à un moment où la pression internationale et la responsabilisation diminuent”, ajoute Ramy Abdu, soulignant que bon nombre de ces meurtres ont lieu en l’absence de combats actifs, que des civils sont tués, des maisons détruites et les passages frontaliers restreints, dans ce qui semble être une punition collective et une stratégie visant à affamer la population.
Vendredi 6 mars, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que les stocks de médicaments dans la bande de Gaza étaient extrêmement bas en raison des entraves aux livraisons de fournitures médicales, dénonçant qu’en l’absence d’un accès humanitaire constant, les patient-es subissent des retards potentiellement mortels dans l’accès aux soins.



