Gaza, jour 962 : Israël a assassiné 31 Palestiniens en une semaine

Point sur la situation à Gaza cette semaine, où Israël poursuit ses attaques meurtrières, étendant sa zone de contrôle et assassinant des familles entières et des policiers.

Par l’Agence Média Palestine, le 26 mai 2026



Alors que plus de 904 Palestinien-nes ont été assassiné-es par Israël depuis le mois d’octobre dernier, la porte-parole du Bureau des Nations Unies pour les droits de l’homme en Palestine Mai El-Sheikh accuse Israël de se servir du du soi-disant “cessez-le-feu” pour couvrir ses crimes de guerre.

S’exprimant sur Al Jazeera, elle ajoute qu’Israël est en train de provoquer délibérément une catastrophe humanitaire en imposant des restrictions sur l’accès à la nourriture et aux médicaments, dans le but de semer la panique parmi les familles déplacées.

C’est aussi ce qu’ont dénoncé lors d’une conférence de presse de nombreuses organisations humanitaires, qui considèrent que le bureau de la “Paix” a “échoué” à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire à Gaza. « Il faut mettre fin à ces obstructions, et c’est l’un des aspects les plus exaspérants de cette situation. Il ne s’agit pas d’une négociation particulièrement complexe ou sophistiquée », a déclaré aux journalistes Jeremy Konyndyk, ancien responsable des administrations Obama et Biden, aujourd’hui président de Refugees International.

« D’autres aspects de l’accord, notamment les volets politiques et sécuritaires, sont extrêmement complexes, et leur mise en œuvre le sera tout autant. Ne pas bloquer l’aide humanitaire n’est pas une proposition complexe. Il suffit simplement de ne pas bloquer l’aide humanitaire. »

Pendant ce temps à Gaza, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) a signalé que les enfants souffraient d’une recrudescence des infections cutanées due à la prolifération de nuisibles, notamment de rats, de poux, de puces et d’acariens.

L’UNRWA a déclaré que les équipes sanitaires sont en mesure de traiter environ 40 % des milliers de cas, ajoutant que « normalement, cela pourrait être facilement géré avec des remèdes simples, mais ceux-ci ne sont pas disponibles ».

Meurtres le long de la “ligne jaune”

Jeudi 21 mai, deux Palestiniens, qui auraient pénétré dans la zone placée sous contrôle militaire israélien de la localité d’Al Mawasi, au sud de la bande de Gaza, ont été assassiné-es par l’armée israélienne. Depuis des mois, l’armée agrandit arbitrairement sa zone, sans toujours en démarquer les contours, et des civils ont été assassiné·es pour avoir dépassé la “ligne” sans le savoir.

Plus tard dans la journée de jeudi, un Palestinien a été tué par des tirs israéliens dans la ville d’Al-Qarara, au nord-est de Khan Younis, et un autre Palestinien a été tué et d’autres blessé-es lorsqu’un drone quadricoptère israélien a largué une bombe sur un groupe de civils dans le quartier de Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza.

Dans la soirée, une frappe aérienne israélienne a visé une tente abritant des civils déplacés dans la région d’Al-Mawasi, qui accueille des dizaines de milliers de Palestinien-nes contraint-es de fuir d’autres parties de l’enclave. Une personne a été tuée, plusieurs autres blessées dont certaines gravement. Une autre attaque a été rapportée dans le centre de l’enclave, à l’est de Deir al-Balah, où une femme de 26 ans, dénommée Fatima Al-Zahraa Ramzi Al-Ma’ani, a été assassinée par des tirs de drone israélien.

Vendredi 22 mai, un berger de 42 ans, Rafat Adel Ibrahim Breika, a été assassiné à proximité de la “ligne jaune”. Un autre homme, non-identifié, a été tué dans une série de frappes menées par des drones de l’armée d’occupation israélienne, prenant pour cible un groupe de civils à proximité d’une mosquée du quartier de Zeitoun, à Gaza.

