Gaza, jour 899 : 6 à 10 Palestinien·nes meurent chaque jour des conséquences du siège israélien

Alors que l’attention médiatique se concentre sur guerre israélo-étasunienne en Iran et au Liban qui entre dans sa quatrième semaine, le génocide se poursuit dans un quasi-silence à Gaza, qui subit les conséquences d’une inaction toujours plus flagrante de la communauté internationale.

Par l’Agence Média Palestine, le 24 mars 2026



Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur guerre contre l’Iran le 28 février, les travaux de l’auto-proclamé “Conseil de paix” dirigé par les États-Unis sont en grande partie suspendus, laissant les Palestinien·nes dans les limbes d’un génocide à bas bruit.

Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 11 octobre, le nombre total de morts s’élève à 687, avec 1 845 blessés et 756 corps retrouvés.

L’agence Wafa rapporte que pendant les jours suivant l’Aïd al-Fitr, soit depuis le 20 mars, les hôpitaux de la bande de Gaza ont reçu les corps de neuf personnes décédées, ainsi que 30 blessés. De nombreuses victimes restent prisonnières sous les décombres ou éparpillées dans les rues, inaccessibles aux équipes médicales et de la protection civile.

Les frappes aériennes israéliennes ont tué au moins trois personnes, dont un enfant, à Khan Younis le 17 mars. Quatre autres meurtres de Palestinien·nes ont eu lieu lors de deux attaques de drones dans la ville de Gaza le 19 mars, et quatre autres encore dimanche. 

Trois des victimes des attaques de dimanche étaient membres de la police locale. Ils ont trouvé la mort lorsqu’une frappe aérienne a touché un véhicule dans le camp de réfugié·es de Nuseirat, au centre de Gaza. Dix autres personnes ont été blessées lors de cette attaque, ont indiqué les secours. Un peu plus tôt, une autre frappe dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de Gaza, a coûté la vie à un haut responsable d’un groupe armé lié au Fatah.

Selon Al Jazeera, des tirs nourris de chars israéliens ont été signalés à l’est de Gaza hier matin, lundi 23 mars, ainsi que des tirs d’artillerie israéliens supplémentaires dans le camp de réfugiés de Bureij. Un civil a été blessé par des tirs israéliens à l’intérieur de l’école Khalifa, dans la région de Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza.

6 à 10 Palestinien·nes meurent chaque jour des conséquences du siège israélien

Le nombre de camions d’aide humanitaire entrant dans la bande de Gaza a diminué d’environ 80 % dans cette même période, la moyenne hebdomadaire d’environ 4 200 camions avant la guerre est passée à 590 la première semaine, puis à 1 137 la deuxième semaine.

Cette chute de l’approvisionnement a déclenché une flambée des prix et provoqué des pénuries qui font craindre aux habitant·es un retour de la famine, tandis que les hôpitaux alertent que les restrictions israéliennes de l’entrée de carburant et de pièces de rechange nécessaires à l’entretien et au fonctionnement des groupes électrogènes, ce qui menace le système de santé de la bande de Gaza, déjà mis à rude épreuve.

L’accord négocié en octobre dernier n’a jamais été appliqué, quand il prévoyait que 50 Palestinien·nes seraient autorisé·es à entrer à Gaza depuis l’Égypte chaque jour, tandis qu’environ 150 Palestiniens seraient autorisés à quitter l’enclave quotidiennement. Moins de 490 personnes ont été autorisées à traverser au mois de février, et toutes les évacuations ont été suspendues le 28 février.

La réouverture partielle jeudi 19 mars du poste-frontière de Rafah, seul point de passage pour les civils palestiniens, n’a permis qu’à une poignée d’entre eux d’entrer ou sortir de l’enclave, alors que 18 500 patient·es et blessé·es nécessitent une évacuation médicale urgente. 

Pas plus de 24 patient·es, accompagné·es de leurs proches, avaient été évacué·es lundi 23 mars, depuis la réouverture 5 jours plus tôt. Selon le ministère palestinien de la Santé, “entre six et dix patients en attente d’un voyage à l’étranger pour y recevoir un traitement décèdent” chaque jour. 

Selon une étude récente du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA),  96 % des enfants de Gaza ont le sentiment que la mort est imminente. “Cela reflète l’intensité de la peur et du traumatisme qu’ils vivent au quotidien”, souligne Sima Alami, responsable du programme pour les adolescents et les jeunes à l’UNFPA, ajoutant que plus d’un million d’enfants à Gaza nécessitent ont besoin de services de santé mentale et de soutien psychosocial.

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Retour en haut