Gaza, jour 892 : un habitant sur 33 assassiné par Israël depuis le début du génocide

Cette semaine encore à Gaza, pas un jour ne s’est passé sans que l’armée israélienne n’assassine un-e ou plusieurs Palestinien-nes. Retour sur ces attaques quotidiennes.

Par l’Agence Média Palestine, le 17 mars 2026



Les semaines se suivent et le sinistre décompte continue d’augmenter : Israël a assassiné 72 134 Palestinien-nes depuis le 7 octobre 2023. Cela représente un-e habitant-e sur 33, selon les chiffres d’Al jazeera. 171 828 autres ont été blessé-es, un chiffre qui représente une personne sur 14.

Israël tue chaque jour

Ce matin, mardi 17 mars, l’agence Wafa rapporte une frappe israélienne visant un véhicule dans la zone très densément peuplée de Mawasi, près de Khan Younis. Au cours des 29 derniers mois de génocide, des centaines de milliers de civil-es déplacé-es de force ont été poussé-es vers cette zone côtière, située près de Khan Younis, où s’étendent à perte de vue des tentes de fortunes.

Deux Palestinien-nes ont été tué-es dans cette frappe, et dix autres blessé-es. Ils et elles ont été admis-es à l’hôpital de campagne de Mawasi, géré par la Société du Croissant-Rouge palestinien.

Hier après-midi, l’armée israélienne a lancé une frappe aérienne sur la ville de Gaza, ciblant un groupe de civils dans le quartier d’Al-Safatawi, selon l’hôpital Al-Shifa. Un homme a été tué, et plusieurs autres ont été blessés.

La veille encore, dimanche 15 mars, a été la journée la plus meurtrière cette semaine, avec au moins 13 victimes. Une attaque israélienne a frappé une maison dans le camp de réfugié-es de la ville de Nuseirat, dans le centre de Gaza, tuant quatre personnes, dont un couple d’une trentaine d’années, leur fils de 10 ans et leur voisin de 15 ans. La femme était enceinte de jumeaux, a précisé l’hôpital Al-Awda, où ont été transportés les corps.

L’attaque est décrite par des riverains comme ayant eu lieu sans aucun avertissement préalable : « nous étions en train de dormir et nous avons été réveillés par l’impact d’un missile. L’impact a été violent », a déclaré Mahmoud al-Muhtaseb, un voisin, sur Al Jazeera.

Une autre frappe a touché dimanche un véhicule de police sur le couloir de Philadelphie, qui relie le sud au nord, à l’entrée de la ville d’az-Zawayda, dans le centre de la bande de Gaza, a indiqué le ministère de l’Intérieur.

Ce bombardement a coûté la vie à neuf policiers, dont le colonel Iyad Ab Yousef, un haut responsable de la police dans le centre de Gaza. 14 autres personnes ont été blessées. 

Le ministère a déclaré qu’il « condamne le crime odieux commis cet après-midi par l’occupation israélienne lorsqu’elle a bombardé un véhicule de police… Les agents et le personnel accomplissaient leur devoir de surveillance des marchés et de maintien de la sécurité et de l’ordre pendant le mois sacré du ramadan ».

Samedi 14 mars, l’agence Wafa rapportait le meurtre d’une femme palestinienne dans le camp d’Al Maghazi, tuée par balle par des soldat-es israélien-nes stationnés à bords de véhicules militaires à l’est du camp. Al Jazeera rapportait également le meurtre, le même jour, de deux officiers de police lors d’une frappe aérienne ciblant le poste de police de Khan Younis.

Vendredi 13 mars au soir, les forces israéliennes ont ouvert le feu sur un groupe de civils près de la rue Mushtaha, dans le quartier de Shujaiya à l’est de la ville de Gaza, tuant trois Palestinien-nes, dont deux enfants.

Jeudi 12 mars, l’agence Wafa rapportait le meurtre “de sang froid” d’un enfant de 5 ans, identifié comme étant Samih Shehab Samih Marouf, tué par les balles des forces israéliennes à Beit Lahiya. Toujours selon l’agence Wafa, mercredi 11 mars, les hôpitaux gazaouis ont reçu le corps d’une personne tuée et deux autres blessées.

Tempête de sable

Une tempête de sable a déferlé sur l’enclave palestinienne samedi, aggravant encore des conditions de vie déjà extrêmement difficiles. Des images montrent la tempête enveloppant les villes de Gaza et Khan Younis d’un brouillard orange poussiéreux, obligeant les habitant-es à se mettre à couvert et menaçant leurs fragiles abris.

Les témoins rapportent que des vents chargés de poussière ont balayé les camps, aggravant le sort des familles vivant dans les tentes usées, alors qu’Israël continue d’entraver la livraison de tentes neuves et d’abris semi-permanents.

Selon les Nations unies, environ 80 % des bâtiments de Gaza ont été endommagés ou détruits pendant la guerre. Selon certaines estimations, les deux tiers des Palestinien-nes de Gaza vivent dans 1 000 sites d’accueil répartis dans l’enclave, qui sont souvent surpeuplés.

La météo n’est qu’un facteur aggravant dans une situation catastrophique qui résulte des restrictions meurtrières imposées par le siège illégal israélien à Gaza. Israël a annoncé qu’il réouvrirait partiellement mercredi 18 mars le point de passage de Rafah, entre Gaza et l’Égypte, mettant ainsi fin à une fermeture de deux semaines qui a encore aggravé la crise humanitaire.

Cette annonce ne promet qu’un soulagement partiel, Israël ayant déjà averti qu’il ne permettrait qu’une circulation limitée de passagers dans les deux sens, sans autorisation de transport de marchandises. Les entrées et sorties devront faire l’objet d’une autorisation préalable des services de sécurité israéliens, d’une coordination avec l’Égypte, sous la supervision de la mission frontalière de l’Union européenne déployée sur place début février.

Cette annonce intervient alors que plus de 20 000 Palestinien-nes malades et blessé-es, dont environ 4 000 patient-es atteint-es de cancer et 4 500 enfants, sont toujours sur  listes d’attente pour des traitements médicaux indisponibles à Gaza. Parmi elles et eux, près de 440 cas sont classés comme présentant un danger vital immédiat.

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