Meurtres de policiers

Samedi 23 mai, une attaque israélienne a tué au moins cinq policiers palestiniens, en même temps qu’un enfant de 13 ans, qui se trouvait à proximité. Dans un communiqué, la direction de la police de Gaza a déclaré que deux missiles avaient frappé un poste de police dans la zone d’at-Twam, au nord de Gaza.

« Il ne s’agit pas d’un incident isolé, cela s’inscrit dans une tendance que l’armée israélienne, non seulement depuis le début du cessez-le-feu, mais aussi avant cela, nous observons dans une stratégie de ciblage délibéré de la police, du personnel de sécurité local et des structures chargées de l’application de la loi à travers Gaza », explique le journaliste Hani Mahmoud sur Al Jazeera.

Les membres de la police gazaouie sont un point crucial dans les négociations, car le bureau de la “Paix” entendrait les remplacer par une force extérieure dite “de stabilité”. Les forces de police en place sont systématiquement visées par l’armée israélienne, mais aussi par des milices palestiniennes armées et protégées par Israël, qui opèrent dans les zones contrôlées par ce dernier et menacent de faire régner le chaos dans l’enclave déjà au bord de l’effondrement. 

« Cela s’inscrit dans une volonté de plonger davantage la bande de Gaza dans le chaos et de démanteler ce qui reste de l’ordre civil », indique Hani Mahmoud, ajoutant que ces frappes rendent encore plus difficile l’acheminement des convois d’aide vers les zones qui en ont le plus besoin et « augmentent le risque de détournement et de pillage. »

Meurtres de familles

Dimanche 24 mai, une frappe aérienne a tué trois membres d’une même famille : Mohammad Abu Mallouh, son épouse Alaa Zaqlan, et leur nourrisson d’un ans, Osama. Une frappe israélienne a touché leur appartement dans le camp de Nuseirat, rapporte l’hôpital Al-Aqsa, précisant qu’une dizaine de personnes avaient également été blessées. 

Plus tard dans la journée, un homme palestinien a été abattu par des tirs de sniper israélien dans le quartier de Jabalia, au nord de la bande de Gaza.

Hier, lundi 25 mai, Mennatullah Nabil Abu Labda, et sa fille Hanan Abdel Nasser Mahmoud agée de 6 ans, ont été assassinées suite à une frappe israélienne ayant visé le camp de fortune »  Ghaith », à l’ouest de la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza Strip. De nombreuses autres personnes ont été blessées.

Un jeune homme, dont le nom n’est pas connu, a aussi été tué, et un autre blessé lundi lors de frappes aériennes israéliennes sur la région de Khan Younis et le camp de réfugiés de Maghazi.

Dans le nord-ouest de Gaza, le Palestinien Nidal Shalha est également décédé, des suites de blessures subies quelques jours plus tôt lors d’une frappe israélienne qui visait un groupe de civils dans la zone d’al-Tuwam. Un autre homme, Ahmed Samir Farhat, est décédé des suites de blessures subies deux jours plus tôt lors d’une frappe aérienne sur la région de Khan Younis.

Une jeune fille de 15 ans, également blessée au cours de bombardements sur le camp d’Al Mawasi, est décédée des suites de ses blessures ce matin, mardi 26 mai. Elle s’appelait Fatima Mohammad Abdul Hadi Al-Khatib.

Selon des sources médicales à l’hôpital Al-Aqsa, cinq autres Palestinien·nes ont été tué·es ce matin, et un autre blessé, dans une frappe israélienne visant un groupe de personnes qui s’opposaient à une tentative d’incursion des milices à l’est du camp de réfugiés d’Al-Maghazi, dans le centre du territoire palestinien.

Les victimes identifiées sont Youssef Nabil Al-Maghari, Wadi Al-Maghari, Abdel Karim Al-Bashiti et Hassan Al-Sayed. L’identité du cinquième mort n’a pas été précisée.

Dans le sud de la bande de Gaza, au moins deux autres Palestinien·nes ont été tué·es et plusieurs autres blessé·es lors d’une attaque israélienne contre un véhicule dans la ville de Khan Younis.

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